I. LES DOCTRINES
communauté industrielle ; les inconvénients de la monnaie métallique qui s use et se détériore, et le caractère de la monnaie de papier des temps modernes, qui, à la promesse du débiteur de rendre un certain service, substitue celle de fournir, à vue ou à une époque déterminée, une certaine quantité de monnaie métallique; la monnaie pouvant exister sans métal, comme le montre la circulation de différents objets dans certains pays à titre de monnaie; tous ces phénomènes et d’autres sont ingénieusement et nettement retracés.
Mentionnons cette énumération des divers éléments de la circulation monétaire. 1° Les espèces monnayées: or, argent et cuivre ; 2° la monnaie de papier, comprenant les promesses de payement et les billets à ordre avec leurs variétés; 3" les simples dettes de toute sorte, telles que balances des banquiers, dettes inscrites sur les livres des commerçants, dettes entre particuliers.
Mentionnons encore une remarque importante. Le calactère essentiel de la monnaie est de constituer une obligation générale sur la personne du débiteur, et nullement un titre à un objet spécial. Cette distinction est essentielle ; elle montre que la faculté de passer de mains en mains n est pas la conception fondamentale de la monnaie. 11 y a en effet certains effets de commerce qui ressemblent sous le rapport de la circulation aux billets à ordre et qui ont été souvent considérés comme étant de même nature ; ce sont les warrants des docks et les connaissements. Ces pièces constituent purement des titres à certaines marchandises déposées dans un dock ou dans un navire ; elles n’impliquent aucune obligation personnelle. Elles sont donc d’une tout autre nature que le billet à ordre, qui n est autre chose qu’une obligation pour une personne.
La portée pratique de cette distinction apparaîtra plus tard dans la théorie du crédit.
Avant d’aborder les autres termes, M. Macleod revient sur la notion de la valeur, qu’il a déjà indiquée, et qu’il aura plus loin occasion d’accuser plus fortement.
« Les économistes ont l’habitude de considérera valeur comme la qualité qui fait rechercher les objets. C’est là une erreur manifeste. L’économie politique n a rien à voir aux raisons qui déterminent les hommes à désirer certains objets plutôt que d’autres. Elle n’a qu’à accepter le fait et à en retracer les conséquences. L’application du nom de valeur aux qualités qui font désirer un objet, est un exemple de l’erreur commune qui consiste à donner le même nom au phénomène et à sa cause. Dans notre science nous devons nous borner rigoureusement à ce fait que des individus désirent certains objets, et qu’ils donneront d’autres objets ou leur travail, pour en acquérir la possession. La quantité de ces objets qu’ils donnent pour un autre, est la valeur relative de ce dernier objet.
« Sous l’influence de l’erreur qui voit dans la valeur la qualité qui fait rechercher les objets, Adam Smith a adopté, d’après Turgot, une distinction tout à fait anti-scientifique, celle de la valeiir en mage et de la valeur en échange. Cette distinction généralement admise nuit à la véritable intelligence de la matière et doit être écartée.
« Les idées de travail et de valeur sont si étroitement liées que leur séparation semble être une opération aussi délicate que celle que sir Charles Bell a faite des nerfs de la sensation d’avec ceux du mouvement. Mais elle doit être opérée avec soin. Le travail et la valeur n’ont entre eux aucune relation nécessaire. 11 est vrai en thèsegénérale que la plupart des valeurs sont le résultat du travail, et pourtant le travail n’est dans aucun cas la cause de la valeur. C’est le résultat, et le résultat seul, qui possède de la valeur, soit qu’il ait été obtenu avec beaucoup ou avec peu de travail. Si quelqu’un découvre par hasard un dia-