I. CAPITAL
sentent la valeur des opérations créées par l’habileté des administrateurs. Deux choses distinctes. Les actions sont vis-à-vis du capital dans le même rapport que la valeur de la terre vis-à-vis de la terre elle-même. La terre étant la source ou l’instrument de l’annuité, et la valeur de la terre étant l’annuité elle-même, c’est comme le rapport qu’un navire a avec les profils à réaliser de son emploi.
Ces cas d’une compagnie de banque ou d’assurances, et celui d’un navire, suggèrent quelques observations intéressantes. Quand nous admettons le capital, ou la source du revenu comme une propriété distincte du revenu lui-même, quelques-uns, en ce qui touche les cas du chemin de fer ou de la terre, pourront soutenir que c’est la valeur du produit qui leur donne la valeur, et que, si le revenu venait à cesser, le capital ne vaudrait plus rien, que, par conséquent, ils ne formaient qu’une propriété. Cet argument est plausible, en tant qu’il s’applique en apparence à ces cas particuliers, mais il n’est pas vrai en thèse générale. Dans le cas du chemin de fer, le capital argent primitif a été transformé en quelque chose qui n’a pas de valeur générale échangeable. Une voie ferrée n’a de valeur que comme voie ferrée. Si la voie ferrée ne rapporte pas dans un endroit, il n’est pas possible delà convertir en une autre propriété, ou de la transporter dans un autre endroit où elle serait d’un meilleur rapport. Elle a donc de la valeur dans un endroit particulier, ou elle n’en a pas du tout. Mais lorsque le capital primitif subsiste sous la forme d’or ou d’argent universellement échangeable, ou est converti en quelque chose d’échangeable et de convertible, le cas est différent. Ainsi le capital d’une banque ou d’une compagnie d’assurances subsiste sous la forme d’argent, dans l’hypothèse qu’il n’y a pas eu de pertes, ou qu’il a été échangé contre quelque chose qui peut être rétabli en argent, comme des billets à ordre, des fonds pu-
EXPOSÉS PARTICüLlErtS.
biles. Si les opéralions de ces établissements sont maiiieureuses, et par suite les profits anéantis, le capital peut toujours trouver un autre placement, et rester intact. Il est donc évident que le capital primitif et les profits dérivant des opérations sont deux propriétés distinctes. De meme, dans une compagnie de navigation, le capital primitif est con verti en navires. Si la compagnie ne réussit pas et ne réalise pas le profit, les navires ont encore de la valeur et peuvent être vendus, avec chance de réussir dans d autres opérations. Et il est évident que les navires constituent une propriété particulière, distincte des profits De là résulte cette loi générale :
Dé capitai, 1 instrument, la source du profit, est une propriété distincte des profits réalisés.
Dans quelques cas la valeur du capital subsiste, et la valeur des profits également.
Dans d’autres cas la valeur des profits subsiste, tandis que celle du capital disparaît.
Dans d’autres cas la valeur du capital subsiste, tandis que celle des profits disparaît.
Dans d autres cas, enfin, la valeur des profits et celle du capital disparaissent à la fols.
Le résultat poursuivi dans tous ces développements est atteint maintenant, et il est, on le croit, démontré que les actions des compagnies sont des propriétés distinctes et indépendantes. Elles sont, d’ailleurs, purement immatérielles, car il va sans dire que le morceau de papier où elles sont inscrites n’est que la preuve d’un droit qui pourrait exister sans preuve aucune. Elles sont, par conséquent, une propriété immatérielle, non incorporée dans une matière, pouvant être transférée comme une propriété matérielle; une propriété réelle comme l’or et l’argent; et elles font partie de la richesse publique. Non-seulement les actions d’une grande compagnie ont