‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 20 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

d’ailleurs, que quelques-uns sont à la fois producteurs et consommateurs du même article, comme un cultivateur pour le grain, un boulanger pour le pain, un fabricant de drap pour le drap. Il est à remarquer de plus que les individus différents qui opèrent successivement sur un objet de commerce, en sont alternativement les consommateurs et les producteurs. Ainsi l’importateur est le consommateur par rapport à l’étranger, le producteur à l’égard du négociant en gros. Le négociant en gros est un

consommateur vis-à-vis de l’importateur, mais un producteur vis-à-vis du marchand au détail. Ce dernier consommateur en gros est un producteur pour son client, qui est le consommateur définitif pour lequel toute la suite des opérations s’est effectuée.

Après avoir terminé son chapitre des définitions, M. Macleod revient sur la distinction qu’il a faite entre la richesse et les ressources ou forces productives. Il en prend texte pour des considérations qui ont de la portée.

«Souslemot richesse, dit-il, nous comprenons tous les objets qu’on cherche à acquérir pour eux-mêmes et pour leurs qualités, qui sont actuellement utiles, et qui ne sont pas simplement des agents pour la production des autres. Par ressources ou forces productives nous entendons .toutes les choses, quelle qu’en soit la nature, qui sont employées comme agents de production, qui ne sont pas utiles directemènt, msiis seulement en tant qu’elles pro- <!uisent un profit, qui peuvent être rendues utiles, mais qui ne sont pas encore en état de servir.

« Or, la richesse d’un pays ne doit pas être calculée par la quantité de marchandises qu’il possède dans un moment donné, mais bien par la faculté qu’il a de produire, dans le délai le plus bref, une quantité quelconque. L’augmentation de la richesse d’un pays, par conséquent, ne dépend pas autant de la masse des marchandises que de

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l’accroissement de ses forces productives. Un pays peut être en réalité le plus riche, lorsque sa richesse est le moins apparente. Depuis l’établissement des chemins de fers, il est probable qu’on n’a plus besoin d’avoir en magasin un quart des marchandises que précédemment il fallait garder. Anciennement le transport des côtes de Manchester à Londres exigeait peut-être quinze jours ; il fallait, dès lors, avoir en chemin des provisions pour quinze fois la consommation d’un jour. Le canal ayant abrégé la durée du trajet à cinq jours, la quantité des provisions fut réduite d’autant. Quand le chemin de fer l’eut réduite à un jour, il ne fallut s’approvisionner que pour un jour seulement. On se tromperait fort si l’on supposait la nation moins riche, parce que, à un moment donné, il n’existait pas autant de marchandises. Bien au contraire, elle est beaucoup plus riche par ce fait. Si les marchandises n’existent pas, quiconque les réclame, peut les faire exister beaucoup plus aisément qu’autrefois. Qu’un ordre pour des marchandises soit expédié de Londres à Manchester, il pourra aujourd’hui être exécuté en quelques jours, tandis qu’autrefois il eût exigé des semaines et des mois. Ainsi la richesse d’un pays doit être appréciée, non par l’abondance de ses approvisionnements à un moment donné, mais par la promptitude avec laquelle toute demande pourra être satisfaite. Le fait d’une grande abondance peut être une preuve de pauvreté en forces productives. Si nous voyons un canal avec une multitude de réservoirs, nous en conclurons que l’eau manque. On m’immobilise pas tant de capital sans la crainte d’être dépourvu. Si l’eau ne manque jamais, les réservoirs sont inutiles; si la fourniture de^ marchandises est assurée, il n’y a pas lieu de remplir des magasins.

« L’argent est au nombre des forces productives. Les gens sensés ne recherchent pas l’argent pour lui-même.

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