Mémoires de Haint-iiimon
mariés. La princesse, ne se trouvant blessée que du dernier mot, eut l'impudence d'écrire en marge : pour mariés, non. Puis elle courut porter la lettre au roi et à la reine d'Espagne, la leur lut avec indignation, et, perdant toute prudence, renvoya la lettre ainsi apostillée à Louis XIV en y ajoutant les plaintes les plus violentes contre l'abbé d'Estrées^ Il faut que la princesse ait été réellement atteinte d'un accès de folie pour avoir eu l'audace d'envoyer au roi pareille missive. Le résultat ne devait pas se faire attendre, Louis XIV, outré de la hardiesse d'une femme qui se permettait d'ouvrir les dépêches de son ambassadeur, écrivit immédiatement à l'abbé d'Estrées :
19 mars 1704.
« Les plaintes contre la princesse se sont montées à un tel point qu'il est enfin nécessaire de prendre un dernier parti. Je vois le mal que produit son séjour en Espagne et le temps est venu de l'en retirer. J'aurais moins différé si j'avais consulté seulement le bien des affaires ; mais il fallait attendre que le roi d'Espagne fût parti de