‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 153 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

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que, lorsque les salaires haussent, les profits baissent, et que, lorsque les salaires baissent, les profits haussent. Mac-Culloch, cependant, bien qu’il adopte la définition de Ricardo, déclare que les profits peuvent hausser en même temps que les salaires, lorsque l’industrie devient plus productive. M. Mill s’exprime dans le même sens. Mais il est une circonstance, omise par l’un et l’autre auteur, qui exerce la plus grande influence sur le taux du profit, c est le temps durant lequel le profit est réalisé. Le taux du profit peut être cousidérable, lorsque le profit lui-même est minime, et le taux du profit minime, lorsque le profit lui-même est considérable. Si un négociant réalise 50 pour 100 sur une transaction, c’est un profit élevé. Mais si cetle transaction est la seule dans l’année, son taux de profit est de 50 pour 100 par an. S’il réalise 5 pour 100 seulement sur chaque transaction, et que ses transactions se renouvellent chaque jour, ses profits seront de 1,365 pour 100, à raison de 313 jours ouvrables dans l’année. On suppose qu’il ne capitalise pas ses profits ; s’ils étaient étaient capitalisés, ils s’accroîtraient dans une proportion beaucoup plus rapide. Il s’ensuit donc qu’il est infiniment plus avantageux pour le commerçant de réaliser beaucoup de petits profits avec une grande rapidité que peu de gros profits avec lenteur. Les petits et rapides profits conduisent plus vite à la fortune que les gros lentement réalisés.

On conçoit, dès lors, au point de vue national, combien il importe d’encourager la multiplicité des échanges. Or, l’argent et le crédit sont appelés les moyens de la circulation, parce qu’ils facilitent l’achat et la vente des marchandises. Ils sont en effet les grands instruments de la circulation. C’est leur mouvement qui engendre la richesse et dont la rapidité indique le taux du progrès. De ce point de vue peut être résolue une question longtemps débattue par les économistes et les hommes d’État : « Quel est

1 emploi qui contribue le plus à la richesse nationale? Depuis Colbert jusqu’à la révolution française on a vivement agité la question de savoir si les villes ou la campagne ont ■eu le plus d’efficacité sous ce rapport, et, suivant qu’on inclinait d’un côté ou d’un autre, un des deux intérêts était encouragé ou délaissé. Or, la rapidité de la révolution du capital indiquant le taux du progrès, on aperçoit aisément quel emploi accélère le plus cette révolution et augmente le plus la richesse nationale.

De toutes les industries, on sait que l’agriculture est celle qui donne lieu à la circulation monétaire la plus lente Un fermier ne rentre dans son capital qu’une fois ans 1 année. Par l’appât d’une large récompense les produits du travail de l’homme peuvent être extraordinairement multipliés et accélérés; mais la marche de la nature est lente et ne peut devenir plus rapide à volonté.

Différentes industries provoquent une circulation d’une rapidité inégale ; toutes, sous ce rapport, distancent l’agriculture. Un pays purement agricole doit donc être plus longtemps à s’enrichir que tout autre, ainsi que ceux où ' agriculture occupe un très-grand nombre de bras comparativement aux autres industries. L’expérience vérifie pleinement cette remarque. Ce sont toujours les pays manufacturiers et commerçants qui s’enrichissent le plus vite. La Pologne et les autres contrées, qui n’ont presque d autres ressources que l’agriculture, sont en Europe les plus pauvres et les moins avancés. L’Angleterre et les Pays-Bas, où une proportion minime des habitants est occupée à produire des aliments pour les autres, sont les plus riches, et d’autres pays à proportion. Les fortunes qui se font dans nos districts manufacturiers et commerçants sont colossales. Qui a entendu parler d’une grande fortune faite dans l’agriculture? Mais il n’y a peut-être pas une petite ville où quelques hommes industrieux

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