‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 154 sur 187 · I. CAPITAL · texte numérisé non relu

I. CAPITAL

et énergiques ne se soient enrichis par le commerce.

Ces observations jettent quelques lumières sur une question qui a été beaucoup débattue entre les économistes, celle de l’avantage de la propriété chez les paysans, ou de la grande et de la petite culture. On sait que nombre d’écrivains éminents ont soutenu avec énergie le système du morcellement des propriétés rurales. Nul doute que, dans bien des contrées de l’Europe, l’industrie des petits propriétaires n’excite la plus vive admiration. Qui peut voir les terrasses de la Toscane garnies de vignobles, sans admirer le labeur qui a transformé des hauteurs stériles en sources de richesse?

M. Macleod se prévaut contre la thèse de la petite culture des arguments d’un économiste son compatriote, M. John Mill Burton; il cite de lui de longs extraits, et les oppose à M. J. -St. Mill, partisan des petits propriétaires. Lui-même, ensuite, réfute ce dernier avec énergie, en l’accusant de contradiction.

En plaidant la cause de la petite propriété rurale, à cause de l’industrie que déploient les propriétaires, M. Mill défend un système de travail, qui, d’après lui et Ricardo son maître, produit un résultat constamment amoindri pour une quantité constamment plus forte de travail. C’est la doctrine que Bastiat a combattue avec tant de succès dans ses Sophismes économiques. C’est celle de l’encouragement du travail pour le travail. La vraie doctrine économique consiste à faire obtenir le plus grand résultat avec le moindre effort. Si un pays peut obtenir une plus grande quantité de blé et d’autres produits agricoles avec moins de frais, par l’exportation de ses articles manufacturés que par son agriculture, il a plus d’avantage à les importer qu’à les produire. C’est le lieu de rappeler ce que dit Adam Smitli au sujet des vignes qui en Écosse se cultiveraient en serre chaude.

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On invoque le bien-être national. On prétend qu’un pays de petits propriétaires est plus heureux qu’un pays manufacturier. Que sait-on à cet égard? Les habitants d’un pareil pays ont-ils une plus douce existence que ceux de l’Angleterre? Il est permis d’en douter. Mais, après tout, les pays dont on argumente ne sont que des pays de second ordre. On cite la Suisse, la Toscane et la INorwége. Mais quelle est leur influence dans les conseils du monde? La Suisse peut être heureuse ; mais existe-t-elle par sa propre force, ou par la tolérance de ses puissants voisins? La France n’en ferait qu’une bouchée. Qu’est-ce que la Toscane? Qu’est-ce que la Norwége? Chacune peut avoir une existence heureuse; mais c’est un bonheur obscur. Elles n’ont pas un rôle à soutenir dans le monde et des armées à entretenir, elles n’ont pas à se faire craindre et respecter. Elles peuvent gaspiller leur travail au gré de leur fantaisie. Mais un pareil système est-il applicable à l’Angleterre, placée dans des conditions différentes ? L’Angleterre a à servir une dette énorme, à entretenir des flottes et des armées considérables pour garder son rang parmi les nations. Elle adoncbesoin d’un travail non-seulement sansrelâche, mais employé de la manière la plus profitable. Surpasser les autres nations, c’est la condition même de son existence. La durée de son pouvoir dépend de l’accroissement de son capital, et à cet effet il est indispensable qu’on l’emploie de la manière la plus productive. Ce serait porter une sérieuse atteinte à ce pouvoir que de morceler l’Angleterre en petites propriétés.

M. Macleod tient ici incontestablement le langage, nonseulement d’un patriote , mais d’un économiste éclairé. Toutefois, si 1 économie politique condamne justement ce qu’on appelle l’agriculture naine, les partisans des petits propriétaires sont préoccupés d’un autre point de vue que de celui de l’économie politique ; ils le sont avant

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