‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 114 sur 187 · III. LES PRÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

III. LES PRÉCÉDENTS

reconnaissance, un titre, un bon, un jeion, un écu enfin, qui ne diffère des titres fiduciaires qu’en ce qu’il porte sa valeur en lui-même, et si vous savez lire avec les yeux de l’esprit les inscriptions dont il est chargé, vous déchiffrerez distinctement ces mots : Rendez au porteur un service équivalent à celui qu’il a rendu à la société, valeur reçue, constatée, prouvée et mesurée par celle qui est en moi-même. »

Il importe de rapporter en entier les observations de M. Macleod au sujet de ce passage.

« Plusieurs écrivains avaient déjà eu une idée obscure de la conception dont il s'agit. Mais aucun, à ma connaissance, ne l’a si nettement comprise et ne l’a si vivement exposée que Bastiat. C’est incontestablement une des conceptions les plus importantes qui aient été introduites dans l’économie politique. Comprise et développée dans toute son étendue, elle est la base de la théorie de la monnaie. Elle condamne la théorie de Law et tous les plans insensés et si populaires dans le but de fonder une circulation de papier sur la terre, sur les marchandises, sur les fonds publics. Il en résulte que l’argent et les instruments de crédit sont homogènes, l’argent étant le crédit général, les instruments de crédit le crédit particulier, et que l’idée essentielle de la monnaie est celle de dette ou de services dus à son propriétaire.

« La coïncidence entre le passage qui vient d’être cité et notre propre théorie de la monnaie, développée dans notre Théorie et pratique des banques en 1855, et dans nos Éléments d économie politique en 1858, est assez frappante pour donner lieu de croire que nous l’aurions empruntée à Bastiat. Nous jugeons nécessaire de déclarer qu’il n’en .

est rien. Bien que notre ouvrage n’ait paru qu’en 1855 et l

le pamphlet de Bastiat dès 1849, nous n’avons pas eu con- '

naissance de ce pamphlet avant le 31 mai 1859. Nous re- ; -

connaissons donc à Bastiat la priorité, heureux que nos idées, conçues séparément, concordent parfaitement avec celles d un grand maître dans la science économique. »

Il s en faut beaucoup, je dois le dire ici franchement, que tous les détails, dans les œuvres de Bastiat, et notamment dans X&s^Hürmoniss écoiioïniQucs^ soient conformes aux doctrines de M. Macleod. L’ivraie y est mêlée au bon grain. Si 1 on y applaudit aux inspirations les plus heureuses, on regrette d’y rencontrer des subtilités, des paradoxes, des divagations. Nul esprit n’est plus vif et plus ingénieux que celui del auteur; mais il n’est pas doué de la logique sévère, de la rectitude et de la sûreté de jugement qui font de M. Macleod un maître véritable. °

Mais voici encore de nouvelles et remarquables observations de 1 économiste anglais a propos de notre éminent compatriote :

«En 1856, sans la moindre connaissance des œuvres

de Bastiat, et même de son nom, mais témoin de l’extrême confusion qui règne dans l’économie politique, nous avons, dans notre Iritroduction au second volume de la Théorie et pratique des Banques, écrit ces lignes : Le temps est venu de refaire toute l’économie politique. » Et nous le répétons aujourd’hui. Incontestablement il existe une masse considérable de vérité constatée, mais seulement en fragments, qui manque de cohésion scientifique. Bastiat a, sans aucun doute, trouvé la vraie conception fondamentale qui doit mettre l’harmonie et l’ordre dans cette masse considérable de vérité constatée, et en opérer la cohésion. Nous avons la certitude qu’en adoptant ses idées et en les développant dans l’esprit qui préside aux sciences physiques, l’économie politique atteindra une exactitude, une grandeur et une étendue qu’on n’a jamais rêvées pour elle, et qui la placeront à tous égards sur la même ligue que les sciences physiques les plus complètes.

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