‹ Une révolution en économie politique [microform]; exposé des doctrines de M. MacleodChapitre 39 sur 187 · I. LES DOCTRINES · texte numérisé non relu

I. LES DOCTRINES

tité serait devenue douze fois plus considérable, et la valeur seulement six fois plus faible. Et cette diminution de valeur aurait mis beaucoup de temps à s effectuer. Actuellement il n’y a pas de raison de craindre un pareil résultat. En supposant même que les envois d’or de l’Australie et de la Californie continuent pendant une longue série d’années avec la même abondance, les colossales entreprises de notre siècle pourront les absorber. Le taux de 1 intérêt en ce temps-ci témoigne d’une tension dans le capital. Autrefois une diminution dans la valeur de la monnaie se serait bientôt produite par une variation de prix, parce que les propriétaires des métaux précieux les gardaient entre leurs mains et les échangeaient contre des marchandises. Mais, de notre temps les métaux précieux lie restent pas entre les mains des particuliers, une énorme quantité en est déposée dans les banques, et la conséquence évidente de ce dépôt est une diminution dans le taux de l’intérêt. De notre temps il est incontestable que le premier effet d’une grande abondance de capital est une grande réduction du taux de l’intérêt. Nul doute que ce fait ne puisse finalement affecter les prix en général, ou la valeur de la monnaie ; mais ses premiers effets, sous l’empire de notre système commercial, consistent dans la baisse du taux de l’intérêt, et toute baisse de ce taux fait naître d’immenses quantités d’entreprises. S’il manquait d’emploi en Angleterre, ce nouveau capital se répandrait immédiatement sur le continent et sur tout le monde civilisé. Partout des entreprises gigantesques sont prêtes à surgir, lorsqu’on peut se procurer le capital à des conditions raisonnables ; ce sont dans toutes les parties du monde d’immenses projets de chemins de fer, de canaux, de lignes de navigations à vapeur. Non-seulement la demande de capital est immensément accrue, mais le champ qui s’ouvre à lui est étendu immensément. La quantité

d’eau qui élèverait le niveau d’un étang n’a pas d’influence appréciable sur un lac ou sur une mer. »

Les métaux précieux étant adoptés dans tous les pays civilisés comme mesures relatives de la valeur, ou les désigne quelquefois comme types ou étalons (1). Cette expression est incorrecte; on ne peut qualifier ainsi qu’une mesure invariable, susceptible d’être fixée, comme les mesures delà longueur, de la pesanteur et du temps. Celles-ci peuvent être fixées une fois pour toutes, parce qu’elles constituent certaines parties des quantités elles-mêmes ; mais la valeur dépend du rapport des quantités, qui, par la nature des choses, est impossible à contrôler, et, en fait, les changements dans les quantités des métaux précieux ont essentiellement altéré leur valeur à différentes époques. Quelques économistes, à défaut des métaux précieux, ont essayé de faire admettre comme mesure absolue de la valeur, les uns le blé, les autres les salaires du travail. Essais infructueux ! J. B. Say y a vu avec raison la quadrature du cercle de l’économie politique. Puisque la valeur dépend entièrement du rapport entre la demande et l’offre à un moment donné, il va de soi que la loi est impuissante à fixer la valeur d’une marchandise comparativement à une autre. C’est ce qui n’était pas compris autrefois, et l’histoire d’Angleterre est pleine de tentatives des législateurs pour fixer les prix du pain, de la bière et d’autres marchandises, ainsi que le taux des salaires, tentatives qui toutes échouèrent avec le progrès des idées en matière de commerce. Ces tentatives furent successivement abandonnées, et la dernière consista à fixer la valeur de l’or par rapport à l’argent. Mais depuis 1816 l’or est la seule monnaie légale de la Grande-Bretagne, et l’argenl ne sert plus que comme appoint.

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