I. LES DOCTRINES
lativement à une certaine marchandise appelée monnaie ou argent. La valeur en argent d’une marchandise est appelée son prix. L’objet de notre présente recherche est donc la découverte des causes qui influencent les prix et leurs changements. Si nous pouvons découvrir une formule générale, applicable à tous les cas, à tous les temps, à tous les lieux, la science dont nous nous occupons peut prendre rang parmi les sciences fondées sur l’induction. Si cette découverte était impossible et si chaque cas était régi par des causes particulières, ce ne serait pas une science d’induction. Nous allons essayer de démontrer qu’elle l’est effectivement, et qu’on peut trouver une formule générale, d’une application universelle. »
C’est ainsi que M. Macleod engage avec résolution la bataille contre les faux systèmes en crédit, et, vigoureusement armé, marche en avant, avec la certitude de remporter une victoire éclatante.
On entend généralement par valeur d’une marchandise, cèlle de la marchandise vendue, avec concurrence, dans un marché public. On dit fréquemment valeur du marché ou prix courant. Il est évident que cette expression ne comprend pas tous les cas de vente. Nombre de transactions ont lieu, sans qu’il soit possible de connaître quelle est la valeur du marché. Il se fait un grand nombre de pertes particulières. Un individu peut avoir à vendre un cheval, un tableau, une maison et répugner à en faire une vente publique ; il peut trouver plusieurs prix différents, et qui peut dire quel est le prix courant ? La même qualité de marchandise peut êti’e mise en vente dans plusieurs boutiques, à des prix différents dans chacune; lequel est le prix courant? Enfin, comme il y a des ventes publiques et de particulières, il y en a aussi de volontaires et de forcées. Or M. Macleod qui cherche une loi applicable à tous les cas, a besoin d’un mot qui exprime, en tout état de cause.
le prix d une marchandise au moinentde l’achat. M. Macleod l’emprunte à la langue de l’astronomie, où l’on désigne sous la dénomination à' instantanée l’ellipse à la position incessamment changeante suivant laquelle se meut une planète. En présence delà variété infinie des prix, notamment des objets de consommation générale, prix qui varient d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, par une multitude de causes imprévues, il se croit fondé à employer, comme exact et heureux, pour désigner le prix de chaque transaction, le mot de valeur instantanée.
Un autre mot est employé dans les sciences pour exprimer une grande force enfermée dans un petit espace. Si, par exemple, beaucoup de lumière jaillit d’une petite surface lumineuse, la lumière est appelée ; on se sert du même mot pour la chaleur ; et en général on mesure les différents degrés de force dans un espace donné par leur intensité relative. M. Macleod étend le mot aux services; il y distingue différents degrés d’intensité, suivant les circonstances dans lesquelles ils ont été rendus. Ua même chose peut être beaucoup plus utile en un temps
qu’en un autre, et par suite un service peut être dit plus ou moins intense.
Si, par exemple, on propose à un homme qui sort d’une table somptueuse, un morceau de pain et un verre d’eau fraîche, cette offre inopportune pourra le révolter. Mais si le même homme, abandonné dans une île déserte, est en proie aux tortures de la faim, ou si, au milieu des sables de l’Afrique, il est dévoré par la soif, comme la même offre l’affectera différemment! Dans une telle situation celui qui a du pain et de l’eau peut exiger du malheureux tout le prix qu’il est capable de payer. Dans les deux cas l’acte est le même. Mais la valeur de l’acte, soit le désir du patient et la somme qu’il est disposé à donner, est bien différente ; et le service rendu dans le dernier cas peut être dit