‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 125 sur 187 · CAPITAL · texte numérisé non relu

CAPITAL

position est + par 20, et s’il navigue 10“ plus loin au nord, ce sera 30. S’il naviguait 10“ au sud, sa position serait 4-20 — 10, ou -f 10. Mais s’il allait à 30“ au sud, ce serait 4- 20 — 30, ou — 10, soit à 10“ latitude sud, ou 10“ au-dessous de zéro ou au delà de l’équateur. Si enfin, étant à — 10“, il avance jusqu’à 20“ plus loin au sud, sa position sera — 10 — 20 = — 30.

Tout se passerait de même pour l’est et l’ouest. Notons que, bien qu’une partie du voyage du navire soit dans l’hémisphère négatif, la dernière partie ne doit pas être retranchée de la première, elle doit au contraire lui être ajoutée. Tout le voyage se compose, par conséquent, d’une partie dans un hémisphère, et d’une partie dans l’autre.

Dans un thermomètre il en est de même. Le zéro est le point de glace, les degrés au-dessus de glace sont positifs, et les degrés au-dessous négatifs. Si le mercure s’élève, il suit une direction positive ; s’il baisse, une négative. Le mercure baissant de 4- 20“ à — 10“ ou s’élevant de — 10“ à 4- 20", tout l’espace franchi est de 30", et la partie négative est ajoutée à la partie positive, elle n’en est point retranchée.

Partout, dans la philosophie naturelle, zéro est la limite entre deux oppositions. Cette idée s’applique en particulier au temps. Le temps passé est positif, le temps futur négatif, et le temps présent, qni sert de limite entre le passé et le futur, est zéro.

La philosophie naturelle offre en conséquence cette loi, qne la quantité passant par zéro change de signe.

En appliquantcesobservations.au capital, on arrive à une loi qui sera facile à saisir par un esprit familier avec la philosophie naturelle. C’est celle-ci : « Le capital est une quantité continue, qui, passant par zéro (le présent) dans l’avenir, change de signe. » Ce qui veut dire que, le capital étant une quantité continue, ou une quantité pro-

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(luisant d’une manière continue un profit, les profits qu’il a déjà produits sontpositifs et ceux qu’il produira sont futurs ou négatifs. Mais, si ses profits futurs sont encore à produire, ils possèdent une valeur présente, et le droù de les obtenir est une marchandise présente qui a une valeur et qui se vend, il est une entité économique.

Il résulte des considérations ci-dessus que, pour avoir toute la valeur du capital, nous devons additionner la valeur des profits passés et celle des profits futurs, la valeur des premiers étant positive et celle des seconds négative.

Mais, si le capital est une quantité continue, il peut avoir un terme. Ce terme peut être indéfiniment reculé. Le capital peut durer à perpétuih^, ou il peut s’user après un certain délai. Suivant son espèce, il peut s’user plus ou moins vite. En tant qu’il produit un profit continu, il peut être supposé le faire à certaines périodes définies ; et la valeur de tout le capital est la valeur présente du total des profits dans ces périodes.

Voici un exemple. Si quelqu’un achète une terre, le prix qu’il paie n’est pas la valeur du produit actuel de cette terre, mais le montant de la valeur présente de tous les produits futurs supposés. Ces profits existent entièrement dans l’avenir, et par conséquent sont négatifs. La valenr des actions de chemin de fer, de banque et autres se calcule toujours sur la même base. Si l’on n’a pas l’habitude d’exprimer ces transactions avec ces termes explicites, telle en est du moins la nature véritable.

Non-seulement la terre et les actions ont une puissance productive , susceptible d’être vendue , mais l’habileté, le jugement et la réputation du négociant forment aussi un capital ; et le négociant peut vendre le droit aux profits futurs de son négoce, tout aussi bien qu’on peut vendre les profits futurs de la terre. Dans cette opération apparaît toujours le signe négatif, notamment au

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