‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 134 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

dans le présent, est une entité ou un élément économique, qui peut être vendu et acheté comme article existant. C’est un simple droit de jouissance à venir, et, suivant ce qui a été dit concernant les quantités négatives, il doit être rangé parmi ces dernières. On peut dire, sans métaphore forcée, qu’un homme qui a acheté une terre, lui doit un payement annuel; et cela est surtout évident lorsqu’il l’afferme à un cultivateur qui s’oblige à lui servir une rente annuelle. Chaque obligation de payer cette rente annuelle est une entité économique indépendante, tout comme si elle était incorporée dans un billet à ordre.

L’entière propriété de la terre consiste dans le droit de recevoir tous les profits qui peuvent y être obtenus, soit sur la superficie, soit au-dessous. Mais ces profits sont de la nature la plus différente. La propriété peut être partagée entre un nombre quelconque de parcelles. Est-il nécessaire de remarquer que chaque portion est un élément économique et peut être vendue et échangée séparément?

La valeur de la terre, cette valeur type , étant bien étudiée, M. Macleod entreprend de montrer l’analogie entre elle et beaucoup d’autres. « Nous trouvons en premier lieu , dit-il, deux cas de capital et de son produit : l’un dans lequel le capital et le produit sont également matériels, l’autre où la matérialité du capital subsiste, mais où le produit est immatériel; dans l’un et dans l’autre cas, ils sont chacun des éléments économiques. Nous en trouvons de plus deux autres , corrélatifs aux deux premiers : l’un où le capital , ou la source des produits, est immatériel ; et l’autre, où la matérialité n’existe ni dans le capital ni dans le produit. En tout quatre cas. Quand nous aurons passé en revue toutes ces espèces de propriétés, nous nous ferons une certaine idée de l’importance de la propriété en Angleterre, et du domaine de l’économie politique. »

Les chemins de fer et les canaux sont tout d’abord exa-

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minés. Il est évident que ce que nous pouvons appeler la source ou J instrument de l’annuité , la voie ferrée ou le canal, est créé et entretenu à grands frais, est matériel et visible, comme la terre. Mais le service que la voie ferrée ou le canal est capable de rendre , et qui produit les profits, est-il aussi matériel? D’où dérivent les profits? Ils sont fournis par le public en échange du service, savoir du transport des personnes et des marchandises; ce qui est purement immatériel. Cependant ce service, qui ne peut être ni manié ni vu, a une valeur qui peut être mesurée; il peut être échangé comme du blé et du bétail, et, comme ces articles, est une source de revenu.

^ Bien que la voie ferrée ou le canal ait coûté beaucoup d’argent , la valeur des actions est sans rapport avec les frais de construction , elle dépend entièrement de l’afll uence du public. La voie ferrée et la route navigable sont des éléments parfaitement distincts des opérations qui s’y exécutent, et elles doivent en être distinguées. En fait, elles peuvent être séparées. Lorsque les premiers chemins de fer furent construits en Angleterre, il fut entendu que la propriété du chemin lui-même et la propriété de l’exploitation seraient distinctes. Mais on reconnut que la séparation aurait des dangers, et que la sécurité du public exigeait la réunion de la route et de l’exploitation dans les mêmes mains. Mais les mêmes raisons ne s’appliquent pas aux canaux. La propriété du canal même et la propriété de 1 exploitation sont presque toujours en des mains différentes, le représentant de la seconde payant un péage ou une rente au représentant de la première. Or, le canal est évidemment une propriété matérielle , et les opérations dont il est le théâtre sont immatérielles, tout en produisant un revenu aussi bien que le blé et le bétail.

Or, en ce qui touche ces voies de communication, c’est la propriété immatérielle qui donne la valeur à la'pro-

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