I. CAPITAL
n’a pas besoin d’être renouvelée. Si je suis propriétaire à la campagne, et que j’afferme ma terre, nul doute que cette terre aura besoin d’être renouvelée , ses qualités étant absorbées et détruites dans ses produits. Mais si je suis propriétaire dans l’intérieur de Londres , en retirant de mon terrain un revenu, comment les qualités de mon terrain disparaîtraient-elles , ou comment seraient-elles reproduites?
Il arrive sans doute qu’une considérable portion du capital comporte l’application de la thèse dont il s’agit ; mais une autre, qui se compte par milliards, y échappe, et dès lors, comme théorie générale, cette thèse doit être rejetée.
Ici, M. Macleod interrompt son exposé sur le capital par une sorte d’épisode, qui se rattache d’ailleurs à tout le reste de l’article, et qui est de la plus grande importance ; car ce n’est rien de moins qu’un résumé de la théorie fondamentale de la valeur.
La demande est l’unique source de la valeur.
U peut y avoir des choses de valeur sur lesquelles il n’a été appliqué aucun travail. Il peut aussi y en avoir sur lesquelles un travail considérable a été appliqué sans qu’elles aient de valeur. Donc le travail n’est pas l’essence^ il est un accident de la valeur.
Il peut y avoir des choses de valeur de tous les degrés de durée, durant à perpétuité ou périssant à l’usage. Il peut aussi y avoir des choses de tous les degrés de durée, qui n’ont point de valeur. Donc la durée n’est pas l’essence, elle est un accident de la valeur.
’’ Il existe une masse énorme de propriétés tout à fait immatérielles, dont la valeur est immense. Il y a également nombre de choses matérielles , qui n’ont pas de valeur. Donc la matérialité n’est pas l'essence, elle est un accident de la valeur.
Ainsi, ni le travail, ni la durée, ni la matérialité ne sont
séparément l’essence de la valeur; ils en sont des accidents, et leur adjonction ne lui est pas nécessaire.
D un autre côté, tout ce que les hommes désirent, tout ce dont ils ont besoin, a de la valeur. Ce qui n'est l’objet ni de leurs désirs ni de leurs besoins n’en a pas. Lorsque le désir d’un homme se porte sur un objet, l’objet a delà valeur; lorsque le désir s’en éloigne, sa valeur disparaît.
Ainsi, la demande est l’unique source de la valeur, et la mesure de la valeur est ce que les hommes donnent pour obtenir ce dont ils ont besoin.
Rigoureusement parlant , toute chose capable d’être échangée est une mesure de la valeur. Dans les premiers temps, lorsque l’échange régnait et que les marchandises étaient échangées directement, chacune était la mesure de 1 autre. Dans les temps modernes , depuis l’introduction de la monnaie, c’est la monnaie qui a été habituellement considérée comme la mesure de la valeur; et, en conséquence, Aristote a dit que la demande est l’origine de la valeur, et que la monnaie en est la mesure. Mais l’introduction de la monnaie, quels que soient les avantages que le commerce en retire , n’affecte nullement la nature des choses; et si l’on a l’habitude de mentionner la monnaie comme la mesure de la valeur des marchandises et des services, les marchandises et les services sont également la mesure de la valeur de la monnaie. Si quelqu’un consent à donner 20 francs pour un hectolitre de blé, les 20 francs mesurent pour lui la valeur du blé. Si l’autre partie consent à donner un hectolitre de blé pour les 20 francs, cet
hectolitre de blé mesure pour lui la valeur de ladite somme.
La valeur dérive des besoins réciproques des hommes. Aucune chose ne peut avoir de valeur par elle-même. La valeur de mon produit consiste en ce que quelqu’un veut me donner quelque chose en échange ; la valeur du pro-