I. CAPITAL
voir jusqu’où iront les progrès de la science agricole. Le nouveau système de drainage , par exemple , donne des produits notamment supérieurs au capital employé. Les améliorations agricoles ont été reconnues dans les dernières années, en Angleterre, les meilleurs des placements. Les résultats donnés par le guano ont dépassé sensiblement les frais. En réalité, les progrès de la science agricole ont renversé de fond en comble la théorie de la rente de Ricardo et celle de la population de iVIalthus , même si l’une et l’autre n’étaient pas défectueuses à d’autres égards.
Le capital se divise en espèces ; mais de même que son principe fondamental est de dépendre de l’intention et du mode d’emploi , et nullement de la nature de l’objet luimême, ce principe doit présider aux différentes variétés du capital. Les marchandises employées comme capital le sont, on l’a vu, en vue d’un profit obtenu par un échange. Or, il peut arriver deux cas : ou l’article peut être cédé, et tout le profit réalisé en une seule opération; ou l’article peut rester la propriété du capitaliste, qui retire un profit de son usage, par suite de location ou autrement. Dans ce cas une portion du profit seulement est fait dans chaque opération. Dans le premier cas, donc, le capital entier, avec le profit, doit être remboursé en une opération. Dans le second cas, comme la plupart d^s capitaux se détériorent par l’usage, une portion du revenu fait à chaque opération remplace le capital, et une autre portion constitue le profit.
Adam Smith a distingué deux sortes de capital , le capital fixe et le capital circulant ou flottant. 11 est bien entendu que c’est d’après la manière dont un capital est employé, et non d’après sa nature, qu’il doit recevoir l’une ou l’autre de ces deux dénominations. Le même article peut recevoir un nom différent entre les mains de différents propriétaires. Il peut être un capital circulant dans les
mains de l’un , fixe dans les mains d’un autre, si le premier le produit pour le vendre, et le second pour retirer un revenu de son usage.
Cette distinction peut être formulée ainsi : si le prix total de l’article est fourni par le revenu du pays, c'est un capital circulant; mais s’il n’est retiré (jue l’intérêt de son usage , c’est un capital fixe. Cette distinction est souvent méconnue, et le terme de capital fixe appliqué à des articles d’une certaine nature. Ainsi, les maisons, les terres, les machines, les chemins de fer et les navires sont fréquemment qualifiés de capitaux fixes. Mais c’est là une erreur ; ‘ si quelqu’un emploie son capital à bâtir des maisons en vue de les vendre immédiatement, ces maisons sont entre ses mains un capital circulant; car le prix est payé en une seule opération. Un pareil cas n’est pas rare; mais si un autre en construit pour les louer et en retirer un revenu pour son capital, il possède en elles un capital fixe. Quelques gens achètent des terrains pour spéculer, en vue de les revendre avec profit. La terre entre les mains de ces spéculateurs est un capital circulant; mais si d’autres l’achètent pour la louer à des fermiers ou la cultiver euxmêmes, et pour en retirer seulement un revenu, elle devient pour lui un capital fixe. Il en est de même des machines. La machine que le constructeur exécute pour la vendre au manufacturier est pour eux un capital circulant. Entre les mains du manufacturier, qui l’achète pour accroître, en s’en servant, la quantité de ses produits, et ainsi réaliser un profit , elle devient un capital fixe. Ainsi tous les articles, quelle que soit leur nature, restant entre les mains de celui qui en fait le commerce, c’est-à-dire qui les produit ou les achète poulies vendre ou les revendre avec profit, aussitôt qu’il le peut, sont des capitaux circulants. Dès qu’ils passent emre les mains d’un tiers qui ne fait que réaliser un profit