‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 133 sur 187 · I I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I I. CAPITAL

j produit ou quelque service. 11 s’ensuit que, l’usage et la

jouissance de la terre aie pouvant se réaliser que dans des périodes successives , personne ne peut user et jouir de toute sa propriété en terre. Les produits successifs ne pouvant être hâtés, personne ne peut la dissiper toute en- I tière comme il pourrait le faire d’une propriété se trouvant

dans un état complet d’existence. Des familles, propriétaires d’un Voiste domaine, peuvent gaspiller leur produit 5 annuel , mais non dissiper leur capital. 11 en est dans di-

I vers pays qui ont conservé la même terre durant des

j siècles.

I Mais avec la monnaie apparaît une nouvelle faculté. Si

I les propriétaires ne peuvent vendre les produits de leur

I terre qui ne doivent exister qu’au bout de quelques an-

I nées , ils peuvent vendre leurs droits à percevoir ces pro-

I duits. Le produit de chaque année est la matière d’une

propriété distincte , et toute la série à perpétuité est une série de propriétés distinctes, qui, séparément ou collectivement, en quelque nombre que ce soit, peuvent être vendues ou échangées. Voici comment se calcule leur va- \ leur présente.

11 a été dit que le capital est une quantité croissante,

que son accroissement continu peut toujours être capitalisé et employé de manière à produire un nouvel accroissement. L’accroissement des différentes espèces de capital j I a lieu, il est vrai, à des taux différents; mais il a toujours la capacité de s’accroître dans une proportion géométrique, sans , du reste , par des raisons diverses , suivre tou- 1 jours cette proportion. Cette loi, applicable au capital en

[général, régit l’argent comme les autres espèces de capital. Si donc de l’argent est placé et s’accumule, il s’accroîtra à intérêt composé ou dans une proportion géométrique; et V il est facile de savoir à quel chiffre s’élèvera une somme d’argent dans un certain nombre d’années, à un taux

donné d’intérêt. 11 ne l’est pas moins d’effectuer l’opération inverse et de trouver le chiffre, dans le temps présent, d’une somme à payer dans un certain nombre d’années à un taux donné d’intérêt. Ce chiffre est ce qu’on appelle la valeur présente d'un payement futur.

Or, le produit de la terre dans une année ultérieure peut être évalué en argent, et la valeur présente de cet argent peut être calculée. 11 peut en être de même pour toutes les années futures à perpétuité, et le montant de la série de ces valeurs futures est le total de la valeur présente de la terre à perpétuité. Bien que cette série soit infinie, cette somme est une quantité définie qui peut être aisément calculée. La valeur de la propriété en terre peut encore être échangée pour de l’argent comme toute autre marchandise, et le propriétaire peut se servir et jouir de sa valeur entière.

Pour faire comprendre comment la valeur des choses peut varier sans que les choses elles-mêmes éprouvent de changement, et de quelles considérations morales elle dépend, on signalera la différence de la valeur de la terre causée par une différence dans le taux de l’intérêl. Comme • la valeur présente de chacun des produits annuels est calculée à intérêt composé, plus le taux de l’intérêt est élevé, plus ces produits diminueront de valeur. Si le taux de l’intérêt est élevé, la valeur de la propriété entière sera donc beaucoup moindre que s’il est bas. Pour trouver la valeur d’une annuité perpétuelle de 20 fr., nous n’avons qu’à diviser 100 par le taux de l’intérêt, et le quotient sera la valeur présente de l’annuité. A raison de 10 p. 0/0, ce sera 10 fr.; à raison de 3 p. 0/0, ce sera 33 fr. 33 c.

Ainsi, nous arrivons à la conception fondamentale que la valeur vénale de la terre consiste dans le droit d’en percevoir les produits annuels. Nous reconnaissons qu’un simple droit de recevoir une chose qui n’a pas d’existence

Page 1