‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 152 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

Ainsi, en dernière analyse, la conception générale du travail productif étant celle de produire quelque article de valeur ou échangeable, c’est-à-dire ayant le pouvoir d’attirer quelque chose en échange, l’industrie commerciale, dont la fonction particulière est de substituer un article de plus de valeur dans un lieu donné à un autre de valeur moindre, est un travail aussi véritablement productif que celui qui est employé à accroître la quantité des choses, ou à en modifier les qualités ou la forme des choses existantes, de manière à ce qu’elles aient plus de valeur. Ces trois sortes d’industries sont purement et simplement des variétés d’une idée fondamentale, l’augmentation de la valeur.

On voit donc que le capital doit être avantageusement ou productivement employé de trois manières : T en ajoutant à la quantité; 2° en ajoutant à la valeur de la quantité existante; 3° en substituant des choses de plus de valeur à des choses de valeur moindre, c’est-à-dire par l’échange.

Comme, dans chacun de ces cas, le profit peut être ajouté au principal et s’accroître également, il est évident qu’il peut augmenter dans chacun suivant une proportion géométrique. Toutefois, si tout capital possède cette capacité, en fait elle s’exerce rarement. Le type de cet accroissement est le cas où l’on place son argent dans les fonds publics, et où l’on en capitalise constamment les rentes saiîs en faire usage. En pareil cas le capital reste intact, et n’est pas détruit; par suite, après l’avoir laissé quelque temps s’accroître, on a le capital et l’intérêt réunis. Mais cela est fort rare, et les rentiers vivent d’ordinaire de l’intérêt de leur capital, de sorte que cet intérêt n’a pas un profit pour objet.

M. Macleod, abordant ici la question du taux des profits, en complète la théorie jusqu’à ce jour insuffisante.

Le taux de l’accroissement du capital dépend évidemment du taux du profit. Mais qu’est-ce que le taux du profit? Par une étrange méprise les économistes se sont servis de cette expression dans un sens véritablement erroné. Le taux de l’intérêt est mesuré à la fois par le montant de la somme payée et par le temps pour lequel elle est payée. Quand on dit que l’intérêt est de 5 p. 100, ou entend toujours que c’est o p. 100 pour un an. Si quelqu’un disait avoir emprunté 100 francs, et s’être engagé à en payer 5 pour l’usage de cette somme, nous n’aurions pas l’idée du taux de cet intérêt, lorsque nous ne saurions pas pour combien de temps est accordé l’usage de cet argent. Or il en est de même du taux du profit. Si quelqu un nous a dit qu’il a réalisé un revenu de 5 francs sur un capital de 100, nous ne nous rendons pas compte du taux de ce profit, lorsqu’il ne nous fait pas connaître en combien de temps il l’a réalisé. Cela est évident, et cependant cette expression, taux du profit, est employée par les économistes dans le sens pur et simple de proportion entre le profit et le capital.

C’est dans ce sens que l’emploie Adam Smith. La théorie des profits de Ricardo est fondée sur cette signification, adoptée ensuite par toute son école. Mac-Culloch s exprime ainsi dans une note à la Richesse des nations :

« Par profit, en économie politique, on entend cette part du produit, ou de sa valeur, obtenue par l’emploi du capital dans une entreprise industrielle, qui reSteà l’entiepreneui après avoir rétabli son capital. Le taux du profit est la proportion entre le chiffre du profit retiré d une entreprise et le capital employé. » On pourrait tout aussi bien définir le taux de l’intérêt la proportion entre l’intérêt et le capital.

De cette définition Ricardo déduit la doctrine que le taux du profit dépend du taux des salaires. Sa doctrine est

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