‹ Une Reine de douze ansChapitre 81 sur 115 · Archives secrètes du Saint-Siège, dépèches des Nonces · texte numérisé non relu

Archives secrètes du Saint-Siège, dépèches des Nonces

REINE d'eSPAGNE. 439

éprouvait ipoiir le roi, lui otait tout sang-froid lorsqu'il s'agissait de lui.

On craignait que s'il arrivait une mauvaise nouvelle, 'la vivacité extrême de la reine n'amenât un malheur qui serait un désespoir pour le pays. Tout l'entourage du roi le supplia de retourner à Madrid pour prévenir un si fatal accident ; il jugea en effet son retour nécessaire ; la reine, alors plus calme, et retrouvant toute son énergie lorsqu'elle eut le roi près d'elle, écrit à madame de Maintenon :

28 février.

<i ... Le dernier courrier a apporté au roi une lettre de son grand-père qui ne lui a pas donné la même joie qu'à moi, son inclination le portant toujours à aller où l'on fait la guerre, mais pour moi, quoique sa gloire me soit fort chère, il me semble qu'il a déjà donné tant de marques de bravoure qu'on ne saurait plus rien dire sur cela et sa vie me tient un peu à cœur. Ainsi je suis ravie que le roi notre grand-père lui conseille et l'oblige par là à demeurer à Madrid où il aura assez d'occupations.

»... Je ne vous ai point parlé jusqu'à cette heure

des affaires d'Italie, c'est un sujet trop affligeant, surtout pour moi. Voyez, madame, quel surcroît de peine c'est de songer que tous les malheurs qui nous arrivent, c'est la personne à qui je dois la vie qui les cause. Quand est-ce que le bon Dieu voudra faire finir tous nos maux? Espérons en lui et que nous aurons une heureuse campagne. »

Page 1