I. CAPITAL
facture, sont chacun transmissibles et peuvent être matière à héritage. Nul doute qu’ils ne se transmettent de différentes manières; mais le principe général est toujours vrai. Il n’est pas question de produire le génie à volonté; mais dans chacun des fonds immatériels, dans le commerce, dans les manufactures , il s’accumule des trésors de connaissances, qui augmentent de génération en génération , qui se transmettent aussi bien que des produits matériels , et constituent de même des richesses ou des éléments économiques, et continuent de l’être tant que les hommes continueront à en avoir besoin et à les payer.
• L’argent et le travail qu’on dépense pour acquérir des connaissances et exercer son habileté dans une profession utile, sont, sous tous les rapports, du capital, tout aussi bien que l’argent et le travail dépensés pour cultiver le sol, ou placés dans un produit matériel quelconque.
On arrive ainsi à la grande loi de l’économie politique :
(( C’est la demande, ou la consommation, et non le travail, qui donne de la valeur à la production.» Et on adopte dans toute sa généralité la formule de M. Senior : « Toute source, matérielle ou immatérielle, qui produit quelque chose d’échangeable, est un capital.
M. Macleod passe maintenant à une question qui a soulevé bien des débats, celle de la nature d’une espèce particulière de propriété.
Lorsqu’un gouvernement désire exécuter une grande entreprise, qui exige des ressources extraordinaires, ou a besoin de faire un emprunt considérable en temps de guerre, il s’engage à payer une annuité, soit à terme , soit à perpétuité. Cet engagement donne de la valeur aux souscriptions, lesquelles peuvent être transférées ; les papiers justificatifs de cette propriété sont appelés les fonds publics.
Les opinions les plus différentes ont été émises sur le point de savoir si ces fonds font ou non partie de la ri-
cliesse nationale. Comme on les désigne aussi sous le nom de dettes publiques, nombre d’esprits pensent qu’il faut avoir la tête égarée pour supposer que les dettes de l’État sont un élément de la richesse publique. Et des économistes très-distingués soutiennent que le revenu des rentiers ne peut pas être considéré comme tel. J. -B. Say, dans son Cours d’ Economie politique , reproche à M. De^ fresne de Saint-Léon de voir dans les fonds publics une partie de la richesse sociale, par la raison qu’ils consistent uniquement dans un titre accordé au créancier de l’État de prendre sa part des impôts futurs, ce qui n’augmente nullement le total du capital et du revenu du pays. M. jVlill, après avoir mentionné l’hypothèque, sur la nature de laquelle, du reste, il se trompe, s’exprime ainsi : «La situation des renUers est analogue. Us possèdent une hypothèque sur la richesse générale du pays. L’annulation de la dette de l’État serait , non une destruction de richesse, mais un transfert , une spoliation coupable d’un certain nombre de membres de la société au profit du gouvernement ou des contribuables. Les fonds publics ne peuvent être réputés une partie de la richesse nationale. C’est ce que n’ont pas toujours compris les statisticiens. Par exemple , dans les relevés des revenus du pays , calculés sur les produits de la taxe du revenu , les revenus provenant des fonds publics ne sont pas toujours retranchés; bien que les contribuables soient imposés sur la totalité de leurs revenus nominaux, sans déduction de la partie perçue sur eux à titre d’impôts pour composer le revenu du rentier. Dans un tel calcul, par conséquent, une portion du revenu général du pays est comptée deux fois et le total est grossi d’environ 30 millions de livres. Un pays, toutefois, peut comprendre dans sa richesse, les placements de ses habitants à l’étranger, et toutes autres dettes qu on a envers eux au dehors. Mais c’est seulement une