‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 122 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

ces auteurs n’ont pas abordé les conceptions fondamentales de la science avec cette main ferme , avec ce regard pénétrant, qui mettent en état de la fonder. Nos convictions à nous ne sont pas si tièdes. Nous avons la foi la plus robuste dans la vérité de nos principes, et nous sommes tout prêt à les suivre jusqu’aux dernières conséquences qui peuvent en être logiquement déduites. Ainsi ressort la sagacité prévoyante de Bacon, qui recommande avec force d’avoir constamment, dans nos études, les yeux sur la philosophie naturelle et de nous y référer dans les autres sciences, comme à la mère de toutes. Nous croyons que nos conceptions sont rigoureusement analogues à celles de la physi(jue, et non-seulement qu’elles sont vraies, mais encore qu’elles sont les seules vraies. Qui est-ce qui, familier avec la nature des forces immatérielles en mécanique, ou avec celle des éléments gazeux en chimie, hésiterait un moment à reconnaître les éléments immatériels en économie politique? Ou plutôt, qui est-ce qui, familier avec ces sciences, songerait un moment à éliminer des éléments pareils ? Nous avons déjà réfuté les arguments qui les attaquent. Tout inconvénient que les économistes trouveraient à les admettre, leur est, en tout cas, commun avec les physiciens. L’étude de la physique règle et rectifie notre intelligence, elle donne delà précision et de la généralité à notre langage, et elle nous force de mettre nos idées en conformité avec la nature. Au bout de quelques générations les physiciens ont porté leur langue à un haut degré de perfection. De la sorte, non-seulement l’étude de la nature, mais la langue elle-même est devenue un puissant instrument de conception et de découverte, un instrument des plu inefficaces pour pénétrer les secrets de la nature. Si les économistes voulaient appliquer le même soin à perfectionner la langue de leur science, il serait reconnu, et l’on ne l’a pas fait encore,

que la langue elle-même est en économie politique un énergique moyen de découverte. 11 n’y a pas d’autre mojen d élever 1 économie politique au rang de science exacte. C est par la perfection de la langue que nous arriverons à ces généralisations hardies qui constituent l’essence de la science. Ceux qui désirent faire marcher la science doivent spécialement viser à ces généralisations. On ne fait pas marcher la science par la timidité, mais par une prudente audace. Et ces généralisations doivent être soumises aux épreuves les plus sévères de l’induction logique. ]Nul esprit initié aux conceptions de la physique ne manquera de reconnaître l’état brut dans lequel se tiouvent encore les conceptions de l’économie politique. Nous n avons pas connaissance qu’aucune ait été contrôlée par les lois de 1 induction logique. Nous croyons être le premier à avoir appliqué cette arme si puissante de la

logique inductive, la loi de continuité, aux axiomes économiques. »

A cette occasion M. Macleod se félicite d’avoir obtenu à sa formule, que tout ce qui peut être acheté et vendu est un élément économique, l’adhésion d’une des plus grandes autorités contemporaines. Il cite cette lettre de M. Michel Chevalier ; « Vous définissez l’économie politique par ceci, qu elle étend son domaine sur tout ce qui se vend et s’achète. Dans mon cours au Collège de France j’ai souvent exprimé la même idée, et j’ai eu occasion d’y revenir dans nos discussions de la société d’économie politique de Paris. Je vous en ai fait 1 observation, non pas du tout pour nous disputer la priorité; une idée appartient à celui qui en sait tirer un bon parti, et vous avez fait un excellent usage de celle-là, mais bien pour me féliciter avec vous d’une coïncidence qui me flatte (1). »

(1) M. Michel Clievciliei a renouvelé cette adhésion dans un article

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