‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 18 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

pour des meubles et des effets d’habillement, généralement destinés à être vendus. Si quelqu’un s’en sert pour les louer, ils deviendront un capital fixe entre ses mains. Il y a très-peu d’objets auxquels la dénomination de' capital fixe puisse être irrévocablement appliquée, il n’y en a pas auxquels elle s’applique nécessairement. Ceux auxquels elle peut être appliquée avec le moins de chances d’erreur sont les chemins de fer, les canaux, les docks et les améliorations agricoles. Il est rare' que ces ouvrages soient faits pour être vendus; mais si cela arrivait, ils constitueraient des capitaux circulants pour les entrepreneurs. Il n’y a pas non plus d’objets qui soient nécessairement du capital circulant. Le capital employé dans les salaires des ouvriers est presque toujours circulant. Toutefois il ne l’est pas dans les pays à esclaves, où les esclaves forment un capital fixe. Dans nos pays aussi on voit certaines gens contracter une sorte de servitude. Ils sont engagés, pour un temps déterminé, par des entrepreneurs qui gagnent de l’argent en les louant dans 1 occasion. Tel est le cas de chanteurs très-distingués.

Il importe peu au capitaliste s’il réalise son profit en une seule opération ou en plusieurs, le résultat étant toujours pour lui le même à la fin. Mais pour les ouvriers, qui vivent de leur travail quotidien, la différence dans le mode d emploi du capital est de la plus grande importance. Si, par exemple, le constructeur d’un navire le vend et en touche immédiatement le prix total, ce prix, déduction faite de la part qu il réserve pour lui-même, servira à payer les salaires des ouvriers qu’il emploiera à la construction d un nouveau bâtiment. Dans ce cas le capital est circulant. Mais si le constructeur affrète son bâtiment, et reçoit de celui qui s’en sert une série de paiements partiels, son capital circulant se trouvant changé en un capital fixe, la somme qu’il pourra affecter au travail sera de

3i EXPOSÉ GÉNÉRAL.

beaucoup amoindrie, elles ouvriers qui dépendent de lui seront gravement atteints. Il s’ensuit que la conversion du capital circulant en capital fixe veut être opérée avec précaution, et seulement sur une échelle restreinte, pour ne pas porter préjudice à de nombreux intérêts. Et si un grand nombre d’individus se trouvent saisis de la manie de convertir une quantité considérable de leur capital circulant en un capital fixe, une détresse au moins temporaire est inévitable.

Si, lorsque le propriétaire d’un objet en dispose à tout jamais, le prix doit suffire à sa reproduction, avec les profits en sus ; lorsqu’il les loue simplement, la rente ou le loyer se compose de deux éléments : l’un qui compense la détérioration de l’objet, l’autre qui fournit le profit nécessaire. Il en résulte que plus l’objet est durable, plus la rente ou le loyer s’abaisse relativement, les profits étant supposés les mêmes. S’il est fragile, le loyer sera élevé, parce que la détérioration sera forte. C’est ainsi que la, rente de la terre est très-faible, relativement à son prix, soit d’ordinaire pas plus de 3 ou 4 p. 0/0, parce que la terre est très-peu détériorée. Le loyer des maisons est relativement beaucoup plus considérable, soit 7 1/2 p. 0/0 du prix, la détérioration étant plus forte. Le loyer des meuldes l’est encore plus, soit 15 ou 20 p.0/0, poui une détérioration plus forte encore.

Lorsque la propriété absolue d’un objet est transférée à tout jamais d’un individu à un autre, la somme d’argent donnée est appelée son^^n^r. Le prix est la même chose que la valeur en argent. Comme on a l’habitude de calculer la valeur de toute marchandise par son prix, ou par sa valeur relativement à l’argent, et jamais par sa valeur relativement aux autres marchandises, toujours, au contraire, par leur relation communeavecl’argent, lesmots de prix et de valeur sont devenus synonymes. Le prix ou la valeur

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