‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 29 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

d’un changement dans le rapport de l’offre et de la demande.

2° Une réduction des frais de production, opérée sans un accroissement de la quantité produite, profite entièrement au producteur.

3° Une réduction des frais de production, dans les cas où la quantité est accrue sans limites, profite entièrement au consommateur.

4® Une réduction des frais de production, dans les cas où la quantité est accrue, mais non sans limites, profite en partie au producteur, en partie au consommateur, et l’avantage se partage entre l’un et l’autre en proportion inverse de la quantité additionnelle, comparée à la consommation antérieure.

Ces quatre formules sont suivies des deux suivantes :

1® Le rapport entre l’offre et la demande est universellement le régulateur unique de la valeur.

2® Dans les cas où la production peut être augmentée sans limites, les producteurs apprennent à ajuster l’offre à la demande; de sorte que la valeur de la marchandise se rapprochera des frais de production.

Après avoir établi ces lois scientifiques , M. Macleod proclame, avec verve et autorité, l’insuffisance de l’ancienne doctrine et l’excellence de la nouvelle.

« Dans plusieurs autres sciences, il est arrivé que des théories ont paru expliquer un nombre considérable de phénomènes, et ont été longtemps acceptées pour vraies; mais, plus tard, l’observation fournit d’autres phénomènes inconciliables avec la théorie reçue. Il devint, en conséquence, nécessaire de chercher de nouvelles théories qui pussent comprendre les nouveaux faits. Or, il était indispensable que la nouvelle théorie embrassât les faits expliqués par l’ancienne, et les expliquât également. Quand on en est venu là, quand il a été démontré que la nouvelle

théorie rendait compte de tous les faits observés, l’ancienne théorie a été écartée invariablement, et la nouvelle adoptée.

« Telle est aussi la marche de l’économie politique. Le principe étant unanimement reconnu dans les sciences expérimentales que la seule loi vraie est celle qui explique tous les cas de la matière, voici ce que nous déclarons, comme une vérité hors de doute en économie politique : si deux ou plusieurs formules ont pour but d’expliquer les phénomènes concernant les prix ou les changements de prix, celle-là seule peut être adoptée comme vraie, qui explique tous les phénomènes, et non pas seulement des cas particuliers.

« Éprouvée par cette loi, qui ne saurait être contestée, la loi d’après laquelle les frais de production règlent la valeur, s’écroule de fond en comble. Premièrement il existe des classes entières de cas auxquels son auteur luimême avoue qu’elle n’est pas applicable, par exemple le prix de tous les objets d’art, tels que tableaux, statues, compositions musicales ; toutes les questions d’aptitude personnelle, tels que honoraires des hommes de loi, appointements des acteurs, rémunération des auteurs, et beaucoup d’autres, notamment tous les cas où avec les mêmes frais de production se produisent des objets de qualités différentes. Ces faits suffisent déjà à sa condamnation.

« Mais ce n’est pas tout. Une formule complète doit offrir aux yeux tous les éléments qui influent sur son action. Or quelle trace trouvez-vous de ces éléments dans la formule que les frais de production règlent la valeur? La vraie méthode d’établir une règle philosophique des prix ou de la valeur, consiste à envisager toutes les causes qui l’affectent. Il y a des causes qui tendent à l’élever, d’autres qui tendent à l’amoindrir. Le prix varie donc en

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