‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 16 sur 187 · I. LES DOCTRINES. 2'J · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES. 2'J

dises avec son capital, il a placé une partie de l’expression réalisée de son habileté, de son intelligence et de sou industrie passées. Mais l’instinct commercial a imaginé un moyen de circulation qui devait être l’expression de l’habileté, de l’intelligence et de l’industrie futures; et ce moyen est le crédit. Le commerçant, au lieu d’acheter des marchandises avec de l’argent comptant, est mis en mesure de les acheter avec une promesse de compter de l’argent à un terme futur. En achetant avec de l’argent, il donne le résultat de son industrie antérieure; en achetant avec une promesse de payement, il engage le résultat de son industrie future. L’argent avec lequel le payement des marchandises se réalisera, doit être acquis par son travail, son habileté et son intelligence futures, dans une vente avantageuse de ces marchandises. Argent, travail et crédit, ces trois mots représentent l’industrie passée, l’industrie présente et l’industrie future. Il ne faut pas perdre de vue que ces marchandises n’ont pas été avancées à titre de prêt, mais que la propriété en a été transmise à l’acheteur, soit par un payement immédiat, soit par une promesse de payement. Par conséquent, lorsque des ventes sont faites à crédit, le crédit est un moyen de circulation pareil au capital effectif. »

Le bénéfice du négociant n’est pas le même, lorsqu’il se sert du crédit, que lorsqu’il emploie son capital. Celui qui lui a vendu les marchandises à terme, exige un prix plus élevé que s’il les eût vendues au comptant; il prélève un escompte qui diminue le profit. Mais si le négociant opère avec un profit moindre, il en réalise toujours un, qu autrement il n’eût pas réalisé. Il suit de là, on le répète, que le crédit est du capital, et que le capital et le crédit constituent la circulation.

Si, dans l’origine, les économistes n’envisageaient que le capital matériel, ils ont admis, depuis, le capital Intel-

lectuel, et cela avec raison ; car un capital intellectuel est, pour celui qui le possède, une source de profit, tout autant qu’une ferme ou une fabrique. Il peut périr, sans doute; mais cela ne l’empêche pas d’être un capital, d’être 'une richesse, tant qu’il existe. Tout talent, toute profession est un capital pour celui qui possède le talent, pour celui qui exerce la profession. Le don du chant et celui de la danse sont des capitaux pour les artistes de l’Opéra. Ne dites pas que leur travail ne produit rien de durable; la même objection s’appliquerait à une immense quantité de produits matériels qui sont créés pour être détruits. Personne ne niera, par exemple, qu’un cigare est un capital pour un marchand de tabac.

Ce mot de capital, du reste, s’applique plutôt à la manière d’employer une qualité, qu’à tel objet en particulier. Il est impossible de dire, à première vue d’un objet, que c’est ou que ce n’est pas du capital, puisque c’est son emploi qui le fait l’un ou l’autre. Un fermier possède une certaine quantité de grains; nous ne saurions dire si c’est un capital, jusqu’à ce que nous sachions ce qu’il en a fait. La portion qu’il en sème est effectivement du capital; celle que lui-même consomme n’en est point. Il en est de même des capacités intellectuelles; quand elles sont employées de manière à fournir un revenu, elles constituent un capital.

On n’avait pas jusqu’ici classé sous cette dénomination une masse considérable de propriétés qui n’appartiennent ni à l’une ni à l'autre espèce de capital, mais qui sont des objets d’achats et de ventes, et des articles de commerce, aussi bien que toute autre propriété. Elle comprend tous les payements futurs, annuités, droits immatériels, etc., qui ne peuvent être exclus du domaine de l’économie politique, qui constituent des valeurs distinctes et indépendantes. Tous les payements futurs ont une va-

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