I. CAPITAL
et que des actions pour une somme équivalente soient créées et distribuées, on pourra supposer que les actions ne forment qu’une même propriété avec ce capital. Or, c’est là une erreur profonde. En premier lieu, il est évident que, s’il en était ainsi, les actions n’excéderaient jamais le capital en valeur. Chaque actionnaire aurait seulement le droit de rentrer dans l’argent qu’il aurait versé. Mais lorsque l’actionnaire donne son argent pour former le capital de la banque, la propriété de cet argent lui a entièrement échappé; elle a passé à la compagnie, qui est un être distinct de ses membres. Lorsque l’actionnaire remet l’argent à la compagnie, il reçoit en échange une action. Et qu’est-ce qu’une action? Est-ce un droit individuel à une part du capital primitif? Non certes. Excepté dans le cas extrême d’une dissolution de la compagnie, un actionnaire n’a pas ce droit. Qu’est-ce donc que l’action? C’est le droit à une certaine portion des profits à réaliser par les opérations de la compagnie. L’actionnaire cède sa propriété et reçoit le droit de partager les profits à venir.
Il est donc d’une parfaite évidence que l’argent versé et le droit de participer aux profits, c’est-à-dire le capital et les actions , sont deux propriétés distinctes. Et il est fort possible que le capital de la compagnie soit entièrement détruit et que ses actions aient une immense valeur. En premier lieu, le capital argent peut avoir été transformé en d’autres objets qui n’auraient aucune valeur s’ils étaient divisés ou mis en pièces. Le capital argent d’une compagnie de chemin de fer a été transformé en terrassements , en dessèchements , en souterrains , en ponts , en bâtiments pour les stations. Quelle valeur auraient ces objets vendus séparément? Si la demande pour un chemin de fer venait à cesser, le capital primitif se trouverait presque entièrement détruit. Dans le cas d’une banque ce serait différent, parce que le capital, en supposant qu’il n’ait
Li.ürSt
pas été perdu dans les opérations, reste sous forme d’argent et peut être réparti entre les actionnaires dans le cas une dissolution. Mais dans ce cas même la même rèffle est jusqu a un certain point applicable. 11 y a certaines ques dont les actions ont haussé de 200 p. 0/0 au delà
f ' capital primilif réparti entre
les actionnaires , recevraient-ils en argent la valeur des
actons au taux d’avant la dissolution ? Non assurément.
i.nu * T® actions d'une banque peuvent avoir grande valeur, lorsque sou capital a disparu. La va-
mlfr t'es opé-
rab^s organisées par la Banque. Or, en les organisant, la
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exëlinle t è capital primitif. Voici un
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l<v. sierl., et le total de nn million. Mais leprix courant de
actions est de 50 liv. sterl., soit 2,500,000 liv. sterl pour leur valeur totale. Ce chiffre est la propriété des ac-
ZnZT ^‘'.PP'’*^ q^ala banque soit dissoute demain et que le capital soit partagé entre les actionnaires
■espéreront-ils loucher 2,500,000 liv. sterl. en espèces?
Ils ne 1 espéreront nullement. Ils savent parfaitement
a^rdHa ’T’"?® PO- sous le rapport de la valeur le capital et les actions. Et pourtant les actions ont une valeur réelle, bien qn’il n> ait pas d argent pour les représenter. La banque est vis-à-vis des actions comme si elle avait louché dans l’origine
2 millions et demi et en avait perdu un et demi en Cdant ses présentes opérations.
L’argent versé comme capital est ainsi analogue à la erre, au chemin de fer ou au canal. Les actions repré-