‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 21 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

pas plus qu’ils ne construisent des fabriques ou des machines à vapeur pour elles-mêmes, mais bien pour ‘la puissance productive qu’elles leur fournissent. Un pays, dès lors, qui abonde en pièces d’or et d’argent, ne peut pas être qualifié de riche, pas plus que celui qui abonde en machines. Tant qu’elles restent oisives, le pays reste pauvre de même qu’une ville de fabrique en grève. C’est leur mouvement, leur circulation, qui produit la richesse, et la rapidité de cette circulation, qui marque le taux du progrès. Cette considération nous met à même de résoudre une question depuis longtemps agitée par les économistes et par les hommes d’État. Quelle est l’occupation la plus féconde pour la richesse nationale ? Depuis Colbert jusqu’à la révolution française, la question de savoir si la ville ou la campagne l’emportait à cet égard fut vivement discutée, et, suivant qu’on préférait l’une ou l’autre, l’une était encouragée et favorisée, et l’autre tombait dans le mépris. Puisque c’est la célérité de la circulation qui indique le taux du progrès, toute occupation qui fait circuler le plus rapidement la monnaie, augmente le plus la richesse nationale. Or il est reconnu que de toutes les industries l’agriculture est celle qui fait circuler le plus lentement la monnaie. En offrant l’appât d’une abondante rémunération, les produits de l’industrie peuvent être multipliés à un degré extraordinaire ; mais la marche de la nature est lente et ne peut pas être accélérée à volonté. Différents travaux provoquent une circulation plus ou moins rapide, tous à un bien plus haut degré que l’agriculture. Par conséquent un pays purement agricole doit s’enrichir plus lentement que les autres, ainsi que celui où une proportion relativement considérable des habitants est vouée à l’agriculture, comparativement à d’autres occupations. C’est ce que confirme avec éclat l’expérience. La Pologne et les autres contrées qui n’ont guère

d’autres ressources que l’agriculture, sont les plus pauvres et’ les plus barbares de l’Europe. La Grande-Bretagne et la Hollande, où une très-faible partie de la population est occupée à produire des aliments pour le reste, sont les plus riches, et d’autres pays en proportion. 11 n’y a pas beaucoup d’exemples de fortunes faites par l’agriculture; mais il y a peu de petites villes où quelques habitants industrieux et énergiques n’aient acquis une bonne position par le commerce. »

Ici finissent les deux premières parties de notre exposé. Bien qu’elles ne soient que d’imparfaites esquisses, il nous semble qu’elles répandent déjà beaucoup de lumières sur la nouvelle science de l’économie politique ; elles suffiraient presque à initier les lecteurs attentifs à l’ensemble des doctrines ; elles en font du moins ressortir la netteté judicieuse et la puissante originalité. Je ne dois pas, cependant, m’arrêter ici dans la tâche que j’ai entreprise ; de grandes questions nous appellent, et j’espère que les amis de la science me suivront volontiers sur ce terrain fécond.

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3® Théorie des prix.

« Dans le chapitre qui précède nous avons essayé d’établir la signification qui devait être attachée aux termes de l’économie politique. Conformément à la méthode habituelle de l’investigation scientifique, notre tâche actuelle est de découvrir, s’il est possible, une formule générale exprimant les causes des rapports d’échange des objets, ou leurs changements de valeur. On n’a pas, du reste, l’habitude dans les pays civilisés de considérer les valeurs ou les rapports d’échange des objets directement, mais re-

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