‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 110 sur 187 · III. LES PRÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

III. LES PRÉCÉDENTS

verre d’eau, et ce verre d’eau vaudrait cent louis, à cause du besoin qu’il éprouve. La valeur est donc toute dans 1 intelligence. Mais on est porté à regarder la valeur comme une qualité absolue, qui est inhérente aux choses, indépendamment des jugements que nous portons; et cette notion confuse est une source de mauvais raisonnements. La valeur est fondée sur le jugement que nous portons de l’utilité des choses.

La valeur existe, par conséquent, avant 1 échange. Condillac reproche aux économistes de dire qu elle consiste dans le rapport d’une chose échangée contre une autre. Cette critique n’est qu’une subtilité, par la raison qu à moins d’un échange, il n’y a pas de manifestation de valeur qui puisse être l’objet de la science économique. Cette science n’a rien à faire avec un stérile désir de l’esprit ; elle ne peut admettre qu’un désir effectif, produisant un phénomène. G est ainsi que la mécanique n a rien à faire avec les forces latentes qui ne donnent aucun signe extérieur de leur existence, mais ne connaît que les phénomènes produits par les forces.

Condillac pose ce principe : «Une chose n’a pas une valeur, parce qu’elle coûte, comme on le suppose; mais elle coûte, parce qu’elle a une valeur.» Tout esprit judicieux adhérera à une pareille doctrine.

La valeur étant le désir que nous avons d’obtenir quelque chose, Condillac arrive au prix, ou à ce que nous donnons pour obtenir ce dont nous avons besoin. J ai une surabondance de blé, et je manque de vin ; vous avez au contraire une surabondance devin, et vous manquez de blé. Nous devons donc faire un échange. Dans cet échange, nous donnerons chacun notre surabondant pour avoir ce dont nous avons besoin; chacun, par conséquent, nous y gagnons. Néanmoins, comme nous voulons chacun gagner le plus possible, nous essayerons de donner le moins

possiWe de notre marchandise, et d'obtenir le plus possible de celle de l'autre. Mais le débat finira. L'échange •■lura lieu , et chaque chose échangée sera le prix de

Condillac en conclut que la valeur et le prix ne sont pas absolument identiques , de manière à n'ètre pas emplojé indifféremment l'un pour l'autre. 11 a raison dans une certaine mesure; mais puisque la valeur ne peut être objet de 1 économie politique, à moins d'être manifestée par le prix, on ne peut jamais commettre d'erreur à emp.oyer valeur et prix comme termes équivalents. Nul doute que la valeur ne réside dans Imtelligence, mais ce que nous donnons pour une cho.se en est pour nous la nlesiire Ce que nous donnons pour elle peut dès lors être itgulièrement appelé sa valeur et son prix Condillac enseigne ensuite que toutes les variations de

prix sont causées par les variations de 1 olfre et de la demande, et que, -par conséquent, il n'y a pas de prix absolu Les prix varient d’un marché à l’autre, et se règlent

Zit 7”'^ n concurrence, lorsque le commerce louit d une liberté entière.

Le commerce est l'échauge qu'on fait d'une chose pour ine autre; et tout ce qui est échangé est marcliandise. -Imque marchandise est le prix de l'autre. Le commerce ■uppose deux choses ; production surabondante d'un côté et de 1 autre consommation à faire. Les cultivateurs (1) et es autres producteurs ne peuvent pas toujours disposer e leur super lu sur le heu même; on a donc besoin d'une < utre classe d individus pour le porter là où il trouvera le 1 îacenient le plus avantageu.x, et ces individus sont aplelés des marchands. Les échanges en deviennent plus équents. La valeur, en outre, apparaît, car s'il n’y avait

(I) Condillac se sert du mot coloti.

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