‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 34 sur 187 · LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

LES DOCTRINES

profits sera de 50 p. 0/0 par an. Mais celui dont le profit est seulement de 5 p. 0/0 pour chaque affaire et qui le fait chaque jour, arrive au taux de plus de 1700 p. 0/0 par année. Le taux du profit serait très-élevé, lorsque le profit serait très-bas. Or, si les transactions s’effectuent lentement, comme on l’a vu précédemment, il n’y aura pas de hauts salaires ; si au contraire elles se succèdent avec une rapidité toujours croissante, inévitablement les salaires hausseront. La doctrine du taux des profits a été fort mal comprise, notamment par M. J.-S. Mill. 11 n’a pas vu que le moyen le plus efficace d’affecter le taux des profits est d’accroître la rapidité des ventes. Le commerçant qui a acheté, puis revendu des marchandises, dit qu’il est rentré dans son capital. Chacun sait qu’il fera fortune, non pas en réalisant de gros profits sur un petit nombre d’opérations, mais en rentrant le plus souvent possible dans son capital, et qu’il s’enrichira plus vite avec les plus faibles profits. j| La formule générale de M. Macleod explique un phénomène bien connu en matière de prix. On sait qu’une faible variation dans la quantité du blé provoque une variation exceptionnelle dans le prix du pain. C’est que le pain est un article de première nécessité pour les hommes; ils ne peuvent longtemps s’en passer; par conséquent, lorsque l’approvisionnement diminue et

i qu’on commence à éprouver le manque de nourriture, non-seulement c’est rendre un service d’une grande intensité que de fournir du blé, mais encore le vendeur possède une grande supériorité sur l’acheteur ; il est assez habile pour tirer parti de sa situation, et le prix du pain s’élève rapidement. D’un autre côté, si le blé surabonde, la faculté de manger chez l’acheteur ne s’accroît pas en

I proportion. Il ne peut manger qu’une certaine quantité de blé ; quelle qu’en soit l’abondance, une certaine quan-

tité seulement peut être consommée. Chaque producteur est alors impatient de se défaire de ce qu’il a, et son désir de \endre accroît rapidement sur lui la puissance de l’acheteur au point de causer une forte baisse.

Une diminution dans l’approvisionnement de la laine ne cause pas la même variation dans le prix du drap, par la raison que de nouveaux vêtements ne nous sont pas aussi indispensables que les aliments. Si les temps sont durs, on pourra, par économie, se passer pour longtemps de renouveler sa toilette, et par suite celui qui vend des habillements n’aura pas la même action que celui qui vend des aliments. D’un autre côté, une augmentation dans la quantité de la laine ne cause pas la même réduction dans le prix du drap qu’une augmentation de la quantité du blé dans le prix du pain ; car si la population est prospère, elle se donne volontiers de nouveaux habits, de préférence à d’autres satisfactions, et elle peut étendre sa consommation en ce genre beaucoup plus que celle du pain. La demande des étoffes se maintient donc et le prix ne baisse pas.

Le blé est un exemple excellent pour faire ressortir l’erreur de la maxime qui fait dépendre le prix des frais de production. Quand le fermier a récolté du blé, il ne règle point son prix sur ce que la production lui a coûté, mais il essaie d’obtenir le plus haut prix possible. Il vend son blé au meunier, qui y applique son industrie et le vend au boulanger. Le boulanger, à son tour, travaille la farine et la vend comme pain au public. 11 est évident que les frais de la marchandise à chaque nouvelle opération constituent la somme des frais des précédentes, et que le prix définitif pour le consommateur, si ces opérations doivent se poursuivre, doit être au moins la somme de tous les frais. Mais personne ne dira que telle est la valeur instantanée delà marchandise. Bien au contraire.

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