‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 162 sur 187 · II. CRÉDIT · texte numérisé non relu

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lui. C’est valeur ‘particulière. Déplus, le négo-

ciant en thés peut faillir et être incapable de livrer le thé, et dès lors la valeur de la garantie est précaire. L’argent possède donc une valeur durable et générale, la garantie une valeur spéciale et précaire. Mais cette garantie est une nouvelle propriété créée. Elle peut être consignée sur le papier, et transférée ou échangée un grand nombre de fois, entre individus qui croient que le négociant en thés est en mesure de livrer le thé lorsqu’il en sera requis. Cette pièce ne représente pas un certain nombre de kilogr. de thé, mais elle en a la valeur.

C’est le lieu de signaler le tort énorme que l’expression de valeur intrinsèque a causé à l’économie politique ; car elle a été la source principale de la confusion qui a prévalu dans la théorie du crédit. Des écrivains, même renommés, ont professé que l’argent a une valeur intrinsèque et le papier une valeur représentative, parce qu’il a été mis du travail dans l’un et non dans l’autre. L’absurdité de cette doctrine est facile à concevoir. Adam Smith lui-même djt que si l’argent ne pouvait s’échanger, il n’aurait pas de valeur, ce qui prouve que la valeur ne dépend pas du travail, mais de la faculté d’échanger. En réalité la valeur d’une chose est la chose pour laquelle elle s’échange; par conséquent elle ne peut avoir de valeur intrinsèque, à moins qu’elle n’ait au dedans d’elle-mêrae la chose pour laquelle elle est échangée.

Une chose a donc autant de valeurs que de choses pour lesquelles elle peut s’échanger. Elle a une valeur infinie si elle peut s’échanger pour une.infinité de choses. Elle n’en a qu’une seule si elle ne peut s’échanger que pour une chose unique. Or, la valeur d’une promesse est la chose promise. La promesse qui ne peut s’accomplir a perdu sa valeur. Cinquante francs, par exemple, ont pour valeur cinqkilogr. de thé, et en outre d’une infinité d’autres

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choses. Une promesse de livrer les cinq kilogr. de thé a pour valeur lesdits cinq kilogr., ni plus ni moins. C’est du crédit, parce que la personne qui la reçoit ou qui donne quelque chose en échange, croit (ju’elle s’échangera pour du thé; et ce crédit, bien qu’offrant moins de sécurité, moins de généralité de valeur, est néanmoins de la même nature que l’argent; il n’en est en fait qu’une forme inférieure. On peut dire, du reste, que l’argent n’est que la forme la plus haute et la plus générale du crédit.

De même que l’argent, étant une propriété échangeable indépendante, entièrement distincte des marchandises, le crédit est une propriété échangeable, entièrement distincte de l’argent et des marchandises. Le crédit, évidemment, tient la place de l’argent, et il est clair que la totalité des

dettes commerciales ne fait que remplacer la même quantité d’argent.

Le crédit, du reste, n’est pas en général exprimé sous Informe d’une promesse délivrer des marchandises; il l’est toujours, au moins en Angleterre, sous celle d’une promesse de compter de l’argent, et par conséquent il a 1 argent pour valeur. La quantité de crédit qui a été créée

et échangée en Angleterre est énorme, sans pouvoir d’ailleurs être exactement évaluée.

On doit comprendre maintenant la distinction radicale et fondamentale entre les connaissements, les warrants, etc. d une part, et les instruments de crédit de l’autre.

Les piemiers ne sont jamais que des titres à certaines marchandises; ils les suivent, ils ne peuvent en être séparés, et par conséquent ne forment avec elles qu’une seule et même propriété. Ils proviennent toujours d’un achat, et jamais d un échange; et l’on peut dire avec exactitude qu’ils représentent des marchandises. En outre, ils n’ajoutent rien à la masse des propriétés échangeables.

Quant aux instruments de crédit de toute espèce, cesont

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toujours des litres contre la personne ; ils n’ont aucune relation avec des marchandises spéciales, ce qui est la circonstance dont ils dérivent leur dénomination. Ils circulent purement sur la foi qu’ils peuvent être échangés pour de l’argent. Ils proviennent toujours d’un échange, et jamais d’un dépôt. Si les connaissements suivent toujours les marchandises, les billets de banque sont toujours échangés pour de l’argent ou des marchandises. Les connaissements représentent des marchandises ; les billets de banque ont l’argent pour valeur. En outre, le crédit, avec toutes ses formes, s’ajoute à la masse des autres propriétés échangeables.

11 s’ensuit que les connaissements ne peuvent jamais excéder en quantité les marchandises qu ils représentent , mais les instruments de crédit de toute espèce dépassent immensément en quantité l’argent du pays; en Angleterre, d’après le calcul le plus modéré, dans la proportion de

I dix.

I Les observations, qui viennent d être présentées sur la

j nature indépendante du crédit comme propriété, seront

I évidentes pour quiconque connaît la langue du commerce

et la comptabilité. Il est habituellement question de la va- ; leur d’un billet de banque ou d’un billet à ordre jamais

^ de celle d’un connaissement, par la raison qu’il n’y a pas

j de valeur sans échange ni d’échange sans valeur. Presque

toutes les crises commerciales proviennent d une création j excessive de propriétés désignées sous le nom de crédit ;

mais on n’a jamais entendu parler de crises produites par I des connaissements ou par des warrants.

tj *

I 3“ Appucatio.vs des signes de l’alcèbbe a l’économie politique.

I L’usage des signes algébriques a été déjà expliqué sous

^ le mot capital^ dans leur application à différentes sciences.

* , ' uTi

.< . "'il

> -. 'il

Je me réfère ici à ces développements, en me bornant à rappeler que, dans ces sciences, des oppositions sont désignées par les signes + et — , plus et moins, l’un positif, 1 autre négatif, et que le signe négatif n’exprime pas une négation proprement dite, c’est-à-dire la non-existence, mais une simple opposition, les quantités négatives ayant une existence aussi réelle que les positives, de manière que les unes et les autres réunies forment la totalité des éléments. Ces signes, se combinant de diverses manières, donnent lieu à ces formules de l’algèbre :

-f- X -(- donnent 4- + X-

tj

L’emploi de ces signes, universel dans les sciences physiques, est applicable à l’économie politique, et notamment peut seul donner la solution delà question du crédit, qui a été jusqu’ici une honte pour la science.

Il y a des éléments économiques doués de propriétés opposées, et en conséquence, si l’on procède par une rigoureuse analogie avec les sciences physiques, on peut les désigner par des signes opposés, et des opérations pourront s’accomplir sur ces quantités opposées, mettant en jeu les règles de l’algèbre, de manière à donner des conséquences faites pour causer de la surprise.

Voici d’abord un exemple à cet égard : supposons que, dans la Chambre des communes, le gouvernement ait 358 adhérents et 300 opposants, sa force pourra être indiquée par cette formule 358 — 300. Dans la pratique cette force peut être évaluée à 58 en ce sens que 4- 300 et — 300 se neutralisent. Mais on se tromperait gravement si l’on considérait d’une manière absolue ces 600 membres comme n’existant plus. Pour trouver la totalité des membres , il

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trancner. ^ aouvernement. Si

(4), nous accroissons (-4-) la îorce uu g

en retranchons (-), nous diminuons (-) celte

D^utre part, si nous ajoutons (+) aux nous diminuons (-) la force du nous retranchons (-) aux opposants -)sons (+) . Ainsi le retranchement sur les opposants (

donne un accroissement (+ ) de force.

11 s’agit d'appliquer ces principes a 1 économie p

'“Tous avons défini la propriété, à l’exemple des jurisronsulles un droit qui réside dans la personne. Or, évi demment’ une personne peut posséder un droit a chose ex site produit du passé, et posséder aussi le droit de

recevoir des choses qui n’existent pas »‘=‘“''®™®Tdrcls oui arriveront à l’existence ultérieurement. Chacun de Tè ilroils est une propriété, et leur somme constitue la

de l“a plsoniie. Si, confo— usages des sciences physiques, nous indiquons P~dm accumulés du passé déjà existant par le ^

pouvons indiquer par le signe - ceux qui n existe, ont que

dans l’avenir.

Reprenons maintenant la théorie de la valeur de la terre En quoi consiste cette valeur? Supposons que nous ‘activons ul terre mille francs, la valeur deno^re argen consiste-t-elle en choses ayant une existence plus simple écolier répondra non. Que . ^

valent du prix de l’achat? Chacun sait que acheteu terre acquiert, avec le droit de recevoir le produit exis tant cehii de toucher les produits annuels a perpétuité soit 3 000 francs par an. Ces profits annuels n arrivant 1 Tiïnce que d’année en année dans l’avenir, nous pou-

vons indiquer l’équivalent du prix d’achat par la formule suivante :

Produit existant — 3,000 fr. — 3,000 fr. — 3,000 fr. — 3,000, etc.,

indéfiniment.

Formule où le signe — signifie l’avenir.

Or, chacun de ces futurs profits a une valeur présenté, et le prix d’achat de la terre est la somme des valeurs présentes de cette série de profits à perpétuité.

On peut dire qu’une terre achetée doit une série de payements annuels à son acquéreur, qui l’a achetée sur la foi (ju’il percevrait ces payements ; c’est ce qu’on peut appeler le crédit de la terre.

Ce droit de recevoir des produits futurs est une pro- • priété qui s’ajoute aux produits du passé, et il constitue de' plus une propriété véritable, indépendante, distincte des profits actuellement reçus. 11 n’en est pas seulement ainsi de la terre. La clientèle d’une boutique est évidemment une propriété tout à fait distincte des profits réalisés; le droit de propriété d’un ouvrage est une propriété tout à fait distincte des profits réalisés pour la vente de ses exemplaires; les actions d’une compagnie sont également une propriété distincte de ses profits ; toute annuité en général est une propriété indépendante et distincte des payements.

Adam Smith et tous les économistes après lui reconnaissent que les capacités utiles des habitants du pays forment une partie de sa richesse. Par conséquent tout commerçant réalisant un revenu est lui-même une richesse, puisque ses talents peuvent être évalués. L’argent qu’il a gagné est le produit de son industrie passée, et il peut en trafiquer. Mais il peut trafiquer aussi avec les résultats futurs de sa même industrie; et lorsqu’il vend son droit à cet égard, cette propriété est appelée crédit. Le crédit du commerçant est une propriété qui s’ajoute àson argent.

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rndre“re;Card.aTdresrn^clm

'’Tc’rédU est, en fait, la moindre

c’est une annuité à un seul terme, ces „„tres es-

voir un seul payement futnr , tandis que les a»‘re. e péces de propriétés sont des droits à recevoir un uomb.e

— fera ressortir cette espèce de propriété qui vient d'être expliquée. Les produits aecunm jusqu'au temps actuel y sont désignés par «>8" +’ '

qui parviendront à- l’existence dans 1 avenir, par sig

^ xéro représentera le présent.

nowiiis m risst. | ™‘“-

Terres, maisons.

Local, approvisionnements de boutique.

Exemplaires imprimés d’un livre.

Machines exécutées.

Argent gagné dans une profession libérale.

Capital d’une compagnie commerciale.

Argent gagné par un

commerçant.

; produits de l’AVEMR-

Revenu annuel à per- 1 pétuité.

Clientèle.

■ Droit de propriété.

1 Brevet d’invention.

I Clientèle.

I Actions.

’ Crédit du commerçant.

Annuités de toute sorte, fonds publics, péages, etc.

Toute cette masse de propriétés immatérielles est entiê-

rement omise dans les ouvrages sur l’économie politique, ou mal comprise dans sa nature. Elle doit cependant faire partie de la science, dont elle double l’étendue.

■4° ])e l ümté en matière de crédit.

La propriété appelée crédit se vendant et s’achetant chaque jour pour des millions, il faut qu’il y ait une unité de CI édit ou de dette. Cette unité est 100 francs payables à un an, et elle a sa formule particulière.

Lorsque des marchandises se vendent pour de l’argent, la quantité d argent donnée en échange s’appelle le prix. Moins on donne d argent pour les marchandises, plus grande est la valeur de l'argent par rapport à la marchandise. Et si l’on suppose que la quantité d’argent nécessaire pour acheter une certaine quantité de marchandises éprouve un changement, la valeur de l’argent hausse dan.s la proportion où le prix baisse, et la valeur de l’argent par rapport aux marchandises baisse dans la proportion où hausse le prix. La valeur de l’argent varie donc en raison inverse du prix. La valeur de l’argent par rapport aux dettes, qui sont en réalité des marchandises, doit obéir aux mêmes règles que par rapport aux autres choses. Elle doit également hausser lorsque le prix de la dette baisse, et baisser lorsque ce prix hausse. L’argent produisant un profit, il est clair que l’argent, ou le prix d’une dette payable à un an, doit être moindre que le chiffre de la dette. La différence entre le prix de la dette et son chiffre est appelée 1 escompte. Dans 1 achat des dettes commerciales le taux de l’escompte est toujours mentionné. Si l’acheteur donne 97 francs pour 100 payables à un an, on dit que l’escompte est à 3 p. 100. Quand on dit que l’escompte est à 3 p. 100, cela veut dire simplement que 100 fr. payables à douze mois valent 97 francs. Si la valeur de l’argent hausse par

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