I. CAPITAL
qu’il considère comme capital; mais il n’énonce aucune
idée générale , ce qui était désirable.
Mac-Culloch n’est pas moins arbitraire; il fait consister le capital d’un pays dans les portions des produits de 1 industrie y existant,"^ qui peuvent être directement employés à entretenir des bras ou à faciliter la production.
Rossi tient un langage tout différent « L'œuvre de la production exige, outre le travail, le concours du capital. Dans le langage de la science, le capital, ce n est pas une richesse quelconque, ce n’est pas une valeur quelconque , c’est uniquement cette partie des valeurs qui est appliquée à la production. Encore une fois, dans le langage commun , on appelle du nom de capital les pierres précieuses qu’une femme a dans son écrin, les tableaux qu’un amateur a dans sa galerie; mais le capital, instrument de la production, n est autre chose que cette partie des valeurs qui est appliquée à la reproduction de la richesse. Si on nous demande : « Les machines sontelles un capital? » Il n’y a aucun doute. «Les hangars, boutiques , maisons servant au travail , sont-ils un capital? » Il n’y a encore aucun doute. « L’argent monnayé est-il un capital? » La réponse est la même. Je le répète, c’est par la destination, et uniquement par la destination qu’on sait si une partie quelconque des valeurs nationales
est ou n’est pas un capital. »
D’après M. J. St. Mill, trois choses sont nécessaires pour
la production : le travail, les agents naturels et un fonds
accumulé des produits d un travail antérieur. « Le fonds
accumulé, dit-il, est appelé capital... Le capital, chez les
individus étrangers à la matière, est supposé synonyme
d’argent. L’argent n’est pas plus synonyme de capital
qu’il ne l’est de richesse. L’argent ne peut par lui-
même remplir le rôle de capital, puisqu il ne peut ap-
norter aucune aide à la production. Pour cela il faut qu il ^ lü
soit échangé pour d’autres choses ; et loute chose susceptible d’être échangée pour d’autres, peut aidera la production au même degré... La distinction entre ce qui est et ce qui n’est pas capital, ne consiste pas dans la nature de la marchandise, mais dans l’intention du capitaliste, dans son désir d’employer un objet dans un but plutôt que dans un autre ; et toute propriété, quoique impropre par elle-même pour l’usage des travailleurs, est un capital, dès qu’elle est mise à part, elle ou son prix, pour un emploi productif. La somme des valeurs qui ont cette destination, compose le capital du pays. »
Ainsi M. Mill admet que le capital n’est pas une chose particulière et que ce qui fait une chose capital ou non, c’est uniquement son emploi; il reconnaît aussi que tout ce qui peut être échangé est capital.
M. Coquelin, Dictionnaire d économie politique, donne cette déünition : « On peut dire d’une manière générale que le capital est le fruit de l’accumulation. C'est l’ensemble des valeurs antérieurement soustraites à la consommation improductive, et que le passé a léguées au présent... Sauf quelques écrivains qui ne font pas autorité dans la science, tous les économistes s’accordent à ne pas comprendre sous la dénomination de capital, la terre, ou les instruments donnés par la nature, mais seulement les valeurs créées de main d’homme et antérieurement accumulées. »)
En comparant ces diverses définitions du capital, on peut constater qu’à peu d’exceptions près, elles reconnaissent que rien n’est capital d’une manière absolue, mais que ce qui fait quelque chose capital ou non, c’est la manière dont on s’en sert ou son emploi. C’est très-satisfaisant comme définition générale ; mais cette définition est soumise à la condition que le capital est le fruit d’un travail antérieur. Elle pourrait donc être formulée ainsi :