Code Just. Ax
3. Callistrate, lib. 5, De Cognit., XLVIII, 19; Dig. fr, 29, pr. 4. Pline, Ep., X, 40 et 41.
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nation, de ne pas rencontrer la pièce établissant leur libération, car il est à peine croyable (et ce ne peut être que le sens de la dernière phrase) que, si ces gouverneurs n’avaient pas le droit de grâce, ils aient osé procéder à cette libération.
De telle façon que si certains gouverneurs pouvaient appliquer l’indulgentia, tous ne possédaient pas ce droit. Et peut-être, pour en revenir à Pilate, serait-il possible de concevoir dans sa personne une délégation du droit de grâce de l’empereur, délégation ne portant pas sur une institution précise du droit, abolitio ou indulgentia, mais permettant, par son vague même, d'abandonner au peuple celui qu'il réclamerait, avant, pendant ou après le procès et de lui montrer ainsi, durant ses jours de fête, qu’en dépit de la conquête, le vainqueur n'était pas étranger aux choses du vaincu !.
3° Les deux flagellations. — A peine la question de la grâce était-elle tranchée en faveur de Barabbas que Pilate, au témoignage de Jean, fit fouetter Jésus?. Or, selon Matthieu et Marc , la flagellation eut lieu immédiatement avant le supplice, comme son préliminaire, alors que le jugement de condamnation était déjà rendu. Le fait est d'autant plus curieux que cette dernière flagellation, très explicable dans les habitudes romaines, manque au récit de Jean. Vouloir supposer que l’une et l’autre se confondent est inadmissible. Bien plutôt faut-il voir dans la flagellation de Matthieu et de Marc celle qui précède l'exécution et dans celle de Jean un nouvel incident du procès. Pilate
1. Sur cette délégation, cf. Schuerer, op. cit., p. 469. 2. Jean, xix, 4 à 5, 3. Matthieu, xxvni, 27 à 32; Marc, xv, 16 à 20.
en effet se rend compte qu'il lui est impossible de sauver Jésus et de lui éviter un châtiment : mais comme son orgueil et sa conviction l'empêchent de céder encore aux cris des Juifs, qui réclament la crucifixion, il se résout à frapper l'inculpé d’une peine et il le fait flageller. De cette façon il a donné satisfaction aux Juifs, puisqu'il a reconnu Jésus coupable et l’a fait châtier : d'autre part il lui a évité la mort. Il est inutile de dire qu’en frappant et en exhibant l'accusé, il ne calma pas les accusateurs ; mais encore d’un mot fallait-il signaler ce nouvel incident, cet autre expédient de Pilate, qui ne fit qu'augmenter les souffrances de l'inculpé ; ce fut une condamnation avant la condamnation définitive : la flagellation rapportée par Jean est une exécution !.