‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 126 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

moyen des billets à ordre et des autres instruments de crédit. Ces instruments sont toujours marqués de ce signe, et l’erreur universelle des économistes est de supposer qu’ils doivent être retranchés de la présente propriété du négociant. C’est là une erreur profonde. Ils ne sont autre chose que des engagements de payer à une époque ultérieure , et le crédit , par suite , est analogue aux produits futurs de la terre, aux dividendes futurs. Le droit ou le privilège de toucher ces futurs profits est une propriété existante, qui peut se vendre et s’acheter.

Après avoir donné ces explications , M. Macleod se propose d’étudier de près les différentes espèces de capital , d’après les principes de l’économie politique qu’il professe. Ce qui l’amène d’abord à accuser la notion fondamentale de la valeur.

Les deux écoles fondées par Quesnay et Turgot, d’une part, et par Adam Smith de l’autre , s’accordent en ce point qu’ils virent dans la valeur une qualité ou un attribut attaché à quelque chose. Elles diffèrent sans doute dans les détails, mais leur principe commun est que la valeur réside dans un abjet. Contre ce principe s’élève une objection sans réplique; c’est que si la valeur consiste en quelque chose d’inhérent à l’objet lui-même, la valeur de l’objet ne peut changer tant que cet attribut reste le même. Ainsi Ricardo, qui fait du travail la source de la valeur, est logique quand il soutient que le même travail produit toujours la même valeur, et qu’une marchandise produites par la même quantité de travail est d’une valeur invariable. 11 suffit d’un peu de réflexion pour reconnaître finexactitude de celte doctrine, car la valeur des choses produites par la même quantité de travail peut être fort différente. D’après ces économistes, en étudiant la valeur de la terre, nous devrions envisager quelque qualité particulière à la terre, par exemple les dépenses faites pour la mettre dans

l’élat où elle se trouve , ou sa fertilité. Mais est-ce là un procédé exact? En ne tenant pas compte de ce que la valeur de la terre dépend dans une forte proportion du taux moyen de l’intérêt, étant trois fois plus grande lorsque ce taux est de 3 p. 0/0 que lorsqu’il est de 9 p. 0/0, on peut poser celte question : Si les habitants de l’Angleterre, comme autrefois les Phocéens, émigrent collectivement, que deviendra en Angleterre la valeur de la terre? Que deviendra la valeur des maisons? La terre et les maisons resteraient telles qu’elles sont, et leur valeur aurait disparu. Il est donc parfaitement clair que la valeur de la tei re doit être cherchée ailleurs que dans la terre ellemême.

Où est donc la source de la valeur de la terre en Angleterre, si elle n’existe pas dans la terre elle-même? C’est à Aristote que nous devons le demander. Le fondateur de l’économie politique a déclaré que les besoins elles désirs des hommes sont la source de la valeur, et que la quantité d’argent ou d’autre chose qu’ils donnent pour acquérir ce qui leur convient est la mesure de la valeur. C’est la vraie conception sur laquelle repose l’économie politique. La source de la valeur de la terre en Angleterre est dans le besoin que les habitants éprouvent d’être nourris et vêtus, et de leur disposition à donner quelque chose en échange des produits de ladite terre. Un tel besoin est permanent. Si les habitants cessaient de réclamer de la nourriture et des vêtements, s’ils changeaient de goûts et désiraient une nourriture et des vêtements produits hors de l'Angleterre, la valeur de la terre périrait sur-le-champ dans ce pays.

Telle est la notion générale de la valeur de la terre. C’est une source d’où découle un revenu annuel, parce qu’elle fournit quelque chose dont les hommes ont besoin. Et les hommes appliquent leur argent et leur travail à la culture du sol et à l’élève du bétail, parce qu’ils comptent sur la

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