A. Baudrillart, Philippe V et la Cour de France
REINE d'eSPAGNE. 361
reine; il trouve dans Philippe beaucoup d'esprit et de sens, mais une timidité qui peut taire croire qu'il pense peu parce qu'il ne dit rien.
Chez la reine, il remarque « des manières gracieuses, un discernement bien supérieur à son âge, une justesse étonnante en tout ce qu'elle dit, enfin une déférence égale à celle du roi pour les conseils de leur grand-père. »
La reine, de son côté, se montre très satisfaite des qualités du nouvel ambassadeur et le préfère cent fois à Grammont qu'elle ne pouvait souffrir, Philippe n'ayant pas manqué de lui raconter la façon dont le duc avait cherché à l'évincer du gouvernement et à refroidir les sentiments de tendresse de son mari pour elle.
Elle écrit à madame de Maintenon :
Au Retiro, ce 5 juin 1705 '.
« J'ai reçu ce matin avec un grand plaisir votre lettre du 24 mai, mais, devant que d'y répondre je veux vous parler de l'ambassadeur que vous nous avez envoyé, je vous dirai que le roi et moi en sommes très contents, nous le trouvons fort