‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 127 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

permanence de la valeur qu’ils obtiendront. Et la valeur d’un bien-fonds s’établit par le calcul, d’après certaines règles, de la valeur présente de tous les revenus annuels à perpétuité.

Mais cette conception peut être généralisée ; et il est permis d’affirmer que si les hommes réclament d’une manière continue un service quelconque , et sont disposés à en payer le prix, le revenu annuel, ou la somme annuellement payée pour obtenir ce service, peut être capitalisé, et constituer un grand fonds. Ainsi, le désir constant des hommes pour les services des jurisconsultes et la certitude qu’on continuera de les payer, créent un grand fonds immatériel, la jurisprudence, et déterminent des gens à appliquer leur argent et leur travail à l’étude des lois. Ainsi, la certitude qu’on continuera de réclamer et de rémunérer les services des médecins, crée un grand fonds immatériel, la médecine, et détermine des gens à appliquer leur argent et leur travail à l’étude des sciences médicales. Ainsi encore les besoins des hommes ont fait naître un autre grand fonds immatériel, l’Église.

Et comme il se produit de nouveaux besoins, qu’on satisfait volontiers à prix d'argent , de nouveaux fonds immatériels apparaissent. C’est ainsi que dans ces derniers temps la demande des canaux et des chemins de fer a fait paraître un nouveau fonds immatériel, le génie civil.

De même, la nécessité qu’ont les hommes d’être défendus contre leurs ennemis sur terre et sur mer, et leur disposition à rémunérer cette défense, créent deux grands fonds immatériels, 1 armée de terre et l’armée navale.

Dans les temps barbares, on n’a guère que des besoins matériels, et par conséquent il n’existait guère alors que des propriétés matérielles. Mais dans la suite il naquit de nouveaux désirs, de nouveaux besoins furent créés, et les hommes furent disposés à donner de l’argent pour des

produits agréables à leur esprit. Ils furent disposés à acheter des livres, et delà un grand fonds immatériel, la littérature. Le goût des arts aussi naquit, et il s’ensuivit des fonds considérables, soit incorporés dans une forme matérielle, des tableaux et des statues, soit dans les formes immatérielles de la musique, de la danse et du drame.

Et il en est de même pour tout le catalogue des métiers et des professions. C’est la demande du public qui leur communique la valeur.

Tous ces fonds , la terre, le bétail , la jurisprudence, la médecine, l’Église, le génie civil, l’armée de terre et l’armée navale, la littérature , les arts et toutes les industries diverses constituent chacun un vaste domaine dérivant leur valeur d’une source commune, les besoins du genre humain et sa disposition à acheter leurs produits. De même que c’est ce désir et cette disposition qui les font naître et qui leur donnent de la valeur, la cessation de l’un et de l’autre annihilerait immédiatement leur existence.

Si les hommes cessaient de s’occuper des arts et de la littérature, les arts et la littérature cesseraient d’exister. Si le geure humain inaugurait le règne de la paix universelle, les services militaires et maritimes cesseraient également. Sous le règne de Georges III, la mode des perruques rondes et des boucles de souliers en acier cessa tout à coup. Ces industries furent ruinées et tout leur capital détruit, ce qui causa une grande détresse.

Ainsi, tout besoin nouveau ou tout nouveau désir donne l’existence à un nouveau capital. Ainsi, tout changement de mode , toute disparition d’un besoin ou d’un désir, anéantit un capital existant.

Tous ces grands fonds, la terre et les produits matériels, la jurisprudence, la médecine , les arts et la littérature, les connaissances en matière de commerce et de manu-

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