IL LA MÉTHODE
de la richesse ; et en conséquence nous l’éliminons de la définition de celle-ci.
Quant à la durée, des choses de toute espèce, ayant de la valeur, l’offrent à des degrés divers. Une montre dure très-longtemps ; des vêtements durent moins, les aliments moins encore. Par conséquent, comme ce qui est vrai jusqu’à la limite est vrai à la limite elle-même, la durée de la richesse peut se réduire autant qu’il est possible, et la richesse subsister toujours. La durée n’est pas l’essence, elle est un accident de la richesse; et on doit 1 éliminer, comme le travail, de la définition de celle-ci.
Ceci fournit le moyen de réfuter Adam Smith et L. J.
St. Mill. En cet endroit delà Richesse des nations est reproduit un long passage, qui est un tissu d’erreurs, sur les travaux prétendus improductifs. On y remarque ces • lignes : « Le prince et tous les magistrats, et tous les militaires qui. servent sous lui, toute l’armée et toute la flotte, sont des travailleurs improductifs. Ce sont les serviteurs du public, entretenus par une portion du produit annuel de l’industrie des autres. Leurs services, bien qu'honorables, utiles, nécessaires, ne produisent rien qui puisse procurer ensuite des services analogues. La protection et la défense du pays, effets de leur travail pendant l’année, n’achèteront pas la même protection et lamême défense pour l’année suivante. » M. Macleod fait à ce sujet cette remarque : Smith aurait pu dire tout aussi bien que ceux qui vendent des aliments sont des travailleurs improductifs, parce que le dîner que nous faisons et qui nous soutient aujourd’hui, ne nous soutiendra pas demain, ou qu’un tailleur est dans le même cas, parce quéles vêtements que nous usons cette année ne nous protégeront pas l’annéeprochaine. Il n’a pas expliqué combien de temps leschoses doivent durer après avoir été produites ou avant d’avoir été détruites, pour autoriser le producteur à être qualifié de productif.
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Ouant à M. Mill, il s’exprime ainsi page 8 de son premier volume ; « Toute chose qui a le pouvoir ^
fait partie de la richesse. » Cette définition est '
che, elle est la vraie. Elle est parfaitement générale; d après elle, toute chose, quelle que soit sa nature, qui peu être Tohiet d'un échange, est de la richesse. Mais, page 5 du même volume, énumérant ce qu’il considère comme ridlse M Mill distingue trois sortes d’utilités produites Î b trtail : les une'; fixées dans des objets extérieurs ; les autres fixées dans des hommes ; et les troisièmes, qui ne sont fixées nulle part, et consistent dans un service rendu.
« Les utilités de la troisième classe, ajoute-t-il, coiisistan en plaisirs qui n’existent que quand ils sont goûtés, et en services qui n’existent que quand ils sont rendus, ils n peuvent pas être qualifiés de richesses, excepté par métaphore. 11 est essentiel à l’idée de richesse d eire susceptible d’accumulation ; des choses qui, après avoir été produites, ne peuvent être gardées quelque temps avant dêtie utilisées, ne sont jamais considérées comme “i*;® ses, par la raison que, quelle que soit la quantité qui en est produite et consommée, celui qui s’en sert n es pas plus riche, n’est nullement amélioré dans sa situation. Lis ce n’est pas aussi fortement heurter l’usage que de considérer comme richesse un produit qui est a la lois utile et susceptible d’accumulation. L’habileté, 1 énergie et la persévérance des travailleurs d’un pays peuvent etre comprises dans sa richesse, non moins que leurs outils et leurs machines. Suivant cette définition, nous devons ré^ puter productif tout travail employé à créer des utilités permanentes, incorporées soit dans des hommes, soit dans
des objets animés ou inanimés. »
11 est évident que ce dernier passage est en contradiction
avec la définition, parfaitement générale, que M. Mill luimême avait donnée de la richesse, car il y a introduit cette