‹ Une Reine de douze ansChapitre 88 sur 115 · Bourg, à quatorze kilomètres de Lerida, en Catalogne · texte numérisé non relu

Bourg, à quatorze kilomètres de Lerida, en Catalogne

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grossir les craintes. Louis XIV crut alors devoir changer de général et appela le marquis de Bay au commandement des troupes.

Finalement, Lerida étant approvisionnée, le départ de l'armée fut résolu et exécuté le 14 août. Le 15, eut lieu une chaude action dans laquelle les Espagnols remportèrent l'avantage quoique inférieurs en nombre. Le 29 août, on apprit le résultat d'un second combat qui avait eu lieu devant Saragosse le 20. « M. le marquis de Bay commandait à la place du marquis de Villadarias i'armée du roi Philippe, et il perdit la bataille. Le roi fut contraint de se sauver à Madrid ; les troupes vallonnés jetèrent leurs armes par terre, la cavalerie espagnole opéra avec la plus grande mollesse, mais la garde royale se lit tailler en pièces. »

Le duc de Vendôme entrait en Espagne au moment de la perte de Saragosse ; c'était à son avis la suite des fautes qu'on avait commises. La reine heureuse de son arrivée, lui écrit avec la grâce dont elle a le secret :

« Mon cousin, T) C'est bien la moindre chose que je puisse Aiire, quand vous entrez en Espagne pour servir

le roi, que je commence à vous en faire mes remerciements. Il vous attend avec une impatience extrême par la confiance qu'il a en votre génie pour la guerre, et par l'estime et l'amitié qu'il a toujours eues pour vous. Gomme mes sentiments ne sont jamais différents des siens, je vous prie de croire que vous n'avez point d'amie qui fût plus aise que je le serai, si vous êtes aussi content de nous, que je suis persuadée que nous aurons lieu de l'être de votre sage conduite. Sur ce, je prie Dieu, mon cousin, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. »

Vendôme était arrivé le 20 septembre à Valladolid, cinq jours avant le départ de Noailles qui lui fut encore d'un grand secours. Il trouva l'état des affaires beaucoup moins mauvais qu'on ne l'imaginait de loin '. Les Espagnols donnaient tous les jours de nouvelles preuves de fidélité, et Vendôme jugeait impossible que l'archiduc les subjuguât. On avait lieu de croire que les Anglais

1. Outre les gardes espagnoles et vallonnés au nombre de plus de quatre mille, il restait de l'armée d'Aragon cinq mille chevaux et huit mille hommes d'infanterie ; sur les frontières de la Vieille Castille et du Portugal, huit bataillons et douze escadrons; autant en Andalousie; en Estramadour, trente-deux bataillons et trentecinq escadrons.

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étaient las de le secourir et Stanhope ne se gênait pas pour le donner à entendre'.

Temporiser, laisser le vainqueur se détruire lui-même, c'est ce que Vendôme conseilla et qui fut exécuté. Le roi et la reine excitaient son admiration. Il trouvait que Philippe prenait toujours le meilleur parti et qu'il était aussi ferme que prudent ; il assurait que la reine était fort au-dessus de tout ce qu'il en avait entendu dire. Leurs qualités personnelles soutenaient certainement le zèle national.

Dès l'arrivée de Vendôme tout changea de face et bientôt le roi d'Espagne fut en état de poursuivre l'armée des Alliés. Celle de l'archiduc dépérissait en Gastille, faute de vivres, car les fidèles Castillans aimaient mieux les brûler que de lui en fournir. Il dut quitter Madrid, craignant d'être coupé, et se retira à Barcelone. Aussitôt, Philippe rentra dans sa capitale.

La vie de la reine à Vittoria était d'une tris-

1. Au sortir d'un conseil de guerre tenu chez l'arcliiduc après la bataille de Saragosse, un officier anglais demandant au général Stanhope : « Hé bien, milord, oùallons-nous?Kst-ceà Valence ou à Madrid? » ; il répondit : « A Madrid ; j'ai ordre do la reine Anne et des Alliés d'y conduire le roi Charles. Quand il y sera une fois, que Dieu ou le diable l'y maintienne ou l'en lasse sortir, je ne m'en soucie point, ce n'est pas mon affaire. »

tesse profonde. Elle y menait l'existence la plus monotone, passant des journées entières dans une vilaine chambre, occupée à lire, à écrire et à travailler. Le temps était atï'reux et rempêchait de sortir; elle s'intéressait uniquement aux nouvelles <le la guerre et, depuis l'arrivée de Vendôme à l'armée de Philippe elle écrivait chaque jour à son mari.

« Je fais ma principale occupation de recevoir des lettres du roi et de lui écrire, dit-elle à sa grand'mère ; je crois que vous- ne seriez pas fâchée de voir tout ce qu'il me mande sur le sujet de M. de Vendôme. Il est très bon général, très attaché au roi et très commode pour la vie. Ainsi, il est fort aise de l'avoir près de lui et, comme nous pensons toujours de môme, le roi et moi, je n'en suis pas moins contente ; je le fus fort aussi le peu de jours que je le vis à Valladolid et je le tourmentai bien sur ses chiens et son tabac dont il est toujours rempli. Il m'assura qu'il n'avait plus que cinq ou six gros chiens, tous des plus vilains, qui couchaient toujours avec lui, et une douzaine de boîtes de tabac. Je crois que vous le trouverez bien corrigé!

» Il va être bien fâché en apprenant la triste

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aventure qui est arrivée au grand prieur ' qui esl bien malheureuse pour lui, car on prétend que ce fripon de partisan qui l'a pris le traitait fort mal ; nous sommes dans un temps où il semble qu'on entende bien parler de tristes aventures de tous cotés et de toutes espèces. Dieu veuille redonner à l'Europe la tranquillité dont elle a tant besoin car il y a longtemps que nous ne savons ce que c'est...

» Mon fils se porte très bien. Vous avez la bonté de me marquer tant d'amitié pour lui que, je crois, je ne dois passer aucune semaine sans vous en parler... »

Les fatigues du corps, et surtout les agitations de l'âme, a^^ant altéré le tempérament de la reine

1. Le grand prievu- de Vendôme, irère du maréclial, avait étr dis^racit' par la Cour de France à la suite de la bataille de Cassanu tjù cependant il ne fit que suivre les ordres de son frère en se tenant éloigné du combat parce que le duc ne lui envoya point d'ordre d'y venir; cette excuse était militairement très bonne, cependant elle ne fut pas admise et, disgracié par la Cour, il perdit tuus ses bénéfices et se retira à Rome. Après cinq ans de séjour en Italie, il revenait en France avec le consentement de Louis XIV, lorsqu'il fut arrêté à Coire, en Suisse, par le conseiller Mesmer, dont le fils était retenu prisonnier en France. La Cour de Versailles réclama contre cette violation du droit des gens. Le conseiller, qui s'était sauvé en Allemagne, fut condamné àmori et le grand prieur rendu à la liberté revint en France, rentra dans la laveur du roi et recouvra ses bénéfices.

d'Espagne , cette princesse désirait prendre les bains de Bagnères. Passer les Pyrénées avec son fils n'était point une entreprise au-dessus de son courage; mais elle craignait que les Espagnols ne fussent inquiets de la voir sortir du royaume, et conduire en France un dépôt si précieux. Afin de leur ôter tout soupçon, elle demanda à Louis XIV, outre son agrément, des assurances pour la liberté du retour.

La reine d'Espagne à Louis XIV.

28 novembre.

« Ayant éprouvé inutilement toutes sortes de remèdes pour guérir les glandes que j'ai depuis quatre ans, et craignant qu'elles ne grossissent assez à l'avenir pour me défigurer, j'ai trop d'intérêt à ne le pas être par rapport au roi et à nos sujets, pour manquer de chercher le seul remède que tous les médecins m'ont assuré être le plus sur, qui sont les bains et les eaux chaudes. C'est pour cette raison que, me trouvant à cinquante lieues de Bagnères, j'ai cru devoir profiter de l'occasion pendant que je ne puis être auprès du roi, et que je ne lui suis ici d'aucune utilité...

Comme le duc de Vendôme croit que nos affaires n'ont point été en meilleur état qu'elles sont, je m'en irai sans inquiétude. Mais les Espagnols, qui sont naturellement un peu soupçonneux, et dont le zèle est extrême pour nous, aimeraient peut-être mieux que je ne misse pas le pied en France.

» Pour moi, je me fie entièrement à vous, et je serais bien fâchée d'avoir la moindre défiance, persuadée que rien au monde ne serait capable de vous obliger à me retenir dans votre royaume. Je vous supplie néanmoins de m'honorer d'une réponse, le plus promptement qu'il vous sera possible, de votre main, que je puisse montrer aux seigneurs qui m'ont suivie. Encore une fois, je le répète à Votre Majesté, je ne me pardonnerais pas à moi-même s'il m'avait passé un moment par la tèle la moindre pensée qui fût contre sa gloire, et la tendresse que le roi votre petit-fils et moi nous flattons que vous avez pour nous.

» Plût à Dieu que nous fussions les uns et les autres assez tranquilles pour que je puisse vous aller rendre une visite à Marly, y embrasser ma sœur de tout mon cœur, et y jouir en si bonne compagnie des plus délicieux lieux du

monde, que vous y avez faits 1 l'idée seule m'en ravit : jugez de ce que ce serait si la chose était réelle ! Conservez-moi, je vous en supplie, un peu de part dans votre amitié. »

« Je m'intéresse trop tendrement au rétablissement de votre santé, lui dit son aïeul, pour ne pas approuver tout ce qui peut y contribuer. Je souhaiterais que la saison fût plus favorable pour user des eaux de Bagnères. Mais si l'on vous conseille de vous en servir, je vous prie moimême de ne pas perdre un moment à tenter ce remède. Le repos d'esprit doit y donner une vertu nouvelle; et vous le devez avoir, sachant que vos affaires sont en aussi bon état que vous le pouvez désirer : c'est le seul sujet d'inquiétude qui doit naturellement vous agiter.

» Mais puisqu'il est nécessaire de rassurer d'autres que Votre Majesté, je lui promets qu'elle ne sera pas moins maîtresse dans mon royaume qu'elle ne l'est en Espagne ; qu'il dépendra d'elle d'en sortir avec le prince des Asturies, comme il dépend d'elle d'y rester tant qu'elle voudra. Je ne vous laisserais peut-être pas une liberté si absolue, si des temps plus tranquilles permettaient que vous vinssiez ici. Mais il faut attendre la

paix pour concerter les moyens de nous voir ; et je vous assure que je n'aurai trouvé en ma vie de moment plus heureux que celui où je pourrai vous dire moi-même que mon amitié pour vous est aussi tendre et aussi parfaite que vous le méritez. »

La reine d'Espagne à madame de Maintenon.

« ... Je suis charmée de la réponse que le roi mon grand-père m'a faite sur la permission que je lui avais demandée d'aller dans son royaume pour y chercher ma guérison. Je n'ai rien vu de plus poli ni même de plus galant et je ne m'étonne pas que les personnes qui ont l'honneur de le voir de près l'admirent et l'aiment. J'ai les mêmes sentiments pour lui, quoique j'en sois éloignée; et vous ne sauriez m'obliger davantage qu'en lui persuadant bien cette vérité. Je vous en dis une bien constante quand je vous assure que je suis à vous de tout mon cœur. Vous nous seriez d'un grand secours à Bagnères ; mais comme il n'y a pas d'apparence que j'aie le plaisir de vous y embrasser, je me flatte que j'irai un jour à Marly, dans un temps plus tranquille que celui où nous sommes. Quelle satisfaction aurais-je de me

trouver au milieu de toute la maison royale, et de courir dans les jardins avec ma sœur! »

Ce souhait que la reine exprime sans cesse n'était pas prêt à se réaliser.

Les ennemis, après avoir perdu beaucoup de temps, tentèrent de se réunir. Vendôme prévint cette jonction qui eût été fort dangereuse. L'armée de l'archiduc resta cantonnée entre l'Escurial et Madrid, qu'elle évacua le 1*'' novembre. Tolède fut également abandonnée. L'archiduc se retira le premier et Staremberg ne tarda pas à le suivre. Philippe rentra à Madrid le 3 décembre et il en repartit le 6 pour marcher à la poursuite de l'ennemi. Le général Staremberg arrivait au secours des Anglais. On livra bataille dans la plaine de Yillaviciosa et Philippe remporta une victoire complète.

Le soir de la bataille, on s'aperçut qu'il n'y avait point de lit pour le roi : « Sire, lui dit Vendôme, je vais vous faire préparer le plus beau lit sur lequel jamais souverain ait dormi. » Ce furent les drapeaux ennemis qui servirent de matelas.

Quand Louis XIV, au lieu d'envoyer en Espagne des troupes dont il avait besoin ailleurs, ne fit

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partir que le duc de Vendôme, les courtisans disaient : « Qu'est-ce qu'un homme? ».

A la nouvelle de la victoire de Yillaviciosa, Louis leur dit à son tour : « Voilà ce que c'est qu'un homme ».

Marie-Louise écrit à Vendôme :

A Vittoria, ce 13 décembre 1710.

« Vous n'aurez pas de peine à croire quelle a été ma joie en apprenant l'avantage considérable que le roi vient de remporter par la prise des huit bataillons et huit escadrons des meilleures troupes qu'eût l'archiduc, puisque cela est très glorieux pour lui. Comme je sais la part que vous avez eue à cette action et qu'il en retombe sur vous une partie du mérite, souffrez, malgré votre modestie, que je vous en fasse mon remerciement et que je loue impunément, à vous-même, votre grande capacité et votre savoir-faire, dans le métier que vous faites, dont nous ressentons si visiblement les effets. Je vous assure que je trouve le roi et moi bien heureux de vous avoir demandé au roi notre grand -père, avec autant d'empressement et de constance que nous l'avons fait.

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» J'espère que vous nous continuerez vos services avec le même zèle et que j'aurai le bonheur de trouver des occasions de vous en témoigner ma reconnaissance à laquelle je joins dès à présent une parfaite estime et beaucoup d'affection. Vous vo^'ez que je vous écris sans aucune fa^on ; j'ai cru que cette manière libre vous marquerait mieux les sentiments que j'ai pour vous.

» MARIE-LOUISE

» P.-S. — J'ai prié le roi de vous montrer la réponse que j'ai du roi mon grand-père, sur mon voyage de Bagnères, qu'il approuve fort et qui doit bien rassurer ceux de nos sujets qui avaient des soupçons si mal fondés. Je suis charmée de la politesse et de l'air galant dont il m'écrit; je ne sais même si mon petit roi n'aurait point un peu de jalousie, s'il savait jusqu'à quel point j'en ai été touchée; tenez-lui le cas bien secret. »

Marie-Louise à madame de Maintenon.

De Vittoria, ce 14 décembre.

« Il me semble, ma chère madame, que Dieu se déclare bien pour nous. Que direz-vous après

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la nouvelle que je vous mandai avant-hier, de recevoir celle que le roi a gagné une bataille très complète? Je ne vous en dirai aucune particularité, vous les saurez toutes et j'espère que, par-dessus la joie que je ne doute pas que cette nouvelle vous cause, vous voudrez bien vous intéresser à la gloire du roi, à sa satisfaction et à la mienne, qui n'est pas médiocre, car je suis comme hors de moi depuis une heure après minuit, que je sais cet heureux succès et que le roi en est sorti heureusement. M, de Vendôme s'est conduit dans la bataille de Villaviciosa comme un général plein d'habileté, d'expérience et de zèle,

y> Adieu, ma chère madame, il faut que j'écrive à tous les princes; le plaisir qu'ils auront me charme. Je n'ai pas le temps de vous en dire davantage. Aimez-moi un peu, je vous prie, et comptez sur l'estime et l'amitié que j'ai pour vous. »

La reine ne se doutait guère, en écrivant des lettres si affectueuses à madame de Maintenon, qu'elle était loin d'avoir en elle la bonne amie sur laquelle elle comptait ; au contraire, madame dte- Maintenon avait employé toute son influence

auprès du roi et de M. de Torcy, pour empêcher qu'on envoyât des secours en Espagne ; mais la favorite savait bien manœuvrer et masquer ses batteries; Marie-Louise en était dupe, et lui écrivit toujours avec la même confiance et le même abandon.

A Vittoria, ce 16 décembre.

« Je viens dans ce moment de recevoir une lettre du roi qui me demande d'aller à Logrono, qui est une ville sur la frontière d'Aragon ; je ne puis me résoudre à refuser ce rendez-vouslà car, il n'est pas désagréable de voir un prince qui vient de gagner une bataille, et dont j'ai le bonheur d'être aimée. Ainsi, ma chère madame, le roi mon grand-père ne trouvera pas, je crois, mauvais que je retarde mon voyage de Bagnères, quand ma santé et mes glandes y seraient intéressées. Je vous prie donc de le lui dire de ma part, ne pouvant me donner l'honneur de lui écrire pour ne lui pas retarder le plaisir qu'il aura d'apprendre une merveilleuse nouvelle et pour l'Espagne et pour la France, dont certainement je ne me sens pas de joie : remerciez-le encore de ma part de tout ce qu'il m'a dit d'obligeant sur

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mon voyage, car j'en suis sensiblement touchée, soyez-le un peu, ma chère madame, de mon amitié qui ne saurait être plus sincère. »

La reine aurait voulu apprendre cette bonne nouvelle au monde entier, et à peine a-t-elle fini sa lettre à madame de Maintenon qu'elle en commence une autre au duc de Vendôme.

16 décembre.

« De l'air dont vous y allez je ne crois pas que vous continuiez à remporter des victoires sur nos ennemis, puisque vous les avez presque tous détruits ; ainsi, quand je voudrai vous écrire, il faudra que je cherche d'autres prétextes que ceux que j'ai présentement, de vous faire encore de nouveaux remerciements.

» Je vous assure que toutes les fois que je fais réflexion à ce qui s'est passé depuis peu, j'en suis dans un étonnement si grand, si grand, que je ne m'y accoutume point et que ces victoires si imprévues ont toujours pour moi la grâce de la nouveauté.

» Je me prépare à partir dans quatre jours pour aller à Logrono, attendre le roi, s'il veut

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bien prendre la peine de venir l'aire un petit towp quand il ne croira pas sa présence nécessaire à son armée. Nous prendrons là nos résolutions, après avoir bien pesé tout ce que nous croirons de plus convenable pour le bien de nos affaires, et tout cela de concert avec vous, si vous le voulez bien, car le roi et moi estimons fort vos conseils par toutes sortes de raisons. Il n'y en a point qui ne m'engage à vous estimer et à vous souhaiter toute sorte de satisfactions.

» MARIE-LOUISE

» Je m'aperçois que c'est toujours moi qui vous attaque la première par mes lettres ; vous vous excuserez peut-être en disant que c'est votre respect qui vous empêche de m'écrire, mais je vous dirai que ce n'est que votre paresse * ! »

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