‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 113 sur 187 · III. LES PRÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

III. LES PRÉCÉDENTS

le cas le plus ordinaire, l’économie politique peut être définie la théorie de ï échange. Quelle que soit pour l’une des parties contractantes la vivacité du besoin , pour l’autre l’intensité de l’effort, si l’échange est libre, les deux services échangés se valent. La valeur consiste donc dans l’appréciation comparative des services réciproques, et l’on peut dire encore que l’économie politique est la théorie de la valeur. » M. Macleod signale ici l’analogie des idées de Bastiat avec les siennes.

Il remarque ensuite une réfutation de la théorie que le travail est la cause de la valeur : « Il y a des écoles qui ont rapporté au travail seul ce privilège. Leur axiome est : Toute richesse vient du travail ; le travail c’est la richesse. Je ne puis m’empêcher de prévenir ici que ces formules ont conduit à des erreurs de doctrine énormes, et, par suite, à des mesures législatives déplorables. »

Est reproduite ensuite la définition de la valeur. « La définition du mot valeur, pour être juste, doit avoir trait non-seulement aux efforts humains, mais encore à ces efforts échangés ou échangeables. L’échange fait plus que constater et mesurer les valeurs, il leur donne l’existence. Je ne veux pas dire qu’il donne l’existence aux actes et aux choses qui s’échangent, mais il la donne à la notion de valeur. Je dis donc :• La valeur, c’est le rapport de deux services échangés. L’idée de valeur est entrée dans le monde la première fois qu'un homme ayant dit à son frère : « Fais ceci pour moi, je ferai ceci pour toi, » ils sont tombés d’accord, car alors pour la première fois, on

a pu dire : « Les deux services échangés se valent »

Nous travaillons pour nous nourrir, vêtir, abriter, éclairer, guérir, défendre, instruire les uns les autres. De là les services réciproques. Les services, nous les comparons, nous les discutons, nous les évaluons; delà la valeur.... On a jusqu’ici cherché le principe de la valeur

dans une de ces circonstances qui l’augmentent ou qui la diminuent, matérialité, durée, utilité, travail, difficulté d’acquisition ; fausse direction imprimée dès l’origine à la science, car l’accident qui modifie le phénomène n’est pas le phénomène. » 11 résulte de ces considérations que la seule source de la valeur est la faculté d’échanger; que tous les services échangés sont des éléments économiques, quelle que soit leur nature, matériels ou immatériels; et que tout travail qui produit un service demandé est productif.

M. Macleod remarque encore que Bastiat, étudiant le capital, déclare que tout service peut être employé comme tel, et qu’il a été sur la voie de la véritable notion du crédit. « Nous pouvons, a dit Bastiat, convertir en un instrument de travail, en chemins de fer, en maisons, un capital qui n’est pas encore né, utilisant ainsi des services qui ne seront rendus qu’au vingtième siècle. » Mais, par une singulière inconséquence, l’économiste français tourne en ridicule la notion que le crédit est de la richesse, et le considère uniquement comme un transfert de marchandises existantes.

Dans un autre écrit, Maudit argent, M. Macleod retrouve une coïncidence remarquable entre ses idées et celles de Bastiat sur la monnaie : « Vous avez un écu. Que signifie-t-il en vos mains? 11 est comme le témoin et la preuve que vous avez, à une époque quelconque, exécuté un travail, dont, au lieu de profiter, vous avez fait jouir la société en la personne de votre client. Cet écu témoigne que vous avez rendu un service à la société, et de plus il en constate la valeur. Il témoigne en outre que vous n’avez pas encore retiré de la société un service réel équivalent, comme c’était votre droit. Pour vous mettre à même de l’exercer quand et comment il vous plaira, la société, par les mains de votre client, vous a donné une

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