PRÉAMBULE
les enveloppent de brouillards, d’où la vérité ne se dégage que péniblement; M.. Macleod, lui, exprime les siennes dans le langage le plus lucide ; ses formules et ses arguments ont toute la clarté du plus beau jour.
Son initiative et son originalité sont incontestables ; mais il n’est point un esprit isolé. 11 a retrouvé des ancêtres dans l’antiquité grecque et dans notre dix-huitième siècle, des alliés dans ses contemporains des deux côtés de la Manche ; et il trouvera bientôt, nous l’espérons, dans le monde savant, un grand nombre de partisans et de disciples. Cependant il ne se fait pas d illusions sur ce dernier point, il ne se dissimule pas les épreuves réservées à sa patience, c’est ce qui ressort de ces mots de Fontenelle écrits au-dessous du titre de ses Éléments : « Ne nous imaginons pas que le vrai soit victorieux dès qu il se montre ; il l’est à la fin ; mais il lui faut du temps pour sou- |
mettre les esprits. » '
L’innovation scientifique étonne, en effet, à sa première apparition, elle^trouble des habitudes, et heuite des routines, elle exige des sacrifices d amour-propre. Mais ces sacrifices ne doivent pas coûter à ceux qui ont soif de la vérité. Pour ma part, en étudiant les nouvelles doctrines économiques de M. Macleod, il m a bien fallu confesser quelques erreurs ; mais j’avais surtout des doutes, et j’ai éprouvé la satisfaction d’en être délivré. Sans préjugé d’école, sans parti pris, je n’ai pas eu de peine à comprendre et à admettre des solutions si justes et si clairement exprimées de questions qui m avaient préoccupé, mais dont d’autres travaux m’avaient forcé d ajourner 1 étude.
Je n’ai pas tardé à concevoir le projet d aider, autant qu’il était en moi, à la propagation de ces doctrines, et d’interpréter pour l’instruction de mes compatriotes les idées d’un éminent étranger. En exécutant aujourd hui ce projet, je crois accomplir une tâche utile et mériter les
sympathies de ceux que le progrès de la science intéresse.
Je vais ici exposer successivement, dans trois sections différentes, les doctrines économiques, la méthode qui
y préside, et les précédents qui en augmentent l’autorité.