‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 17 sur 187 · LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

LES DOCTRINES

leur présente, qui peut se vendre comme une marchandise. Une somme d’argent, payable à un an de date, pos- * sède une valeur présente, entièrement indépendante de l’argent effectif dans lequel le payement sera fait à l’échéance; elle peut être achetée, vendue, tout comme une table ou une chaise. Sur cette doctrine repose toute la théorie du crédit commercial, qui consiste dans les billets à ordre. Il importe de bien comprendre que cette masse énorme de propriétés, que constituent les billets à ordre, est une valeur indépendante. Ces billets ne représentent aucune somme d’argent en particulier, moins encore des marchandises, bien qu’on se trompe communément à cet égard. Elles diffèrent totalement des warrants de docks et des connaissements, qui représentent purement et simplement une propriété spéciale.

L’emploi du capital, dans le cas de vente, a pour but la ■ reproduction du capital lui-même avec une certaine aug-

m mentation. Cette augmentation, excédant de produit rela-

P tivement à la dépense, est appelée profit. Le taux du profit

P est estimé, non pas simplement par son chiffre absolu,

‘ mais par le temps qui a été mis à le réaliser. On le calcule

; , habituellement par année. Mais il est évident que, lors-

a qu’il est question du profit d’une opération, on ne saurait

s’il est fort ou faible, à moins qu’on ne sache en combien de temps il a été réalisé.

Le capital peut être employé de deux manières. En premier lieu il est placé dans des objets destinés à la vente, »

et la totalité de la somme, avec l’excédant ou le profit, est recouvrée en une seule opération. Dans cet emploi il est, lui, ou les objets dans lesquels il est placé, qualifié de circulant., parce qu’il se sépare tout à fait de son propriétaire. Secondement il se place dans des objets qui ne sont pas destinés à la vente, qui restent au propriétaire et dont |

l’usage lui donne un profit. En ce cas, il est, lui ou les

objets dans lesquels il est placé, dénommé capital fixe. L’intention de l’individu qui produit un article, et non la nature de l’article lui-même, lui confère l’un ou l’autre de ces noms. Le même article peut changer de nom en passant par des mains différentes. 11 peut être du capital circulant entre les mains du producteur qui a l’intention de le vendre, et du capital fixe entre celles de l’acheteur qui a l’intention de retirer un revenu de son usage. Cette distinction peut etre ainsi formulée i quand le prix de l’article est payé en totalité, c’est un capital circulant; quand il n est payé que l’intérêt ou le revenu provenant de son usage, c’est un capital fixe.

On néglige souvent celte distinction, et l’on applique le nom de capital fixe à des objets d’une certaine nature, et celui de capital circulant à des objets d’une autre nature. Ainsi les maisons et les terres, les machines et les navires sont fréquemment considérés comme du capital fixe, et c’est une parfaite erreur. Si quelqu’un emploie son capital à bâtir des maisons avec l’intention de les vendre immédiatement, elles sont entre ses mains un capital circulant, car le prix en est payé en une seule opération. Si un autre les achète pour les louer et par suite pour retirer simplement un revenu de son capital, elles deviennent avec lui un capital fixe. Certaines gens spéculent sur des terrains, avec 1 intention de les revendre avec profit ; ces terrains sont entre leurs mains un capital circulant ; ils deviennent un capital fixe si quelqu’un les achète pour les affermer et pour en retirer un revenu. De même pour les machines; elles sont un capital circulant pour le mécanicien qui les vend au manufacturier, un capital fixe pour le manufacturier qui les achète afin d’accroître sa fabrication. D’un autre côté, on peut prouver que des articles habituellement classés comme capital circulant, peuvent devenir un capital fixe. Tel estle cas

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