‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 132 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

en ce qui touche l’économie politique, se divisent en deux catégories distinctes. En premier lieu , certaines choses que nous pouvons acheter , existent au moment de notre achat. Si nous achetons une montre, elle existe présentement tout entière. Nous pouvons l’acheter pour nous en servir d’une manière continue, pour durer toutenotre vieou un temps indéfini. De même pour le pain ou d autres aliments; nous les achetons dans un état de complète existence. Ils sont achetés, il est vrai, en vue d’une destruction immédiate, et non pour un usage continu. De même encore pour les vêtements ; mais ils durent davantage, et sont destinés à un usage continu. Les meubles, les livres, les voilures, les chevaux sont dans le même cas. Tous ces objets sont achetés pour servir d’une manière plus ou moins continue, suivant le cas. Mais le trait qui leur est commun, c’est qu’au moment de l achat ils existent complets , et capables de servir et d’être possédés immédiatement.

Mais ces objets ne composent qu’une très- faible partie des choses qui peuvent devenir la matière de la propriété. La partie incomparablement la plus considérable de ces choses n’a pas une existence actuelle ; elle n arrive à 1 existence que dans des périodes futures. Tels sont les éléments de la valeur de la terre , les fonds publics, les annuités, les actions des entreprises commerciales de toute espèce, banques , chemins de fer, compagnies d’assurance, et le crédit commercial. Le caractère essentiel de toute cette catégorie de propriétés, qui, d’après sa simple énumération, comprend les dix-neuf vingtiènies delà propriété existante, au moins en Angleterre, consiste à ne pas pouvoir servir ou être possédée sur-le-champ. Son usage et sa puissance ne peuvent se réaliser qu’à des périodes définies. Mais, quoiqu’ils soient futurs, le droit qu on y a est présent, et peut être acheté et vendu. En fait , la valeur pré-

sente de toutes ces périodes futures d’usage et de jouissance est la valeur de propriété.

On peut soutenir que l’étude de la théorie de la propriété est indispensable à celui qui étudie l’économie politique; vérité qui a été généralement méconnue. M. Macleod saisit cette occasion de recommander les écrits sur cette matière de deux de ses compatriotes, de MM. Williams et Leake. 11 cite l’extrait suivant de ce dernier : «L’entière propriété d’une chose est le droit à l’usage entier de la chose. Les choses diffèrent dans leur usage suivant leur nature; quelques-unes périssent à l’usage, quelques-unes par des causes indépendantes de l’usage; mais elles servent d’une manière continue tant qu’elles durent. Certaines, comme la terre , sont indestructibles, et fournissent un usage continu, uniforme et constant à perpétuité. De toutes ces choses, la terre est le type, c’est-à-dire une chose indestructible par sa nature, illimitée dans sa durée, constante et uniforme dans ses qualités, possédant au plus haut degré foutes les qualités que d’autres matières de propriété ne possèdent qu’en partie et à un degré restreint.» M. Leake conclut que la loi de la propriété de la terre peut être appelée la grammaire de la loi de la propriété en général.

M. Macleod adhère à cette idée, et ajoute que la théorie de la valeur de la terre est la grammaire de la théorie de la valeur en général. En conséquence, il se met à approfondir la nature de la valeur de la terre.

Lorsqu’on qualifie d’énorme la valeur de la terre de la Grande-Bretagne, on ne sait pas ce que cela veut dire; mais quand on dit 2 milliards delivres, qu’est-ce que cela signifie? Cela veut-il dire que la valeur du produit existant atteint ce chiffre? Non, certes. La valeur de la terre consiste en ce qu’elle produit annuellement quelque chose dont les hommes ont besoin , et qu’ils sont disposés à payer , ou en échange de quoi ils donnent quelque autre

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