Archives secrètes du Vatican, dépêclies du nonce
Cour, on ne permette pas, sinon aux principaux ofTiciers du palais d'y assister. Leurs Majestés voulurent faire au nonce l'honneur de rester.
A Alcala, le roi trouva la plus grande partie de sa Cour qui l'attendait; ils étaient restés là parce que la reine n'avait pas permis qu'ils poussassent plus en avant, voulant être la première pour recevoir le roi. Le lendemain fut consacré au repos, puis Leurs Majestés partirent directement pour Madrid. Au moment d'y arriver, le roi monta à cheval accompagné comme à l'ordinaire des seigneurs de sa suite et chemina de cette manière à la portière de la chaise de la reine; le 17 janvier il entra dans la ville au milieu des acclamations infinies du peuple.
Nous remarquerons, dit un témoin oculaire l'effet particulier que produisit sur les Espagnols la vue du roi faisant ainsi le service de la reine comme un simple écuyer. Rien ne pouvait leur plaire davantage que cet acte de courtoisie et ils paraissaient plus satisfaits de cette galanterie que de la victoire que venait de remporter le roi.
Dès le retour de Philippe, le cardinal d'Estrées laissa percer son caractère autoritaire, et chercha plutôt à créer les difficultés qu'à les aplanir. Il était accompagné de son ne\eu, l'abbé d'Estrées,
qui remplissait les fonctions de secrétaire et ils comptaient bien à eux deux gagner promptement une influence considérable.
A Guadalaxara même les querelles commencèrent et débutèrent par les éternelles questions d'étiquette. Il s'agissait cette fois des entrées dans la chambre de la reine. L'abbé d'Estrées voulait y pénétrer, même le roi y étant. En effet, il y entra ce jour-là, trois ou quatre fois et y resta seul avec la reine sans aucune nécessité.
A Alcala, Leurs Majestés, après le baise-mains, se retirèrent dans leur chambre, où l'abbé d'Estrées les suivit quoiqu'il n'eût rien à leur dire ; la porte fut fermée et tous les Grands se trouvèrent rélégués dans l'antichambre. Madame des Ursins s'empressa d'en parler au cardinal, lui disant que les Grands se plaignaient et que son neveu devait se contenter de jouir des mêmes privilèges qu'eux ; elle ajouta que l'abbé n'était point encore d'un âge à avoir des entrées si libres chez une jeune princesse; le cardinal répondit que son neveu était l'homme de Louis XIV et que le roi catholique lui avait accordé toutes espèces de distinctions.
Lors de l'installation du cardinal à Madrid, la rivalité et la haine entre Français et Espagnols
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étaient à leur comble et M. d'Estrées n'apportait pas précisément de la douceur dans ses nouvelles fonctions ; le roi de France, qui estimait ses lumières et son intelligence, espérait que les bonnes relations qu'il avait eues à Rome avec madame des Ursins faciliteraient beaucoup leurs rapports à Madrid ; mais dès la première entrevue ils échangèrent des paroles très vives toujours au sujet de l'étiquette.
Après le baisement de mains d'Alcala, la bataille s'engagea ; le cardinal voulut pénétrer dans une chambre où se trouvait le roi avec la reine et ses dames du palais; la princesse l'arrêta et lui dit qu'il ne pouvait pénétrer dans cette pièce sans permission, et qu'elle allait la demander. Le cardinal furieux répondit aigrement qu'une autre fois il apporterait son extrait de baptême pour se faire connaître. Il envoya aussitôt ses doléances à Versailles, en ajoutant sérieusement qu'un symptôme désastreux de la perte de l'influence française en Espagne était que le roi portait l'habit espagnol avec la golille et que la reine lui avait déclaré qu'elle ne l'aimait qu'avec cet habit-là.
Les dépêches qui s'échangeaient entre Versailles et Madrid, au sujet de ces puérilités, jetaient dans un cruel embarras le malheureux ïorcy et
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Louis XIY lai-même qui ne savaient comment discerner la vérité.
La reine, absorbée par la joie de revoir son mari, éprouvait le besoin de s'en occuper sans cesse, et glissait volontiers sur la politique.
« Mon plaisir de revoir le roi a été inexprimable, écrit-elle à sa grand'mère ; et je l'ai trouvé Tort charmant et fort aimable comme il était à Barcelone ; mais la dill'érence qu'il y a, c'est qu'à cette heure c'est un bien plus grand roi, puisqu'il a battu ses ennemis et qu'il a acquis tant de gloire, ce qu'il n'avait pas dans ces temps-là...
» Il est vrai que le roi désirait extrêmement de voir un combat, mais ce souhait n'a 'pas été entièrement accompli, puisqu'il voulait aussi avoir une balafre à la joue dont je ne tombais point du tout d'accord avec lui... »
. Puis elle écrit à son père :
« Je fus bien mortifiée la semaine passée, mon très cher papa, de ne pas pouvoir vous écrire et vous rendre compte de l'arrivée du roi ici, qui est en parfaite santé et point du tout fatigué de son long voyage et pour signe de cela, c'est que
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depuis son arrivée il a été tous les jours à la chasse qui est son plus grand amusement et celui qu'il aime davantage. Je crois que vous comprenez aisément, mon cher papa, quelle a été ma joie de revoir un mari que j'aime tant, qui a battu ses ennemis, et qui est si plein de gloire ; voilà beaucoup de choses ensemble ; mais une chose que je ne dois pas oublier de vous dire, c'est que je lui ai demandé en confiance qu'il me dît sincèrement et sans façon, comme il vous a trouvé; il m"a fort assurée qu'il est fort content de vous, et enfin il m'a dit une infinité de choses, les unes plus obligeantes que les autres, sur votre sujet, que je voudrais que vous eussiez entendues, car assurément vous n'auriez pas été fâché de voir la manière qu'il parle de vous.
» Depuis huit jours que le roi est à Madrid, il s'y est passé beaucoup d'affaires que je ne veux pas que vous ignoriez, pour que vous sachiez ce que c'est, en cas que vous en entendiez parler ; comme je ferai un compte exact de tout cela à ma grand'mère, permettez-moi de ne vous pas répéter tout ce que je lui dirai, car c'est pour qu'elle vous en rende compte.
» J'aurais chargé de cela le commandeur Operti, car cela lui convient plus qu'à moi ; mais comme
je crois qu'il y a beaucoup de petites particularités qu'il ignore et que je n'ai pu lui apprendre puisqu'il est toujours malade et que je ne le puis voir, je le fais moi-même. »
A peine Philippe était-il arrivé que les embarras et les difficultés de l'organisation du gouvernement commencèrent.
Pendant son voyage en Italie, il avait entretenu une correspondance suivie avec son grand-père et organisé d'avance un plan qui devait satisfaire les esprits toujours agités à Madrid. Il en fit part à la reine qui écrit à ce sujet à sa grand'mère :
25 janvier.
« Le roi avait déjà tout ajusté avec son grandpère pour qu'il fît entrer dans son conseil qu'on appelle Despaclw les deux cardinaux (Porto-Carrero et d'Estrées) et le président de Gastille ; mais, dès le même soir que le roi fut arrivé, le cardinal Porto-Carrero lui dit qu'il le suppliait très humblement de lui permettre de ne point entrer dans le Despacho par telle et telle raison fort mauvaise. Le roi, et moi qui étais présente, prîmes cela en raillerie, quoique nous vîmes bien que
lui le disait fort sérieusement et tant, qu'on fut tout le 18, c'est-à-dire le jour d'après, à tâcher de lui ôter cela de la tête. Mais il n'y eut ni prière ni menace qui lui pût faire changer de sentiment, car, le cardinal d'Estrées, la princesse des Ursins, le roi et moi, nous fîmes et nous lui dîmes tout ce que Ton peut dire au monde; mais rien ne le faisait seulement balancer; si bien qu'après cela il n'y eut, ni le 17 ni le 18, /Jespacho , dont tout le monde était déjà fort inquiet...
» Les inquiétudes allaient en augmentant; tout le monde s'assemblait, ce qui n'était pas fort bon à laisser continuer.
» Cet après-dîner la princesse des Ursins dit au roi que tout Madrid était dans une peine incroyable sur ce que le bruit s'était répandu que toute l'Espagne allait être gouvernée par un Français et par conséquent par la France, et que l'on prenait cela fort mal. Le roi, voyant cela, résolut de tenir son Despacho seul, et dans le même instant envoya demander le cardinal d'Estrées et lui dit fort obligeamment ce qu'il voulait faire et que ce qui l'obligeait encore plus qu'autre chose à cela, c'était pour qu'il put lui-même se faire aimer ce qu'il n'aurait pas assurément fait
s'il y était entré seul comme il le voulait. Enfin le roi lui parla très bien sur tout cela...
» Je connus par la réponse que fit le cardinal qu'il n'approuvait pas cela, car, pour vous dire la vérité il parla d'une manière qui ne lui convenait guère, s'adressant à un aussi grand roi que le roi d'Espagne, qui ne pensait point du tout à l'éloigner des affaires. Dès le même moment il ordonna au marquis de Rivas d'aller tous les jours avant le Despacho lui montrer tout pour que sur chaque chose il dît son sentiment, et que même, s'il avait quelque chose de particulier à lui dire il pouvait venir lui-même lui en parler. Mais le cardinal d'Estrées ne veut point voir aucune affaire et renvoie tous les jours le marquis de Rivas sans le voir.
» Voilà, chère grand'maman, cette affaire tout comme elle s'est passée et je crois sans doute que vous trouverez que le roi a fort bien fait. Ce qui le marque bien, c'est l'applaudissement général qu'il a eu. Il tint donc le même soir du 20 son conseil.
» Le lendemain cette nouvelle s'était déjà répandue et vous ne sauriez croire la joie de tout Madrid ; pour moi, je ne m'opposai point du tout aux sentiments du roi ; mais bien éloignée, je
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VOUS avoue, que je lui dis qu'il faisait fort bien, car je sais qu'il y a longtemps qu'on souhaite ici un roi qui se gouverne tout seul, et ils disent : « Nous aimerions mieux des coups de bâton » pourvu que ce soit de notre maître, que les plus » grandes grâces du monde qui ne fussent pas du » roi... »
Le duc (h Savoie à sa ftUe.
14 février.
« Je n'ai nullement été surpris de n'avoir point reçu de vos lettres dans la semaine que le roi est arrivé à Madrid, et, bien loin de vous condamner, j'ai eu une extrême joie que vous ayez passé ce temps-là à remplir tous les devoirs que l'attachement et l'intérêt que vous devez avoir pour lui, exigeaient.
» Le contentement que le roi vous a dit qu'il a eu de moi quand j'ai eu l'honneur de le voir me fait beaucoup de plaisir et ne me surprend pas, n'ayant songé uniquement en ce temps-là qu'à lui plaire. »
Le duc parle avec une grande froideur dans sa lettre du contentement que sa fille lui dit que le
roi avait éprouvé à voir son beau-père. Il n'est pas ditiicile de lire entre les lignes que le duc n'est point satisfait et Marie-Louise avec sa pénétration ordinaire a bien dû s'en apercevoir. Il termine sa lettre par deux mots sur l'incident Porlo-Carrero et d'Estrées :
« J'ai été fort fâché d'apprendre par la lettre que vous avez écrite à votre mère, tout ce qui s'est passé au sujet de MM. les cardinaux Porto- Garrero et d'Estrées ; ce sont des incidents que j'ai craints, et il convient pour le bien de la monarchie qu'ils n'aient pas de suite. Je le désire ardemment pour vous, et que vous ayez toute la tranquillité et les bonheurs que je vous ai souhaités toute ma vie, et que je vous souhaite encore avec plus d'ardeur que jamais. »
L'arrivée du cardinal d'Estrées avait été fort mal vue du cardinal Porto -Carrero d'abord, et de la princesse des Ursins ensuite, le premier, habitué à gouverner le roi et la seconde à gouverner la reine ; ils redoutaient son caractère hautain et violent. La princesse épousa hardiment le parti de Porto-Carrero, désapprouvant l'envoi que le roi de France venait de faire en Espagne d'un
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homme comme le cardinal d'Estrées, qui méprisait tout ce qu'il n'avait pas proposé, et toute la Cour, entraînée par madame des Ursins au parti de Porto-Carrero, ne voulait point d'autre accord que celui de voir repasser les monts au cardinal d'Estrées.
Mais il s'agissait de faire adopter cette solution par Louis XlV. Philippe écrit d'un ton ferme à son aïeul en lui peignant l'état des afiaires.
« Je ne puis me dispenser de vous dire que les affaires souffrent; je l'apprends par plusieurs lettres qui se sont lues ces jours-ci au Despacho et je vois de si grandes misères parmi toutes les troupes, et faute de pain et faute de paîment qu'il semble que l'argent que j'ai eu de la flotte ait été inutile, puisque les troupes désertent de tous côtés sans que je puisse parvenir à savoir ce qui cause de si grands désordres; cela me force à prendre tout de bon la résolution de m'en faire rendre compte par moi-même, et puisque vous voulez bien que j'agisse un peu avec autorité, je vais chercher les moyens d'y parvenir. »
Le premier acte de cette autorité que Philippe demande à exercer fut d'envoyer à Versailles un
personnage qui, sous prétexte de renseigner le roi, perdrait dans son esprit les deux cardinaux. Pour justifier l'envoi de cet agent particulier, Philippe écrivit à son aïeul une lettre remplie de détails inquiétants : le cardinal d'Estrées avait dit à Philippe lui-même et en grand secret, que son bon ami le cardinal Porto-Garrero n'était pas mieux intentionné que les autres, et que, malgré les assurances contraires, les troupes d'Andalousie n'étaient point payées et désertaient de tous côtés. Là-dessus Philippe fit partir Louville et Orrj chargés de remettre à Louis XIV un mémoire oîi les cardinaux d'Estrées et Porto-Garrero étaient accusés par le roi d'Espagne des plus noirs desseins. La princesse des Ursins avait elle-même dicté ce mémoire à Philippe; elle voulait un ambassadeur soumis à sa volonté et un homme habile comme Orrv pour organiser les finances, mais qui ne fût qu'un sous-ordre ; elle était trop adroite pour s'attaquer à la fois au cardinal d'Estrées et à son neveu ; elle fit mieux, et faisant miroiter aux yeux de l'abbé la possibilité de remplacer son oncle à l'ambassade, elle le détacha ainsi du cardinal, et du même coup elle passa à Versailles pour impartiale et généreuse. Si elle parvenait à persuader Louis XIV de nommer
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l'abbé elle trouvait en lui un ambassadeur à sa dévotion ,
Il est impossible d'entrer dans le détail de tous les griefs invoqués par la princesse des Ursins contre MM. d'Estrées. Ils sont innombrables et tous plus puérils les uns que les autres; mais pour être impartial, il faut ajouter que MM. d'Estrées se plaignent de leur côté aussi amèrement, et pour des choses d'aussi mince importance. Il est bien difficile de débrouiller la vérité au milieu de ce chaos d'accusations plus ou moins mensongères. Ce qui est certain, c'est que des deux côtés on est animé des sentiments les plus haineux et les plus violents ; les lettres de madame des Ursins à Torcy «t celles du cardinal et de l'abbé d'Estrées, confirment ce que nous venons de dire. Les réponses de M. de Torcv sont plutôt sévères pour madame des Ursins. Mais la princesse n'abandonnait pas la partie, et, forte de l'appui du roi et de la reine, •elle luttait avec énergie contre le mauvais vouloir de Versailles.
La présence du cardinal d'Estrées à Madrid, loin de pacifier les esprits, loin d'aider au rapprochement des Espagnols et des Français ne fit que les aigrir davantage les uns contre les autres. Louis XIV était dans une situation difficile. Il ne
pouvait abandonner son ambassadeur même en lui trouvant des torts et dans une lettre fort dure, adressée à son petit-fds, il lui reprocha son attitude vis-à-vis du cardinal et lui fit connaître nettement les accusations que ce prélat formulait contre lui. Le roi d'Espagne fut blessé au vif des reproches de son grand-père, et il lui répond une lettre vraiment touchante par sa candeur et sa sincérité:
« J'avoue que j'ai été au désespoir et que je ne me sens point capable de pardonner au cardinal d'Estrées ce qu'il faut croire qu'il a supposé à Votre Majesté pour la prévenir de telle manière qu'elle fait plus de croyance en lui qu'en moi. Je sais que je n'ai pas autant d'habileté que lui, mais j'ose dire à Votre Majesté que je suis véritable et de bonne foi, et que ce que je lui ai écrit est très sincère. Le cardinal m'a fait un outrage de propos délibéré: 1° en faisant entendre à Votre Majesté que je l'ai exclu de mes Conseils et en second lieu en lui persuadant que c'est par présomption que j'ai pris le parti de gouverner seul mes affaires et que je suis tombé dans ce piège par les conseils intéressés de gens qui veulent me perdre. S'il a dit vrai, je mérite toute l'indignation de Votre Majesté. Mais je n'ai jamais exclu de mes
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Conseils le cardinal d'Estrées, ni on ne m'a jamais tendu aucun piège pour me faire entreprendre de gouverner seul. »
Philippe, après avoir démenti énergiquement les calomnies des d'Estrées, qu'il qualifie d'histoires faites à plaisir, ajoute que tant d'emportement ne venait que du cérémonial d'entrée chez la reine pour l'abbé et Louis XIV cédant aux fausses impressions que lui donnaient les dépèches du cardinal s'imngina mettre un terme à ces cabales en exilant la princesse des Ursins.
Il lui écrit :
Janvier 1703.
a Ma cousine, » Je vous ai choisie pour vous mettre auprès de la reine d'Espagne, persuadé que rien ne lui convenait mieux à elle et aux intérêts de mon petit-iils que la parfaite intelligence que vous entretiendriez avec mon ambassadeur à Madrid. Je n'estimais pas moins cet esprit d'union dont je croyais être assuré, que les autres qualités que je trouvais en vous; mais votre lettre des 21 et 26 janvier détruit l'opinion que j'avais de cette bonne correspondance. Si elle ne peut se rétablir
entre le cardinal d'Estrées et vous, je ne prétends point vous contraindre à essuyer tous les chagrins^ que vous prévoyez d'une division très nuisible aux. atlaires générales, et plutôt que de vous exposer, comme vous le craignez, à de nouveaux embarras, je vous accorde dès à présent la permission de venir ici me rendre compte de touteschoses avant que d'aller à Rome, lorsque vous désirerez vous y retirer pour votre repos. » Sur ce..., etc. »
Quelque polie que fût la forme de cet ordre de départ, ce n'en était pas moins un ordre qui jeta la reine dans un véritable désespoir.
Sa douleur s'exhale dans la lettre la plus éloquente et la plus émue :
18 février'.
« A quoi Votre Majesté m'a-t-elle exposée en obligeant le roi son petit-fils à me montrer la lettre qu'elle lui a écrite le i"' de ce mois? Quoi! quoi ! est-il possible qu'EUe ait pu se laisser prévenir contre ce prince au point de le croire un