‹ Une retraite au CarmelChapitre 20 sur 25 · CONFÉRENCE SUR L HUMILIATION · texte numérisé non relu

CONFÉRENCE SUR L HUMILIATION

tions de la grâce, elles ne pouvaient reculer devant l'humiliation volontaire, qui est le trait le plus complet de ressemblance avec notre divin modèle.

Voyez, en effet, s'il est un seul genre d'humiliation que Notre-Seigneur se soit épargné à lui-même. Après avoir lavé les pieds à ses Apôtres, sans excepter le traître Judas, Noire- Seigneur leur disait : « Je vous ai donné l'exemple : ce que j'ai fait le premier, faites-le à votre tour ». Il aurait pu énumérer tous les actes qui remplissent sa vie, et montrer qu'il n'en est pas un qui ne soit une humiliation volontaire.

L'humiliation du cœur : Notre-Seigneur l'a éprouvée. Peut-il y en avoir de plus cruelle que d'être méconnu, maltraité par ceux qu'on aime, que d'être abandonné par les amis qu'on a choisis, que d'être trahi et vendu par l'un d'eux?

L'humiliation de l'esprit : Notre-Seigneur, le Verbe et la Sagesse de Dieu, annonce aux hommes une doctrine divine : il est traité de fou et d'insensé, et c'est cette doctrine même qui attire sur lui le châtiment réservé aux esclaves.

Humiliation dans son corps : quelle partie de son corps n'a été humiliée ? Ses épaules sillonnées par les fouets, sa face auguste couverte <i<^

crachats, tout son corps ignominieusement dépouillé sur la croix, sa tète dérisoiremenl et cruellement couronnée d'épines : est-il rien qui manque à ces humiliations les plus sanglantes, les plus cruelles^ mais aussi les plus gratuites, les plus imméritées, les plus volontaires qui aient jamais paru au regard des hommes ?

Et c'est pour cela aussi (grande consolation pour nous, si pétris d'orgueil) que rienne manque à la réparation qu'il offre à son Père, pour les péchés des hommes, péchés qui tous ont leur racine dans l'orgueil : orgueil du cœur, orgueil de l'esprit, orgueil du corps et des sens.

C'est quand on pense que nous sommes chrétiens, c'est-à-dire disciples de Jésus crucifié, et, avant d'être crucifié, trahi, bafoué, humilié, rassasié de tous les opprobres, de la part de toute espèce d'hommes, savants ou ignorants, élevés en dignité ou abjects et dégradés , et tout cela en vertu de sa volonté expresse et de son libre choix , c'est alors que l'on comprend la soif d'humiliation qui dévorait les saints ; c'est alors qu'on s'étonne que, parmi ^es disciples du divin Maître, Torgueil et tous les genres d'orgueil tiennent encore une si grande place ; que, parmi les religieux et religieuses, il y en ait tant qui ne comprennent point l'usage personnel que nous avons à faire de la

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parole du Psalmiste : Il m*est bon, Seigneur, que vous m'ayez humilié !

Oh ! puissions-nous la mieux comprendre et en faire un plus fréquent usage ! C'est pour vous y amener, mes Sœurs, que vos saints fondateurs ont institué parmi vous tant de pratiques d'humilité, et vous ont invitées à ne les jamais laisser tomber en oubli. De ces pratiques, petites en apparence et facilement dédaignées par les esprits superbes ou superficiels, aucune n'est petite, si elle est faite dans l'esprit qui l'a inspirée. Toutes ont un but infiniment élevé, souverainement important : nous mettre en présence des humiliations de Jésus-Christ et faire pénétrer dans notre cœur l'humilité qui seule fait les saints, rhumilité sans laquelle nulle d'entre vous ne saurait se dire une digne fille de sainte Thérèse, une véritable enfant du Carmel.

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