‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 135 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

priété matérielle. C’est l’affluence du public qui fait toute la valeur de la voie ferrée ou du canal, de même que la demande du blé et du bétail par le public fait la valeur de la terre. S’il n’y avait pas de demande pour leurs services, ils n’auraient aucune valeur, quelque somme qu’ils eussent coûté. 11 y a plus, ils seraient peut-être des objets d’encombrement. Si la demande de leurs services cessait, leur valeur cesserait de même, quelle qu’eût été leur valeur antérieure. Il existe en Angleterre bien des cas de canaux qui ont eu une très-grande valeur, et que la concurrence des chemins de fer a ruinés entièrement.

Ce sont là des exemples du second cas ci-dessus mentionné, où la source ou l’instrument de la production, c’est-à-dire le capital, est matériel, et où en même temps toute la valeur de ce capital matériel dépend d’un produit immatériel. Ici ressort de nouveau la vérité de la grande loi que c’est la demande ou la consommation, qui donne à la production la valeur.

Dans les cas dont il vient d’être question, la dépense de capital pour créer l’instrument qui doit rendre le service est si considérable , que le profit est souvent réputé presque uniquement le profit de cette somme ainsi dépensée. Et en fait , on peut admettre sans exagération que c’est l’instrument qui produit le service. Nul doute que du travail humain est mis dans l’emploi des machines; mais il y en a aussi beaucoup dans la culture du blé ! Cependant nous voyons dans le blé le produit de la terre plutôt que celui du travail , parce que, après tout, la terre est l’élément qui y prédomine, et que le travail de l’homme n’est que subordonné. II enestde même pour les voies ferrées et pour les canaux, ilssontaussilesélémentsqui prédominent, tandis que le travail des hommes et celui des chevaux sont subordonnés. L’élément matériel en pareil cas est le principal, et le travail, bien qu’indispensable, est l’accessoire.

27t) EXPOSÉS PARTICULIERS.

Mais il y a beaucoup de compagnies de commerce , où I importance de l’élément matériel tend incessamment à diminuer, et celle de l’élément humain à s’accroître, jusqu’à ce qu à la fin le premier devienne insignifiant, accidentel, et n’existe plus que par suite de la nécessité où sont les hommes d’avoir quelque endroit pour y résider. Les opérations effectives sont exclusivement humaines. Ainsi, dans les grandes compagnies de banques et d’assurances, l’instrument matériel dans lequel les opérations s’effectuent est tout à fait'Subordonné aux opérations ellesmêmes. La valeur des édifices est une simple fraction du capital. La valeur des actions est entièrement réglée par la valeur des opérations, laquelle est une entité purement immatérielle. La valeur des actions dans la banque de Londres et de Westminster ne dépend nullement de celle de la maison où elle habite, ni même de la quantité d’argent qu’elle a réunie ou de son capital primitif, lequel ne forme qu’une limite au-dessous de laquelle elle ne doit pas tomber. Elle dépend des opérations gigantesques créées pari habileté des administrateurs de la compagnie. Cette habileté peut-elle être vue ou maniée, et forme-t-elle un objet matériel? Nullement. Elle est tout immatérielle; mais elle peut être mesurée dans sa valeur avec autant

d exactitude qu’un colis de fromages, et peut se transmettre de même.

En quoi consiste la valeur des actions dans ces vastes ( ompagnies? Dans le droit de prendre part aux profits futurs des opérations; droit immatériel dans une entité immatérielle.

C'est peut-être le lieu de dire ici quelques mots sur la nature des actions des compagnies de commerce, telles qu’une banque. Quelques-uns croient peut-être que le total des actions, dans une banque, représente le capital, et ne forme qu’un avec lui. Si le capital est de 1 million.

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