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LA VIE ET L AME VEMTIEXKES

X!V* siècle , Manuel Chrysoloras et Démétrius Kydonès enseignaient le grec à Venise ; au xv^ siècle, elle a reçu Gémisle Pléthon et Georges de Trébizonde, Pliilelphe et Bessarion qui, en mourant, léguait à l'Etat vénitien ses manuscrits, premier noyau de la Bibliothèque Marcienne. Depuis le commencement du xv* siècle, l'Université de Padoue, réorganisée par Venise, se développait magnifiquement ; et dans la ville même la République entretenait des cours publics de philosophie et de théologie, et un institut de médecine. Dès 1469, l'imprimerie était introduite à Venise par Jean de Spire et son frère Wendelin, auxquels se joignait, en 1470, le Français Nicolas Jenson. Ainsi Venise utilisait les ressources que lui offraient les pays étrangers, pour la prospérité et la splendeur de la République.

L'art enfin donnait à la ville une éclatante parure. La Seigneurie aussi bien que les particuliers, les riches patriciens autant que les corporations puissantes, les clercs comme les laïques, et à leur exemple les étrangers mêmes, Esclavons, Dalmates, domiciliés à Venise, s'empressaient de construire des palais, des scuole, des églises, que décoraient les grands maîtres de la fin du xv^ siècle, les deux Bellini et Carpaccio. Les industries d'art n'étaient pas moins prospères; l'orfèvrerie, la sculpture sur bois, les verreries, les tissus précieux, velours et brocarts d'or, servaient magnifiquement ce goût du luxe cher à tout Vénitien, moins encore pour sa satisfaction propre que pour la splendeur qui en rejaillissait sur la patrie.

Dans l'église des saints Jean et Paul, Panthéon de la république vénitienne, s'alignent, au long des

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murailles et contre les parois du chœur, les tombeaux, merveille de l'art, où reposent quelques-uns des plus fameux entre les doges du xiv' et du xv^ siècle. C'est le monument de Michel Morosini, mort en 1382, l'une des œuvres les plus admirables que l'art gothique ait laissées à Venise; c'est le monument de Pierre Mocenigo, mort en 1476, qui prit Scutari et qui annexa Chypre, et dont une fière inscription déclare qu'il fut élevé avec les dépouilles des ennemis » {ex hostium manubiis)', c'est le monument d'André Vendramin, mort en 1478, le, plus beau peut-être qu'on admire à Venise. Ailleurs, dans Saint-Marc, à Sainte- Marie des Frari, d'autres sépultures glorieuses rappellent d'autres héros fameux. Et ce sont des statues encore, dressées sur les places ou dans l'intérieur des églises, en l'honneur des généraux illustres, des condottieri fameux, un Savelli, un Colleone, qui avaient bien servi la République. A tous, libéralement, Venise a marqué sa reconnaissance. Elle a confié aux plus grands artistes, aux Lombardi, aux Leopardi, aux Rizzo, aux Verrocchio, le soin d'éterniser leur mémoire. Elle leur a donné, en leur vivant, large part au gouvernement et aux hautes dignités; morts, elle les a glorifiés en d'admirables sépultures, parce qu'ils avaient tous été les artisans fidèles ejt dévoués de sa grandeur, parce que le grand souci de leur vie avait été de travailler « pour le profit et l'honneur de Venise ».

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