‹ Une Reine de douze ansChapitre 9 sur 115 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Demande officiel le de la main de Marie-Louise de Savoie.

— Arrivée du marquis de Castel Rodrigue, envoyé d'Espagne à Turin. — Lettre de Philippe V à sa fiancée.

— Le mariage est célébré à Turin ; le prince de Carignan est choisi par le duc de Savoie pour représenter Philippe V. — Les cadeaux apportés par le marquis à la reine et aux duchesses. — Départ de la reine. — Sa séparation d'avec les duchesses. — Entrée à Nice du légat à latere. — Embarquement de Marie-Louise à Nice.

Le fameux testament de Charles II obligeait le duc d'Anjou déclaré roi et héritier de la monarchie espagnole à épouser une des archiduchesses filles de l'empereur Léopold. Louis XIV en avait fait la demande en envoyant une ambassade à Vienne, mais la Cour impériale ne croyant pas cette alliance avantageuse la refusa. Alors le roi de France jeta les yeux sur la princesse de Savoie Marie-Louise-Gabrielle, sœur de la duchesse de

Bourgogne. Est-ce celle-ci qui fit naître l'idée de ce mariage dans l'esprit du roi Louis, est-ce le cardinal Porto-Carrero qui proposa Marie-Louise, il est difficile de décider là-dessus. Ce qu'il y a de certain, c'est que la proposition fut accueillie avec empressement par le roi de France : « Plus j'examine, écrit-il, le choix que l'on pourrait faire, et plus je suis persuadé que celui de cette princesse est le seul qui convienne dans la situation présente; il serait seulement à souhaiter qu'elle eût quelques années de plus. » En effet Marie-Louise n'était âgée que de douze ans.

Les Espagnols auraient désiré que leur roi arrivât tout marié ; ceux d'entre eux qui étaient venus au-devant de lui à Rayonne s'étaient expliqués nettement là-dessus. Les principales difficultés qu'il y avait à vaincre pour la conclusion de ce mariage venaient surtout des prétentions du duc de Savoie auquel l'Espagne devait beaucoup d'argent; il voulait en être pa3^é. On proposa en France de déduire pour la dot de la princesse une partie de la somme due ; d'examiner toutes les prétentions du duc et de fixer ensuite les termes des paiements*.

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