‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 161 sur 187 · II. CRÉDIT · texte numérisé non relu

II. CRÉDIT

C’est ainsi que sur la distinction, subtile en apparence, entre les connaissements qui sont les titres à certaines propriétés, et les billets de banque qui sont des droits échangeables contre de l’argent, repose la base de toute la théorie du crédit.

2® Dü CRÉDIT COMMERCIAL.

Afin de présenter la matière sous les aspects les plus variés, on traitera ici un autre cas.

Supposons deux individus trafiquant l’un avec l’autre, un négociant en vins et un négociant en thés. S’ils demandent l’un à l’autre des quantités équivalentes de leursproduits respectifs, ils peuvent les échanger, et tout est terminé. Mais supposons que le négociant en vins ne demande pas autant de thé que le négociant en thés demande de vins, cet échange inégal des besoins du moment pourra être réglé de deux manières.

Voici la première. Bien que le négociant en vins n’ait pas besoin des thés présentement, il en aura probablement besoin à une époque ultérieure. Le négociant en thés pourra donc séparer de son approvisionnement de thés la quantité qu’il doit, et la réserver comme la propriété du négociant en vins, jusqu’à ce que celui-ci la réclame. 11 peut lui donner un reçu avec promesse de lui remettre la marchandise à lui-même ou au propriétaire du reçu, sur sa demande. Ce papier peut circuler de main en main, transportant avec lui la propriété des thés. Il sera analogue aux connaissements et aux warrants. Il formera une seule et même propriété avec les thés, il représentera cet article. Le négociant en thés aura renoncé à sa propriété en ce qui touche ce lot de thé ; et de propriétaire il sera devenu dépositaire pur et simple, ayant perdu toute faculté de s’en servir pour son compt;:.

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La seconde manière est la suivante. Le négociant en vins peut ne pas désirer de thé, ni rien autre chose pour le moment. Il doit, en conséquence, avoir une garantie qu’il sera mis en état de faire un échange ou de recevoir ce dont il aura besoin à une autre époque. Cette garantie peut être de deux sortes.

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I-iG néjjocicinl 6n thés p6ut Eccjuittcr 6nv6rs lui Sci d6tt6 6ii ai gen t, ce qui le mettra a meme de se procurer d’un autre ce qu’il désire. Cet argent, notons-le bien, n’est ni un aliment ni une boisson, ni quelque autre chose utile à l’homme, c’est seulement le moyen de se procurer ces objets. Le négociant en vins l’accepte seulement parce qu’il croit qu’il peut l’échanger contre tout ce qu’il voudra à une autre époque. C est doncun billet général à ordre sur toute la société commerciale, c’est un crédit général. On ne doit pas perdre de vue, du reste, que cet argent est échangeable pour les marchandises en général, ilneles représente nullement comme un connaissement représente certaines marchandises. C’est une propriété échangeable, distincte de toutes marchandises.

La garantie peut être fournie autrement. Au lieu de donner de l’argent, le négociant en thés donnera au négociant en vins une simple promesse de livrer le thé sur demande. Ce n’est point là une garantie générale, c’est une garantie particulière. Le négociant en thés ne renonce pas à la propriété d’une partie quelconque de son thé.

Il reste le propriétaire de tout son approvisionnement, et peut en disposer à son gré. xMais il s’est engagé à remettre tant de kilogr. de thé lorsqu’on les Ini demandera. On comprend aisément que cette garantie est de même nature que l’argent. La seule différence est que, tandis que l’argent peut s’échanger pour toute chose avec tout le monde et a par conséquent une valeur générale, la promesse de livrer le thé n’est échangeable que contre du thé avec

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