‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 15 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

tous ses gains, il en épargne une portion, sa condition se trouve, à la fin de l’année, d’autant meilleure. Cette épargne représente la partie de ses services pour lesquels il n’a pas reçu encore un équivalent; et c’est ce qu’on appelle un capital. Quelle que soit la somme, tel est le premier germe du capital ; plus le travailleur épargne sur ses dépenses, plus son capital s’accroît. Ainsi l’idée fondamentale du capital, c’est le fonds de travail accumulé, que son possesseur n’a pas encore employé à acheter des marchandises. Ce fonds ne représente nullement des marchandises, mais seulement la faculté, pour le possesseur, d’acheter ce dont il a besoin. Un objet matériel est nécessaire pour le représenter et le mesurer, et c’est l’argent qui remplit cet office. La première signification qu’on attache au mot de capital, est donc celle d’argent. Un capitaliste est un homme qui a de l’argent comptant à sa disposition. Mettre du capital dans une affaire, c’est y mettre de l’argent.

Supposons maintenant que notre ouvrier, en possession d’un capital formé de ses économies ou des économies d’un autre qui les lui aura confiées, se fasse commerçant, c’est-à-dire s’occupe de la circulation des marchandises, en les faisant parvenir des individus qui en ont trop à ceux qui n’en ont pas assez; son opération donnera un nouveau sens au mot de capital. 11 achètera avec son argent les marchandises pour les revendre avec profit, pour retirer 30,000 fr., par exemple, de ce qui lui en a coûté 20,000. A ces marchandises, qui lui servent de moyen pour gagner cette somme, est étendu, par métaphore, le nom de capital.

Ce mot est, également par métaphore, étendu à beaucoup d’autres objets. Le but du travail étant de gagner de l’argent, tout ce qui mène à ce but, est appelé capital. Lorsqu’on emploie son argent comme capital, en vue d’un

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profit, la forme de cet emploi ne change rien au principe. L’un le place dans une ferme, pour en vendre les produits; l’autre, dans l’achat de marchandises, pour les revendre avec avantage; un troisième, dans des études, pour exercer avec profit la profession à lac|uelle elles le préparent. Tous ces modes de placement ont le même caractère pour l’économie politique. Ils doivent être groupés ensemble, sauf les distinctions d espèces : 1 un pouvant être appelé capital matériel, l’autre capital intellectuel ou moi al.

(( Ainsi, ajoute M. Macleod, dans sou sens le plus étendu , qu’il convient d’adopter en économie politique, le capital s’entend de toute chose dont on peut trafiquer, qui peut procurer uîi profit ou un revenu. Toute propriété ou toute qualité que vous possédez et qui vous met à même d’augmenter votre richesse, tout instrument et toute invention, si simples qu’ils soient, qui abrègent le travail et accroissent la production, peuvent être réputés du capital. Les outils d’un artisan, avec son habileté et son travail, forment un capital. L’éducation, les livres, la science d un médecin ou d’un homme de loi, constituent leur capital; telles sont pour le commerçant ses marchandises, avec son habileté et son intelligence; telle est enfin, pour le propriétaire, la terre qu’il possède , soit qu’il l’exploite lui-même, soit qu’il l’afferme. Une bonne réputation sert de capital à des individus à qui elle peut procurer de l’argent ou une honorable position. Pénétrés de ces vérités élémentaires, nous ne serons jamais embarrassés sur la signification du capital, pris, soit dans son sens primitif, soit dans son sens dérivé.

« Mais la probité, l’habileté et l’intelligence d’un homme peuvent lui servir de capital, d’une manière beaucoup plus directe que le capital dont il a été question tout à l’heure, comme moyen direct de faire circuler des marchandises. Lorsque le commerçant a acheté des marchan-

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