‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 142 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

tique dans la catégorie des sciences mathématiques et physiques. 11 ajoute que tout capital a la faculté de s’accroître en proportion géométrique, l’accroissement pouvant toujours être capitalisé et produire un accroissement nouveau. Cela est dans la nature, puisque la valeur de toutes les an- ' imités doit être calculée à intérêt composé pour donner un résultat rationnel. Ainsi , la population, le blé, le bétail, l’argent, etc., ont également la faculté de s’accroître dans cette proportion. C’est une preuve de l’entière inexactitude de la doctrine de Malthus, que la population tend à s’accroître dans une proportion géométrique, taudis que les subsistances ne peuvent être accrues que dans une proportion arithmétique.

Il y a un grand nombre de problèmes économiques auxquels les principes du calcul différentiel sont directement applicables.

Lorsqu’il est question de cause et d’effet, on imagine communément que l’effet doit être proportionné avec la cause, c’est-à-dire que, si nous accroissons la cause jusqu’à un certain point, nous obtiendrons un effet pareillement accru. Mais les esprits familiers avec les sciences physiques savent que c’est là une grande erreur. 11 y a une multitude de cas en physique, où, par l’accroissement de la cause jusqu’à un certain point, un accroissement d’effet est obtenu. Mais, la cause étant accrue au delà de ce point, l’effet commence à décroître. A un certain point, l'effet a atteint son maximum. L’économie politique offre des cas analogues.

On pourrait bâtir des maisons qui dureraient mille ans, en employant à leur construction ce qu’il faudrait d’argent et de travail. Mais on sait que ce serait moins avantageux que de les bâtir pour une plus courte durée. Bâtir des maisons pour durer au delà d’un certain terme est donc une mauxaise économie. D’un autre côté, bâtir des ?nai-

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sons pour durer trop peu, dix ans seulement, par exemple, serait également une mauvaise économie. 11 y a donc entre dix et mille ans un point particulièrement avantageux, ce qu’on appelle un maximum d’avantage. Le découvrir constitue un problème dans le calcul différentiel.

Des vieillards, notamment dans les hautes terres d’Écosse, s’aftligent, comme d’une décadence, du système moderne eu matière de linge. Autrefois le linge était fabriqué par les habitants des villages, au moyen de métiers à la main, et si excellent qu’il durait plusieurs générations. Le linge moderne, fabriqué à la mécanique, est beaucoup moins durable, mais il coûte trois fois moins. Payer trois fois moins et avoir une étoffe trois fois moins durable, est une meilleure économie que de mettre trois fois plus d’argent dans une étoffe durant trois fois plus.

Le même raisonnement s’applique à l’agriculture, et fait ressortir l’inexactitude de la théorie de la rente de Ricardo. D’après Ricardo, les meilleures terres sont toujours cultivées les premières. Lorsque les terres de seconde qualité sont mises en culture, la rente commence sur les premières, et chaque accroissement de produit est obtenu par un emploi croissant de travail et (d’argent, la dépense croissant dans une plus forte proportion que le produit. Quiconque a une certaine notion de l’agriculture sait combien cette assertion est erronée. Dans une multitude de cas on peut employer de l’argent et du travail sur la terre, de manière à augmenter le produit dans une proportion Iieaucoup plus forte. Sans doute il n’en est pas toujours ainsi; mais c’est une question de maximum. De nouvelles découvertes scientifiques , de nouveaux engrais, de nouvelles méthodes de culture, peuvent donner et donnent en i‘{îet des produits qui excèdent de beaucoup l’accroissemeut de la dépense. Le maximum paraît très-loin d’avoir éié jusqu’ici découvert, et il est très-difficile de pré-

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