‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 24 sur 187 · LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

LES DOCTRINES

sur un terrain vierge, il était nécessaire de déblayer tout d'abord un terrain encombré par de faux systèmes. M. Macleod a ici affaire à deux grandes autorités, Adam Smith et Ricardo.

Le principe fondamental d’Adam Smith , c’est que le travail est la mesure de la valeur., et que des quantités égales de travail sont toujours d’une valeur égale. Combien est inexacte cette mesure de la valeur, on le reconnaît sans peine. Si elle était exacte, il s’ensuivrait que la valeur de tout objet serait en proportion avec le travail employé à le produire. Ainsi , un puits étant creusé à une grande profondeur, les cailloux et les décombres qui en seraient retirés auraient une valeur énorme, et un diamant ramassé sur la surface du sol n’en aurait aucune. Ainsi le même produit aurait la même valeur dans tous les lieux où une égale quantité de travail y aurait été appliquée. Mais cette erreur, déjà M. Macleod l’a complètement réfutée, en démontrant que ce n’est pas le travail qui communique la valeur, mais la valeur qui provoque le travail, et que toute valeur est locale.

Adam Smith s’est engagé, du reste, dans un embarras inextricable en admettant deux mesures distinctes de la valeur : en premier lieu la quantité de travail employé dans la production d'un objet; secondement la quantité de marchandises contre laquelle il peut s’échanger. Ricardo, qui signale cette inconséquence, rejette cette dernière mesure, mais il adopte la première ; et le principe fondamental qu’il proclame, est que la valeur est réglée par les frais de production.

Ricardo, cependant, reconnaît que cette règle n’est pas applicable à toutes les marchandises. « Il y a quelques marchandises, dit-il, dont la valeur est déterminée uniquement par leur rareté. Aucun travail ne peut en

accroître la quantité, et par conséquent leur valeur ne peut être atténuée par un accroissement de production. Des statues et des tableaux rares, quelques livres et quelques pièces de monnaie, des vins d’un cru particulier, appartiennent à cette catégorie. Leur valeur est tout à fait indépendante de la quantité de travail originairement nécessaire pour les produire, et varie avec la richesse et les goûts des individus qui désirent les posséder. Ces marchandises, du reste, ne forment qu’une très-faible partie de celles qui s échangent journellement sur les marchés. La plus grande partie des objets qu’on recherche, sont produits par le travail, et peuvent être multipliés non-seulement dans un pays, mais dans plusieurs, en quantités presque illimitées, si nous sommes disposés à y appliquer le travail nécessaire. En parlant de marchandises, de leur valeur en échange et des lois qui règlent leurs prix, nous entendons toujours les seules marchandises dont la quantité peut être accrue par l’industrie humaine et dans la production desquelles la concurrence

opère sans entraves. »

En ce qui touche l’exception des marchandises qui ne sont pas l’objet d’une production et d’une concurrence illimitée, M. Macleod répond : « Limiter les règles de l’économie politique à certaines espèces de cas, c’est tout aussi erroné que de restreindre la science de l’astronomie à certains phénomènes qui ne peuvent être expliqués que par une hypothèse particulière, telle que celle de Ptolémée, ou la science de l’optique aux seuls phénomènes qui s’expliquent par la théorie de l’émission de la lumière. De pareilles idées ne sauraient être tolérées aujourd’hui. Jamais les lois les mieux établies de la science moderne n’ont été plus hardiment foulées aux pieds que par l’idée de Ricardo. Elle doit être impitoyablement écartée. Rien ne peut satisfaire les exigences scientifiques

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