‹ Une Reine de douze ansChapitre 21 sur 115 · Affaires étrangères. Espagne 102, l · texte numérisé non relu

Affaires étrangères. Espagne 102, l

REIxXE D ESPAGNE. 115

devoirs à l'avenir, rien n'y serait plus propre que tout ce que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire d'obligeant, dans votre dernière lettre. Je vous avoue qu'il est difficile que je n'aie pas un peu d'amour-propre, quand je vois que j'ai l'approbation d'un roi qui l'a de tout le monde. Cependant, mon cher grand-papa, c'est principalement par la tendresse que j'ai pour vous, que je veux m'attirer des louanges. Je sens qu'elle augmente tous les jours; je souhaite que celle que vous avez pour moi fasse autant de chemin; si cela est, je ne désespère pas que vous ne me procuriez un jour les moyens de vous aller embrasser de tout mon cœur; vous m'avouerez que cela serait assez plaisant de voir vos deux petites-filles vous sauter au col toutes deux à la fois; ma sœur aurait sur moi l'avantage d'être plus grande ; mais je pourrais bien la gagner de la main par ma légèreté.

» J'ai enfin reçu une lettre de madame de Maintenon si pleine d'esprit, de politesse, et si fort de mon goût que je l'ai relue une infinité de fois et toujours avec une nouvelle satisfaction. Je serais ravie qu'elle veuille bien continuer d'avoir un commerce réglé avec moi et je vous serais très obligée de l'y engager... »

IIG MAUIK-LOUISE-GABRIELLE DE SAVOIE

Marie-Louise écrit le même jour à sa nouvelle correspondante ^ .

« Vous n'aviez pas besoin de la permission de la princesse des Ursins pour m'écrire, car j'ai reçu avec grand plaisir votre lettre et, si vous voulez continuer, elles seront toujours reçues de même. L'on ne peut pas être plus transporté de joie que je suis de ce que je contribue un peu au bonheur du roi; le mien est fort grand et je ne pouvais pas souhaiter davantage que ce que j'ai, car le roi me marque fort l'amitié qu'il a pour moi. Comme je suis persuadée que vous avez contribué à me mettre dans la place où je suis, vous voulez bien que je vous en remercie et que je vous prie de vouloir bien contribuer aussi à la continuation de mon bonheur, me rendant de bons offices auprès du roi mon grand-père. Je vous assure que j'ai pour lui tous les sentiments que je dois avoir, comme aussi pour M. le Dauphin : et après, les princes.

» Je ne vous parle pas de ma sœur, car je crois que vous savez qu'elle ne m'est pas la plus indifférente; j'ai une amitié pour elle qui ne peut pas s'exprimer.

Page 1