I. LES DOCTRINES
pas de prix parce qu’on a mis à les chercher beaucoup de travail, mais on les cherche par l’espoir de retirer un grand profit de ses peines, quand on en aura trouvé. Les diamants sont la meilleure preuve de l’absence totale d’un rapport nécessaire entre le travail et la valeur. Leur qualité n’est nullement affectée par la quantité de travail qu’a exigée leur découverte. Un diamant de la plus belle eau peut être trouvé en cinq minutes; une recherche de bien des jours, de bien des mois, de bien des années, peut ne donner qu’un diamant inférieur. Ainsi le résultat d un faible travail peut avoir beaucoup plus de valeur que celui d’un travail considérable. C’est là une vérité universelle en économie politique. Dans tous les cas c est le résultat, le résultat seul qui est considéré, indépendamment
du travail par lequel il a été obtenu.
La différente valeur des maisons est encore un argument décisif contre la doctrine des frais de production et en faveur de la loi nouvelle. Il n’en coûte pas plus pour construire une maison dans la cité de Londres que dans un faubourg éloigné ; mais, comme elle aurait une tout autre valeur! Cette plus-value serait due à la grande demande de logements dans ce quartier, et n’aurait aucun rapport avec les frais de construction. Certaines circonstances extérieures affectent puissamment la valeur ; une boutique, par
exemple, aura plusdevaleurd’uncôtédelaruequedel autre,
si ce côté est plus à la mode ou d’une meilleure exposition.
Des compagnies de chemins de fer ont commis une erreur analogue à celle de la doctrine des frais de production. Afin de maintenir. des prix élevés, elles se servaient de cet argument, que, les chemins de fer ayant beaucoup coûté, les transports y devaient être payés chèremenL Les deux choses n’ont entre elles aucun rapport. Il s agit de régler les prix de manière à obtenir le revenu le plus considérable possible.
Il arrive quelquefois que la valeur d'un objet diminue lorsque ses frais de production augmentent. Tel est le cas des navires dans certaines circonstances. Si la demande des navires est grande et leur nombre petit, leur valeur sera élevée ; cette circonstance en fera naturellement bâtir un plus grand nombre, ce qui stimulera l’industrie de la construction et provoquera, par suite, une augmentation des salaires des ouvriers constructeurs. Delà sorte les frais de construction de chaque nouveau navire augmenteront, tandis que chaque nouveau navire construit diminuera la valeur de l’ensemble ; et plus il s’en construira, plus cette valeur diminuera, jusqu’à ce qu’elle dépasse à peine les frais, et alors cessera la construction.
Souvent on affirme que les prix des marchandises haussent par suite d’une hausse des salaires ; on l’a dit par exemple de l’industrie anglaise du fer en 1854; mais quelle était la cause de la hausse des salaires ? Tout simplement une plus grande demande par le public des articles en fer, pour navires, pour chemins de fer, pour machines à vapeur, etc. Cette demande éleva le prix du travail, et la hausse des salaires réagit sur le prix du fer. C'est qu’elle s’était accrue plus rapidement qu’elle ne pouvait être satisfaite. Si le surplus d’articles en fer réclamé avait pu être fourni promptement, les salaires auraient haussé, mais non le prix des articles. La cause véritable de la hausse des articles n’était donc pas la hausse des salaires, mais la demande plus rapidement accrue que satisfaite.
• Un marchand doit vivre de son commerce; il doit donc nécessairement exiger de ses clients des prix qui lui permettent de gagner sa vie. Lorsque les transactions sont peu nombreuses et peu considérables, il est obligé, pour vivre, de réclamer de hauts prix ; si elles prennent du développement, il pourra réduire ses profits sur chaque vente et baisser ses prix. C’est cette situation qui oblige