I. LES DOCTRINES
d’un objet est donc la quantité de la monnaie légale qui se donne en échange de toutes les marchandises. Mais il va des propriétés immatérielles, dont le prix, ou la valeur, est calculé d’une manière toute particulière ; ce sont les dettes, dont la vente joue dans le commerce moderne un rôle considérable. Unedette est considérée commeune marchandise susceptible de vente, tout comme un hectolitre de ffrain ou un navire, et elle peut être achetée et vendue une centaine de fois. Or les dettes sont mesurées parle temps ; prenons par exemple, commeunité dedette, 100 fr. payables à un an de date. Si quelqu’un achète une dette, il compte une somme d’argent, et la différence entre leprix delà dette et son montant s’appelle escompte; c’est ce qui constitue son profit. S’il s’agit d’une dette de 100 fr. payable à un an pour 97 fr., ou dit que l’escompte est de 3 p. 0/0.
Si la propriété d’un objet n’est pas transférée, mais seulement l’usage, pour un temps déterminé à l’expiration duquel il retourne à son propriétaire, la somme d’argent comptée pour ce service reçoit différents noms, suivant la nature de l’objet. Elle s’appelle ; salaires, gages, honoraires, pour des services personnels selon l’espèce de services ; rente ou loyer, pour des propriétés considérées habituellement comme capitaux fixes; telles que terres, maisons; prix de louage, ^ouv les capitaux circulants; intérêt, pour l’argent.
L’expression valeur de l’argent a exactement la même signification que la valeur de toute autre chose. Elle désigne les quantités relatives dans lesquelles l’argent et d’autres objets s’échangent. La valeur de l’argent est dite augmenter lorsqu’une plus petite quantité est donnée en échange des marchandises, et diminuer lorsqu’il se donne une plus grande quantité. En ce qui touche le prix des dettes, lesquelles sont calculées par l’escompte, et non par le prix actuel, la valeur de l’argent s’élève et s’abaisse
avec l’escompte. Ainsi la valeur de l’argent varie en sens inverse du prix, et en sens direct de l’escompte.
Les derniers termes que M. Macleod définit, sont ceux à^iyroduction et de consommation. Sous le mot production il range non-seulement les opérations qui consistentà modifier la forme des objets, mais celles qui consistent à distribuer les produits. Ainsi disparaît une distinction, qu’il juge, sinon incorrecte, du moins superflue. Toute production revient à faire arriver un objet sur le lieu où il est demandé. Si la production se bornait à changer la forme des objets, il faudrait classer parmi les distributeurs ceux qui sont employés à transporter les produits des manufactures aux magasins. Puisque les voituriers chargés de ces transports sont rangés parmi les producteurs, on ne fait qu’étendre le même principe en comprenant dans la classe générale des producteurs les boutiquiers^ et les commerçants, qui font venir les produits des fabriques pour les mettre à la disposition de leurs clients, pour les clients qui achètent la marchandise, le marchand dans la boutique duquel il fait son emplette, est le producteur.
Les opinions diffèrent beaucoup sur le sens du mot consommation. Quelques-uns le considèrent comme impliquant destruction. M. Macleod le prend dans le sens de vente. « Quand nous parlons de la consommation d’un article, dit-il, nous entendons simplement la quantité vendue. Le producteur est celui qui apporte l’article pour la vente, et le consommateur est celui qui l’emporte après l’avoir acheté. La quantité produite est l’offre, et la quantité vendue la demande. Les termes production et consommation., offre demande., ne signifient pas autre chose que la quantité mise en vente et la quantité vendue. »
Nous ne sommes pas, en général, distingués en producteurs et en consommateurs ; nous le sommes, toutefois, pour chaque marchandise en particulier. Il est évident.