‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 118 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

ont reçues n’étaient cependant attachées à aucun produit matériel. »

Page 130, il ajoute : « Les fonctions d’un capital sont de fournir la valeur de ces avances, de se laisser consommer pour renaître sous d’autres formes, de se laisser consommer de nouveau pour renaître encore; et ainsi de suite éternellement, pourvu que la même valeur capitale soit assez habilement employée pour renaître constamment et pour être réemployée d’une manière productive.» Comment sont-ce là les fonctions nécessaires du capital ? Lorsque Say admet l’argent comme capital, l’argent n’est pas détruit , ce qui est pour lui le sens de consommer.

Page 137, on lit : «La nature des fonctions des capitaux nous découvre des vérités assez importantes. L’une d’elles est que les capitaux productifs ne consistent point en valeurs fictives et de convention , mais seulement en valeurs réelles et intrinsèques , que leurs possesseurs jugent à propos de consacrer ii la production. En effet, on ne peut acheter les services productifs qu’avec des objets matériels ayant une valeur intrinsèque ; on ne peut amasser en capitaux, et transmettre à une autre personne que des valeurs incorporées dans les objets matériels. » Dans une note relative à ce passage, il ajoute : « Il y a des capitaux qui ne sont pas incorporés dans les choses matérielles, comme la clientèle d’un notaire, d’une entreprise commerciale; mais cette portion de capital est une valeur très-réelle , et non pas seulement un signe comme ceux qui, selon certaines personnes, peuvent remplacer les capitaux. » Page 531, on lit : « Il faut comprendre parmi les capitaux plusieurs biens qui ont une valeur, quoiqu’ils ne soient pas matériels. »

Les lecteurs remarqueront les contradictions singulières contenues dans ces extraits. Dans les premiers Say nie que les produits immatériels soient des capitaux; dans les der-

niers, il les soutient comme tels (1). Ce n’est pas malheu- j

reusemenl le seul exemple des contradictions dans les- ^

quelles les économistes sont avec eux-mêmes , et c est ce qui fait dire que l’économie politique ne peut être une science exacte. Cependant, comme, des deux ouvrages où sont pris ces extraits, le dernier a été publié beaucoup plus tard que le premier, la doctrine du dernier qui contredit l’autre peut être réputée l’opinion mûrie de l’auteur.

Pour Ricardo et pour Malthus, les capitaux ne sont que des objets matériels employés ù la production.

On remarque dans Senior, Économie politique, cette définition du capital , article de richesse, résultat de l’effort de l’homme, employé à la production ou à la distribution de la richesse. 11 le fait dériver du concours des trois grands instruments de la production , le travail , 1 abstinence et l’action de la nature. 11 admet les capitaux intellectuels.

James Mill ne fait qu’une énumération arbitraire de ce

(J) Un de nos compatriotes, que la mort a récemment enlevé à la 11

science, Charles Dunoyer, a, dans le second volume de son ouvrage T

sur de la Liberté du travail, fait déjà ressortir les inconséquences de r

J. B. Say, sur la question des produits immatériels. Il a de plus, dans des L

pages remarquables, compris avec raison les professions de toute es- U

pèce, les mécaniques comme les intellectuelles, dans le domaine de I

l’économie politique. Mais il n'a pas employé à. l’appui de cette doctrine 1

le bon argument. Au lieu de partir, comme M. Macleod, de l’idée fon- I

damentale, que l’élément économique est tout ce qui s’échange, ce qui I

embrasse à ce point de vue tous les produits et tous les services ayant R

■ un prix, il se fonde sur une considération toute morale et nullement économique, sur ce qu’un élément économique consisterait dans l’utilité que présentent incontestablement les produits immatériels aussi bien que les produits matériels. Et de ce point de vue il est amené à "

exclure de l’économie politique des choses ou actes nuisibles ou contraires à la morale. Son ouvrage, du reste, repose en partie sur une v

confusion entre l’économie politique et la morale, deux sciences qui, .

tout en se touchant, sont parfaitement distinctes, et il n’est générale- |

ment qu’une simple technologie. I

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